ESUNO Sakae - Actualité manga

ESUNO Sakae えすのサカエ

Interview de l'auteur

Nous vous proposons aujourd'hui le compte-rendu de notre interview de Sakae Esuno, l'auteur de Mirai Nikki. Portrait d'un auteur talentueux.


                     
           


Manga-news: Pouvez-vous nous résumer en quelques mots votre parcours ?
Sakae Esuno: J'ai envisagé de devenir mangaka à partir de la classe de troisième. C'est à cette période que j'ai commencé à réaliser des travaux pour des concours, en vain... Mais j'ai continué à persévérer dans cette voie jusqu'à l'université en participant aux concours de différents magazines, sans rencontrer le succès escompté. Je suis alors entré dans une école de manga dans laquelle je suis resté deux années, avant de travailler en tant qu'assistant dans un studio de mangaka. Enfin, à force de travail, j'ai fini par obtenir le prix d'un concours organisé par Kadokawa Shôten. C'est à partir de là que je suis devenu mangaka à part entière !


Avec quels mangas avez-vous grandi ? Certains vous ont-ils influencé ?
Depuis mon enfance, un certain nombre de manga m'ont sans doute influencé. Mais j'ai surtout été marqué par les travaux de Rumiko Takahashi, notamment son Ningyo no Mori (Mermaid Forest, sorti en France chez Glénat, ndlr).


Avant Mirai Nikki, vous avez travaillé sur une première série, Hanako To Guwa no Terror. Pouvez-vous nous en parler un peu ?
Il s'agit en effet de mon premier manga professionnel, avec lequel j'ai pu gagner un nouveau prix dans le magazine Shonen Ace. C'est une série écrite entre 2003 et 2005, qui mélange mystère et horreur.
   
    

    
     
Justement, l'horreur semble être un thème qui vous tient particulièrement à cœur. Par quel procédé faites-vous passer ce sentiment chez votre lecteur?
Je m'appuie beaucoup sur les expressions faciales de mes personnages. Bouche grande ouverte, sourcils qui remontent et gouttes de sueur sont autant d'éléments qui me permettent d'exprimer la terreur et l'étonnement des protagonistes. Pour toucher encore plus le lecteur, j'essaie également d'enchaîner les effets de surprise et de créer un héros auquel il peut facilement s'identifier.


Comment vous est venue l'idée de Mirai Nikki ?
Je voulais avant tout créer un manga excitant, avec un héros atypique et intéressant, auquel on peut facilement s'identifier et qui se retrouve confronté à un gros problème qu'il est obligé de surmonter. Le personnage de Yukiteru m'est alors venu, puis l'idée des téléphones portables dans lesquels on peut voir l'avenir. A partir de là, j'ai développé mon histoire.
      
   
 
 
  
Avec cette reprise du thème du survival game, on compare souvent Mirai Nikki à Battle Royale. Qu'en pensez-vous ?
(Sakae Esuno réfléchit quelques secondes) Il est vrai que j'entends souvent des personnes comparer mon manga à Battle Royale. Mais j'avoue que je n'ai jamais lu ou vu Battle Royale, donc je n'ai pas vraiment d'avis sur la question. Il faudra tout de même que je comble cette lacune! (rires)


Dans Mirai Nikki, aucun personnage n'est tout à fait sain d'esprit. Les tomes suivants vont-ils continuer à exploiter cette particularité ?
Plutôt que de dire qu'ils ne sont pas sains d'esprit, je dirais plutôt que les personnages ont tous des caractères fortement marqués. Et je compte effectivement continuer à exploiter cela, car j'accorde beaucoup d'importance au travail de mes personnages. D'ailleurs, certains événements des prochains volumes devraient vous surprendre.


Allez-vous développer certaines facettes de leur passé ?
Oui, bien sûr, car certains éléments du passé ont conditionné ce qu'ils sont aujourd'hui. C'est le cas pour Yuno, par exemple.


Parlons de Yuno Gasaï, justement. Ce personnage est très intéressant. Elle est prête à tout sacrifier par amour envers le héros. Est-ce là votre propre vision de l'amour ?
Je pense que rencontrer une fille pareille dans la réalité, ça ferait quand même peur ! (rires) Il ne faut pas perdre de vue que Mirai Nikki est avant tout une œuvre fictive. Mais il est vrai que j'apprécie beaucoup ce genre de personnage.


Deux autres notions importantes se dégagent de Mirai Nikki: celles de choix et de destin. Avez-vous abordé ces thèmes volontairement et dans un but précis ?
En effet, le thème du choix est très important dans mon titre ! Inexorablement, les choix des personnages influent sur leur destin. Par exemple, à plusieurs reprises, Yukiteru ne sait pas s'il doit choisir ou pas de faire confiance à Yuno, et tout se répercute sur les informations contenues dans les téléphones portables. Mais il est obligé de choisir une solution et de prendre son courage à deux mains après avoir réfléchi. Ici, la moindre décision change tout, qu'elle soit bonne ou mauvaise. Tout est avant tout une question de courage.
     
      

      
       
Mirai Nikki paraît dans un magazine shonen (Shonen Ace de Kadokawa). Vous sentez-vous obligé de vous retenir dans les scènes plus violentes ?
Bien que Mirai Nikki soit une œuvre parfois assez violente, je n'ai jamais eu pour objectif de montrer cette violence de manière crue. Certes, je dois tout de même faire attention par moments, mais cela ne m’a jamais posé problème.


Quand on travaille pour ce genre de magazine, y a-t-il des règles strictes à suivre ?
Bien sûr, il y a toujours un minimum de règles à suivre. Mais rassurez-vous, mon éditeur ne me brime pas. (rires)


Manga-news: Avez-vous déjà prévu comment se terminera Mirai Nikki ?
Cela fait un moment que j'ai quelques idées pour la fin. Mais jusqu'au bout, tout peut basculer d'un côté comme de l'autre.


Merci beaucoup pour cette interview !
Merci à vous et aux lecteurs français de vous intéresser à mon titre ! C'est un immense honneur de voir mon manga publié en France, et j'en suis vraiment heureux.
       
      

     
       
Remerciements aux éditions Casterman et à Tamako Kageyama pour la traduction.

Interview réalisée lors de la Japan Expo 2009.

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