MIYAMOTO Chiaki - Actualité manga

MIYAMOTO Chiaki

Interview de l'auteur

Elle est japonaise, mais son cœur est français depuis des années. A l'occasion de Japan Expo où elle était l'invitée des éditions nobi nobi !, nous sommes allés à la rencontre de Chiaki Miyamoto, illustratrice de livres pour enfants résidant à Lyon depuis 2000, qui a signé fin 2011 Les Couleurs de Bilo. Voici le compte-rendu d'un entretien avec une dessinatrice sympathique, à la carrière déjà bien remplie.
 
 


 
 
Chiaki Miyamoto, bonjour et merci d'avoir accepté cette interview. Pour commencer, pouvez-vous nous dire quelques mots sur le parcours qui vous a amenée à devenir illustratrice ?
Chiaki Miyamoto: Je suis arrivée en France en 2000 pour faire des études de dessin à Lyon. J'ai bouclé ces études au bout de trois années, puis j'ai commencé à prospecter auprès des éditeurs pour concevoir des œuvres pour enfants de manière générale. A l'origine, je ne me voyais pas dessiner des œuvres de type manga ou inspirées de la culture japonaise, mais on m'a souvent dit que mon style est très typé japonais, qu'on y sent l'esprit japonais, ce qui est normal puisque je suis d'origine japonaise.


Pour quoi avoir choisi la France pour poursuivre vos études ? Pourquoi ne pas être restée au Japon ou avoir choisi un autre pays ?
De mémoire, mon tout premier voyage à l'étranger était en France, et à cette époque je suis tombée amoureuse de votre pays. De plus, c'est lors de ce voyage que j'ai réellement commencé à parcourir des œuvres jeunesse, et j'ai trouvé ça très intéressant et formidable de dessiner pour les enfants. Le style général et la façon d'utiliser les couleurs étaient différents et ça m'a beaucoup touchée. Il me semblait donc tout naturel que je vienne en France...


Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans les œuvres jeunesse ? La lecture d'ouvrages de ce type ?
J'aime beaucoup les livres jeunesse, j'en ai parcouru beaucoup, mais je ne pense pas qu'il y en ait qui m'aient particulièrement influencée dans mes choix de carrière. A vrai dire, j'ai sans doute été beaucoup plus influencée par certains mangakas, car quand j'étais au collège et au lycée je lisais beaucoup de mangas. J'adorais ça, à tel point que je passais mon temps à faire des dessins de type manga. Tout démarre sûrement de là, et c'est seulement après, tout naturellement, que j'ai bifurqué vers les œuvres jeunesse.


Quels mangakas en particulier aimiez-vous ?
Tsukasa Hôjô, l'auteur de City Hunter, et les auteurs de Hokuto no Ken. Avouez que c'est très loin de mon style actuel (rires). J'adorais également La Rose de Versailles de Riyoko Ikeda.
 
 
   


 
 
Comment est née votre collaboration avec Alain Chiche, le scénariste des Couleurs de Bilo ?
J'ai rencontré Alain en 2009 au Salon du Livre, où nous nous étions retrouvés par hasard côte à côte pour des séances de dédicaces. Il était très sympathique, nous avons beaucoup parlé, et nous nous sommes dit qu'un jour nous ferions un projet ensemble. Lui est illustrateur mais également scénariste. Quelque temps plus tard, il m'a envoyé un texte par mail, ce que j'ai lu m'a beaucoup plu, et c'est comme ça que nous avons travaillé ensemble.


Vous êtes-vous vus en vrai pendant la collaboration, ou n'avez-vous travaillé qu'à distance ?

Lui habite Paris et moi Lyon, donc on ne pouvait pas se voir facilement. Nous avons travaillé essentiellement par mail.
 
 

Alain Chiche
 
  
 
Comment est née votre collaboration avec nobi nobi ! ?
En compagnie d'Alain Chiche qui a écrit l'histoire, nous avons tout simplement contacté nobi nobi ! pour présenter ensemble le projet. Ce n'est pas nobi nobi ! qui est venu nous chercher, mais nous qui sommes allés vers eux. Avant, nous ne connaissions pas cet éditeur, et c'est une amie bibliothécaire qui m'a dit qu'il existait un éditeur publiant ce genre d'histoire ancrée dans des univers très japonais ou orientaux.
En découvrant l'histoire, nobi nobi ! a facilement dit oui, car ils connaissaient déjà mon travail et Alain Chiche avait déjà fait beaucoup de livres. Et puis je suis japonaise, donc ça colle parfaitement à ce qu'ils font ! C'est donc tout naturellement que nous avons publié les Couleurs de Bilo chez eux.


Chez nobi nobi !, vous a-t-on demandé de retravailler certains points de ce que vous avez présenté ?
nobi nobi ! nous a laissé très libres, mais nous avons dû retravailler certaines choses. Alain a dû retravailler l'histoire afin de l'ancrer dans un univers plus japonais. Il a notamment dû réfléchir sur les noms des personnages. Quant à moi,  j'ai ajouté des éléments typiquement japonais, comme les cerisiers en fleurs ou les onigiris.


Le panda se nomme Bilo, le tanuki Tiki... Les noms ont-ils une signification particulière ?
Alain a cherché les noms selon les souhaits de nobi nobi ! qui désirait des noms à consonance japonaise pour encore mieux coller à leur ligne éditoriale. De mon côté, j'ai soufflé à Alain certaines significations. Par exemple, le chat se nomme Sasuke, ce qui veut dire en japonais "qui bouge très vite", et ça collait bien au chat. La tortue s'appelle Momo, ce qui signifie "pêche", je trouvais ça mignon pour une tortue. Bref, on a un peu discuté pour les noms. Toutefois, il faut savoir que le nom de Bilo était déterminé dès le début, avant les demandes de nobi nobi !. Il n'a jamais changé.
 
 
 
 
  
Et pourquoi avoir choisi des animaux en tant que personnages ? Était-ce pour toucher plus facilement le public enfantin ?
Dommage qu'Alain ne soit pas avec moi pour répondre, car il aurait pu vous répondre mieux que moi. C'était une volonté de sa part. Mais je sais que le panda a été choisi car c'est un animal typique d'Asie, pareil pour le tanuki. De plus, avoir en héros d’uneœuvre sur les couleurs un animal en noir et blanc est plutôt bien trouvé.
 
 
De plus, ces personnages ont une façon de se comporter et de parler qui est assez enfantine...
Effectivement. Ce choix a été fait pour que les personnages paraissent plus familiers aux yeux des enfants.
 
 
 
 
  
Avant votre collaboration avec nobi nobi !, vous avez conçu beaucoup d'autres livres jeunesse . Il serait délicat de tous les aborder, mais pouvez-vous nous parler de certains d'entre eux ? Pouvez-vous nous dire quelques mots sur ces titres ?
Tout comme les Couleurs de Bilo, Coline est un titre dont le scénario est d'un autre auteur. C'est l'éditeur qui m'a présenté le texte en me demandant si j'avais envie de l'illustrer. A ce moment-là, je ne connaissais pas vraiment l'auteur du texte, même si je l'avais déjà croisé en salon.
En ce qui concerne Lili & Patapon, c'est exactement la même chose, à ceci près que je n'ai jamais rencontré la scénariste. Pourtant, nous avons fait ensemble plusieurs livres de Lili & Patapon.
En ce qui concerne Petit Fantôme, c'est un projet né avec une amie rencontrée en salon, Ramona Badescu, qui aimait beaucoup mes dessins. On a parlé de faire un projet ensemble, elle a écrit le texte, j'ai fait les dessins, et nous avons présenté le tout à Gallimard.
Toujours avec Ramona Badescu, j'ai fait en 2008 un album nommé Mon Panda. Décidément, cet animal me suit partout ! J'ai également illustré des recueils de comptines : Comptines à lire à deux, Comptines à gestes.
 
 
Pensez-vous que votre style a changé entre celles-ci et les Couleurs de Bilo ?
Cela fait maintenant trois ans que je dessine dans ce style, avec crayons de couleurs, papiers découpés, tampons... Il n'y a donc pas vraiment eu de changements pour les Couleurs de Bilo. Cela dit, au tout début, j'utilisais la linogravure, puis les crayons de couleurs se sont imposés à moi quand j'ai dû faire pour Gallimard un ouvrage nommé Petit-Renard à la recherche du Vent, dont le contenu léger ne collait pas avec la linogravure. De manière générale, il est vrai que je cherche à adapter un peu mon utilisation des couleurs et mon trait selon le contenu de l'histoire.


A côté de ça, vous arrive-t-il d'utiliser le numérique pour certaines retouches ou autre ?
J'ai déjà fait quelques travaux en numérique, mais pas depuis un certain temps.


Pour finir, sur quoi travaillez-vous actuellement ?
Je viens de finir un album qui sortira en octobre chez Gallimard. J'ai également un deuxième projet en cours chez nobi nobi !, en collaboration avec un auteur italien qui m'a présenté un texte axé sur les signes du zodiaque. J'espère de tout cœur que vous pourrez bientôt découvrir cette œuvre !


Remerciements aux éditions nobi nobi !, et à Chiaki Miyamoto, qui parle dans un français impeccable, contrairement à ce qu'elle pense !

MN Actus
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