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Manga Interview - Kunio Katô


Mercredi, 09 Mai 2012

Cette année, les éditions nobi nobi!, au Salon du Livre, proposaient de rencontrer une étoile montante de l'animation japonaise : Kunio Katô, réalisateur oscarisé du court-métrage la Maison en petits cubes, et illustrateur de l'album éponyme qui en est l'adaptation. Manga-news est parti à la rencontre de ce jeune artiste timide mais gentil et souriant, qui a accepté, au fil d'un entretien, de revenir sur le projet de la Maison en petits cubes, que ce soit en film ou en livre.
        
     
     
Manga-News: Kunio Katô, bonjour et merci d'avoir accepté cette interview. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours ?
Kunio Katô: J'ai d'abord étudié les arts graphiques à Tôkyô, au sein de l'université des Beaux-Arts de Tama, puis me suis spécialisé dans l'illustration. Lors de ma troisième année d'études, j'ai découvert l'animation, dans le sens global du terme, et c'est à partir de là que je m'y suis intéressé et que j'ai décidé de me diriger dans cette voie. En 2001 j'ai pu intégré le studio d’animation de la société ROBOT, où j'ai commencé en travaillant sur des animations publicitaires pour le Web et la télévision. Puis en 2003 j'ai pu réaliser mon premier court-métrage.
       
    
Comment est né le projet de la Maison en petits cubes ?
En premier lieu, on m'a proposé de participer à un projet de court-métrage qui devait être fait par de jeunes réalisateurs. J'ai accepté, et me suis associe avec le scénariste Kenya Hirata, qui travaille avec moi au sein de la société ROBOT. Monsieur Hirata a commencé par écrire un petit scénario, et tout a commencé comme ça.
     
     
Et comment vous est venue l’idée, à Mr Hirata et vous, d’une telle histoire ? Sur quoi Mr Hirata s'est-il basé pour trouver le scénario ?
A la base, tout est parti d'une de mes illustrations. Quand je l'ai montrée à Mr Hirata, est venue l'idée de cubes s'empilant comme des souvenirs. Après maintes et maintes discussions, le projet a fini par se concrétiser ainsi.
Au départ, Mr Hirata s'est inspiré de cette simple illustration, a imaginé petit à petit le scénario, tandis que de mon côté, mes dessins 'adaptaient au fur et à mesure de l'écriture de l'histoire.
     
     
Kenya Hirata est donc considéré comme le scénariste de l'oeuvre, mais avez-vous participé tout de même à l’élaboration de l’histoire ?
A la base, j'avais déjà une certaine image de ce que je voulais faire avec mon illustration, j'avais déjà en tête cette idée d'un vieil homme voulant à tout prix rester dans sa maison alors qu'il pourrait partir. On peut donc dire que j'ai tout de même participé à l'élaboration du scénario, via ce genre de détail. Mr Hirata et moi nous sommes bien complétés, en quelque sorte.
      
      
On a donc ce vieil homme qui souhaite rester dans la maison où il a toujours vécu, car c'est là que se trouvent tous ses souvenirs. Le thème du souvenir était un point central de ce que vous souhaitiez développer...
Oui. Je m'en suis rendu compte dès le départ, avec mon illustration évoquant de manière symbolique les souvenirs. Ces cubes empilés était pour moi le symbole de la vie, chacun représentant un souvenir de plus, qui vient s'accumuler aux autres.
Par la suite, je me suis rendu compte que c'est un thème assez récurrent dans mes oeuvres, mais aussi dans les prochaines que je ferai. J'aime beaucoup tout ce qui peut symboliser une vie.
      
     
        
Faire revivre au vieil homme son passé en sens inverse, du souvenir le plus récent au souvenir le plus vieux, était une idée qui vous tenait également à cœur ? 
En réalité, ce point-là était inévitable, car la construction de la maison fait que le point le plus haut est le plus récent. Le vieil homme redécouvrant ses souvenirs au fil de sa plongée, donc de haut en bas, c'est fort logiquement que nous devions suivre ses souvenirs ainsi, du plus récent au plus ancien.
        
      
Vous avez tenu plusieurs rôles sur ce court-métrage : réalisateur,  mais aussi dessinateur...
C'est vrai que j'ai décidé de la couleur, du choix des tons, des paysages... Et j'ai tout fait au crayon.
      
     
Des couleurs variées mais assez pâles, ocres, des contours un peu flous… Pourquoi avoir opté pour un tel style visuel ? Le flou des contours, notamment, est-il là pour accentuer l'aspect flou des souvenirs ?
C'est un choix personnel. Vous êtes totalement dans le vrai en disant que les contours sont flous, par contre je dois avouer que ce n'est pas particulièrement lié aux souvenirs. C'est mon style, tout simplement.
De plus, comme à la base je suis animateur, mon dessin est amené à devoir bouger, à prendre vie, et j'ai trouvé que ce style apportait justement d'emblée une impression de mouvement constant.
        
       
      
Pour ce court-métrage, avez-vous utilisé des procédés particuliers pour rendre aussi bien votre style visuel ? 
Je n'ai pas utilisé de techniques particulières. Par contre, quand je dessine, je suis un schéma bien spécifique. Ici, J'ai dessiné d'abord les contours, ensuite j'ai rajouté les ombres. Les contours ont été faits au crayon, ensuite j'ai travaillé la colorisation à l'ordinateur. Ce sont des démarches classiques dans l'animation.
      
     
Et comment vous y êtes-vous pris pour retranscrire aussi bien ce style dans le livre illustré ? Avez-vous utilisé des outils particuliers ?
Ici non plus, je n'ai pas utilisé de technique particulière. En fait, le plus délicat était de s'adapter au public visé : je pense que le court-métrage est avant tout destiné à un public assez âgé, alors que le livre illustré est fait pour un public plus jeune, principalement les enfants. J'ai donc retravaillé les couleurs, j'ai refait les illustrations, et les ai repeintes à l'aquarelle pour qu'elles soient plus agréables aux yeux du jeune public.
    
      
      
Cette différence d'âge entre le public du court-métrage et celui du livre illustré, était-ce le principal enjeu lors de l'élaboration du livre ? Y en a-t-il eu d'autres ?
Il y a un point sur lequel je souhaitais à tout prix travailler : en animation, on impose forcément un rythme au spectateur, tandis que dans un livre, c'est le lecteur qui va aller à son rythme. C'est cette idée qui m'est apparue comme un vrai challenge. Au début, j'avais un peu de mal à retravailler en livre ce que j'avais fait en animation. Ce fut pour moi un nouveau défi qui, je pense, a été enrichissant.
    
     
Dans l’édition française, on remarque une traduction assez poétique, qui offre régulièrement des rimes. Ce souci poétique existe-t-il aussi dans la version japonaise ?
C'est Kenya Hirata qui a écrit le texte, donc je ne suis pas le mieux placé pour répondre. Cela dit, nous nous étions mis d'accord pour tenter de rendre les textes comme s'il s'agissait d'un père parlant à son enfant.
    
    
Enfin, quels sont vos projets actuels ?
Je suis en train de travailler sur un court-métrage un tout petit plus long que la Maison en petits cubes, ayant pour thème la croissance d'un enfant jusqu'à ce qu'il atteigne l'âge adulte.
    
     
     
Remerciements à Kunio Katô, à la traductrice, aux éditions nobi nobi! et au Salon du Livre.
   
   






commentaires

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Merci pour cette interview, j'ai appris des choses intéressantes ^^

rocketwarrior

De rocketwarrior [1942], le 09 Mai 2012 à 23h54

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Vraiment interresante cette interview ! :D

Et la dédicace est super *.*

Hairi

De Hairi [1887], le 09 Mai 2012 à 21h10

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J'ai bien aimé ce livre. Sympa comme tout

Yuminekoi

De Yuminekoi [1262], le 09 Mai 2012 à 20h59

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Interessent ^^

IchigoSan

De IchigoSan [972], le 09 Mai 2012 à 17h57

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