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Dvd Interview de Nobuyoshi Habara


Mercredi, 21 November 2018 à 17h00 - Source :Rubrique Interviews

A l'occasion de Japan Expo, nous avons pu nous entretenir avec Nobuyoshi Habara sur plusieurs aspects de sa carrière.
  
  
  
Pour commencer, vous vous destiniez à l’animation dès votre plus jeune âge et vous réalisiez des anime indépendants dès le lycée. Quel souvenir avez-vous de ces premières expériences ?

Nobuyoshi Habara : J’aimais bien dessiner et il y avait des amis qui admiraient mes dessins, donc c’est un peu ça qui m’a poussé dans ce monde-là. Si je n’avais pas eu ces amis je ne serais pas ici !


D’où vient votre envie de travailler dans l’animation ? Est-ce qu’il y a des œuvres ou des artistes en particulier qui vous y ont poussé ?

En effet, j’aimais bien les anime comme Mazinger Z et j’ai remarqué que le directeur d’animation changeait toutes les semaines. J’ai constaté que j’aimais bien certains de ces directeurs.

C’est à ce moment-là que je faisais le plus attention à ça et que je me suis intéressé au monde des animateurs.


Et qu’est-ce qui vous a plu dans Mazinger Z ?

C’était marrant car les dessins changeaient toutes les semaines. J’étais impressionné par les œuvres de Kazuo Komatsubara.
  
Kazuo Komatsubara  

Qu’est-ce qui vous a tant marqué dans ses œuvres ?

On sentait les sentiments des personnages à travers son dessin. Dans un épisode, une scène, l’héroïne changeait de costume et ses dessins m’impressionnaient. Depuis je m’intéresse à son travail.

Après j’ai vu une œuvre de Leiji Matsumoto. Je m’étais représenté précisément le manga, comme s’il bougeait. Je l’admire vraiment depuis.


Quels souvenirs gardez-vous de vos premières années de travail dans l’animation au sein du studio Ashi Production qui est aujourd’hui devenu Production Reed ?

Au début j’étais assistant d’animation et je travaillais sur Magical Princess Minky Momo.


Et qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ?

Le fait de voir la vidéo que j’avais faite être diffusée à la télévision et mon nom avec, à la télévision, faisait vraiment plaisir.
  

Vous êtes l’un des fondateurs du studio XEBEC créé en 1995, qu’est-ce qui vous a motivé à créer ce studio ?

C’était vraiment pour garder mon autorité en tant que dessinateur.


Vous êtes le directeur de la section animation du studio, pouvez-vous expliquer le poste que vous occupez ?

Pour tout ce qui est scénario, je demande les dialogues et les angles de caméras. Pour les dessins, je choisis la façon dont sont dessinés les personnages et les sentiments qu’ils dégagent. Pour tout ce qui est doublage, je supervise également le travail des seiyuus.


Vous avez fait plusieurs adaptations de manga comme D.N.Angel, Negima, Broken Blade. Dans ces cas-là, comment procédez-vous pour vous réapproprier l’œuvre d’origine ?

Pour faire un bon anime, il est important d’aimer l’œuvre originale, le manga. Donc je lis et je dois l’apprécier afin de former un bon anime.
  
Cela peut paraître un peu normal mais comme on est dans un milieu assez strict, au niveau du temps, on n’a pas vraiment le temps de faire ce genre de chose.
  
Negima  

Avez-vous rencontré des difficultés particulières pour l’une ou l’autre de ces adaptations ?

C’est difficile partout mais s’il y a une œuvre d’origine, j’essaie de contacter le mangaka pour faire une alliance et pour avoir la confiance de celui-ci pour qu’il me confie l’œuvre originale.


En ce qui concerne Yamato, c’est une saga qui dure depuis plusieurs années et qui est devenue vraiment culte. Que ressentez-vous à l’idée de travailler sur une telle saga et comment fait-on pour se réapproprier une œuvre aussi grande ?

De base j’aimais beaucoup Yamato, c’est un vrai honneur et aussi une grande responsabilité. C’est une œuvre un peu spéciale parce que chaque personne a son image de Yamato, ce qui n’existe pas pour les autres œuvres. Ils ont chacun un Yamato qu’ils aiment et c’est super difficile de créer un personnage que tout le monde aime.


Pour le dernier volet en date Space Battleship Yamato 2202, quels furent les grands enjeux et les grandes ambitions par rapport à la saga ?

Il y a deux différents réalisateurs, donc certains angles changent. Il y aura des modifications mais l’histoire est une continuité.

Il y a eu le tout premier Yamato, après il y a eu un film puis une seconde saison. Pour la série Yamato 2202, ce sera un mix entre la deuxième saison et le film.
  
  

Vous adorez la science-fiction et les robots/mechas, qu’est-ce qui vous attire tant dans ce registre ?

Comme ça parle du futur et qu’on peut tout y faire, il y a l’aventure et les découvertes. Cela permet d’avancer. Même si le présent est triste, on peut toujours croire au futur, et c'est ça qui me passionne.


Au fil de votre carrière vous avez eu l'occasion d'occuper de nombreux postes : animateur, chara-designer, mecha-designer, réalisateur, metteur en scène, directeur de l’animation, storyboarder... Quels sont les postes qui vous stimulent le plus et pourquoi ?

Ils sont tous marrants ! [rires]


Certains travaux vous ont-ils marqué plus que d’autres ?

Nadesico. En fait il y a un anime qui se déroule dans l'anime ! Je me suis occupé de tous les designs de cet anime fictif que le personnage principal de Nadesico regarde. C’est un anime qui est basé sur des œuvres des années 1970. Je suis allé voir directement les dessinateurs de l’époque pour qu’ils me fassent le dessin original comme par exemple Takuo Noda pour Captain Future, Kazuo Komatsubara pour Goldorak ou encore Shingo Araki pour Saint Seiya. Et dans le crédit il y a bien sûr mon nom mais aussi de tous les directeurs qui ont participé à la réalisation de l’anime, c’est comme un trésor !


Ce sera la dernière question. Vous avez désormais une carrière longue de plus de 30 ans, que pouvez-vous nous dire sur les évolutions que vous avez pu voir au sein de l’animation japonaise, par exemple sur l’arrivée du numérique, sur le commerce international ou la pénurie d’animateurs depuis quelque temps ?

Concernant le passage de l’analogue au digital, comme je suis pour l’arrivée des nouvelles technologies, j’aimerai bien que grâce à ces technologies-là on puisse faire de plus en plus de choses diverses. Et avant, je faisais des animes pour moi mais comme j’ai un enfant, j’aimerais bien faire un anime pour les enfants aussi !
  
  
Interview réalisée par Koiwai et Zebuline. Remerciements à Nobuyoshi Habara et au staff de Japan Expo.
  







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