Burn The Witch

Review de l'anime : Burn The Witch

Publiée le Vendredi, 02 October 2020

Tite Kubo est un mangaka qui aura marqué les esprits ainsi qu'une large ère du shônen d'action avec son titre phare qu'est Bleach. Seulement, les aventures d'Ichigo, Rukia et les autres shinigamis ont pris fin en 2016, au terme de 74 volumes. Depuis, l'auteur n'a plus tellement fait reparler de lui, un repos des plus mérités après une si longue parution. C'est finalement en 2018 que son retour est acté, avec un one-shot d'une soixantaine de pages intitulé Burn The Witch. Ce dernier paraît dans le Shônen Jump et présente une aventure toute particulière, celle de deux chasseuses de dragons. Bien que le titre soit ancré dans le même univers que Bleach avec un léger clin d’œil, l'histoire trouve sa propre identité, si bien qu'une suite sous forme de mini-série de quatre chapitres a été publiée en cet été 2020. Le projet ne s'arrête pas là puisqu'une "saison 2" du manga est prévue, tandis que le premier volume de ce qui est aujourd'hui une série à part entière paraitra dans nos contrées, aux éditions Glénat, le 17 février 2021. Pour les fans de Tite Kubo, qui attendent certainement l'adaptation animée du dernier arc de Bleach, le rendez-vous est pris.


Chose surprenante, Burn The Witch connait déjà sa propre adaptation animée sous le forme d'un moyen métrage d'une petite heure. Annoncé en mars 2020, celui-ci paraît dans certaines salles japonaises le 2 octobre, en attendant une sortie physique nippone attendue pour le 24 décembre. Mais le reste du monde n'a pas eu à attendre puisque l'anime est proposé en simultanée avec le Japon, sous la forme d'une courte série de 3 épisodes d'une vingtaine de minutes chacun. De notre côté, les francophones n'ont que l'embarras du choix puisque la mini série est proposée sur Crunchyroll et ADN. Cette adaptation animée adapte les quatre chapitres qui constituent la saison une du manga, mais ne puisent pas dans le one-shot qui fait ainsi office de préquel.

La production est assurée par le studio Colorido qui aura enchainé les jolis projets ces dernières années avec Le mystère des pingouins, A Whisker Away, Pokémon : Les Ailes du Crépuscules, et maintenant Burn The Witch. Tatsurô Kawano, un jeune réalisateur, assure la direction du moyen métrage. Son CV n'est pas le plus dense mais demeure intéressant, puisqu'il est passé par les films Puella Magi Madoka Magica en tant qu'animateur, ainsi que sur Kill La Kill et le film Boruto. Ses liens avec le studio Colorido sont déjà forts puisqu'il fut animateur sur A Whisker Away ainsi que sur Le mystère des pingouins, qu'il a aussi storyboardé. A noter qu'il est assisté par Yûji Shimizu, animateur à la carrière ponctuelle puisqu'il a travaillé sur Mushishi et aussi sur A Whisker Away. A leurs côtés, Chika Suzumura (Yozakura Quartet) est à l'écriture du scénario, tandis que Natsuki Yamada adapte les personnages de Tite Kubo pour le character-design. Keiji Inai, déjà entendu sur l'anime DanMachi, Alderamin on the Sky et quelques épisodes spéciaux de One Piece, assure la composition musicale.


Dans un monde de magie et de dragons


Burn The Witch nous mène dans un monde où 72% des décès ayant lieu à Londres concerne, de près ou de loin, des dragons. Sous cette appellation se cachent des créatures surnaturelles que le commun des mortels ne peut voir. Les personnes aptes à voir ces dragons peuvent aussi accédé au Londres inversé, une copie carbone de la capitale anglaise où existe Wing Bind, une organisation qui rassemble des magiciens dont la tâche et de régler les affaires liées à des dragons, par la force ou non. Noel Niihashi et Ninny Sprangle appartiennent à cette association. Bien qu'elles aient des tempéraments nettement différents, elles s'allient pour honorer leurs différentes mission, en quête de récompense de leur hiérarchie. Les deux jeunes femmes ont fort à faire avec Balgo, un jeune homme qui s'est amouraché de Niihashi, mais qui s'est retrouvé draconnisé. Ce dernier pourrait bien leur attirer des ennuis...


Sur les traces de Bleach

Si Burn The Witch a attiré l'intérêt de nombreuses personnes, c'est d'abord parce que le titre d'origine est signé Tite Kubo, mais aussi présenté comme une part entière de l'univers de Bleach. Suite ? Spin-off ? Simple histoire annexe ? On pouvait légitimement se questionner sur la nature de cette histoire, et sur la manière dont le mangaka a su s'éloigner (ou non) de son manga phare.

Le moyen métrage Burn The Witch répond à cette question au même titre que les chapitres publiés à ce jour. Le lien entre cette nouvelle intrigue et Bleach est infime dans ce qui est raconté pour le moment, à tel point que la connexion doit nous être visuellement indiquée si on veut la comprendre. Le trait est si minime qu'on peut soupçonner l'auteur d'avoir placer ces éléments surtout pour caresser le poil de son lectorat, qui apprécieront la référence dans le manga et dans l'anime. Ainsi, Burn The Witch se veut être un récit à part entière, chose qui se tient puisque l'univers présenté est largement différent, et particulièrement attrayant.


La chasse aux dragons dans un Londres inversé


Exit les shinigamis et autres esprits sous la forme des hollows, donc, et place à un monde qui puise dans la mythologie occidentale. Si on devait établir une connexion entre Bleach et Burn The Witch, c'est dans la manière qu'a eu l'auteur de s'inspirer de mythologie diverses, selon le lieu où se déroule ses histoires. Le moyen métrage présent (qui correspond à la "saison 1" du manga, rappelons-le) nous situe dans un cadre peu dépaysant, où les dragons sont les créatures fantastiques phares, le tout référençant régulièrement les contes de fées typiques européens. L'univers est gratté de manière cohérente et s'épaissit au fil du visionnage puisque les péripéties de Noel et Ninny vont nous permettre d'en apprendre plus sur les mécaniques du monde où elles évoluent, et sur les règles de leur organisation. En ce qui concerne l'anime, ce développement du contexte se fait au compte goutte, le spectateur disposant progressivement des clés pour comprendre la structure de ce monde. Un choix assumé puisque le one-shot initial de l’œuvre, qui présente de manière plus classique l'envers du décor, n'est pas adapté dans ce mini film. Néanmoins, la narration se révèle clair et ne perdra pas les spectateurs. Au contraire même, le premier visionnage est une invitation à la découverte, tandis qu'un second visionnage cristallisera l'expérience dans l'univers saisissant de Burn The Witch.

Un univers dans lequel on se plonge aisément grâce à la structure du scénario qui, dans la forme, rappelle les phases d'introduction des longs shônen du Jump, magazine dans lequel fut publié Bleach et où paraît ponctuellement le manga dont est tiré cet anime. Il n'est donc pas étonnant de constater quelques similitudes entre l'écriture de Bleach et celle de ce moyen métrage. Les trois épisodes proposés narrent alors différents points, des introductions de personnages notamment, regroupant parfois certains éléments pour aboutir au climax du film. La formule est simple mais idéale pour faire connaissance avec cet univers. Évidemment, aucune réelle conclusion n'est proposée puisque l'adaptation reste fidèle au manga d'origine, qui n'est pas encore terminé. Ce film appelle une suite qui, on l'espère, verra le jour par les mains du même staff. Car si l'anime Burn The Witch est une plongée saisissante dans un univers fantastique, il est aussi une expérience de visionnage totalement envoutante.


Quand Colorido dompte le dragon

Si le format d'adaptation de Burn The Witch est surprenant, il est particulièrement pertinent. Un métrage de 60 minutes, annoncé largement en amont, a certainement permis un confort du côté du planning, élément essentiel pour aboutir à un résultat qualitatif. Et force est de constater que Colorido, dont le directions de projets se sont montrées limitées, a su orchestrer ses équipe pour donner lieu à un court film convaincant. La réalisation de Tatsurô Kawano est particulièrement exemplaire, et celui des différents animateurs l'est tout autant. Sur tout le long, les trois épisodes qui composent notre version internationale converse une certaine qualité techniques, que ce soit par une animation fluide, une esthétique particulièrement chatoyante pour représenté le Londres inversé, ou encore les quelques scènes d'action qui multiplient les prouesses. Que ce soit par un découpage maîtrisé, de véritables mouvements de caméras qui nous plongent dans l'adrénaline de l'ensemble, et la qualité apportée aux différents effets visuels, Burn The Witch en met plein les mirettes. Pour ces raisons, on ne peut que conseiller une expérience de visionnage dans des conditions optimales, de préférence sur un écran de bonne taille plutôt que sur un petit ordinateur. Car le spectacle en vaut la chandelle, à tel point qu'on espère bien que Colorido produira une suite dès que le manga sera plus avancé.


Premier contact réussi !

Si Burn The Witch a démarré au Japon sous forme d'un manga composé d'un one-shot puis d'une première saison , l'adaptation animée est le premier contact légal que nous pouvons avoir avec la nouvelle œuvre de Tite Kubo... Sauf en ce qui concerne celles et ceux qui sont familiarisés avec Manga Plus, la plateforme de lecture officielle de l'éditeur Shûeisha, proposant les chapitres en anglais et/ou en espagnol. Et force est de reconnaître que cette première expérience est particulièrement réussie, ceux parce que l'histoire et l'univers de Tite Kubo sont plaisants à découvrir, et l'adaptation produite par le studio Colorido d'une grande qualité. Dans ces conditions, difficile de ne pas vouloir tenter le premier tome du manga, qui paraîtra chez Glénat début 2020. On espère alors que Burn The Witch est une série qui aura de beaux jours devant elle, que ce soit sous son format d'origine ou dans sa version animée.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

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MN Actus
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