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Freedom - Blu-Ray (Beez)

Critique du dvd : Freedom - Blu-Ray (Beez)

Publiée le Mercredi, 25 Mars 2015

FREEDOM est un anime hors du commun. Créé pour célébrer les 35 ans de la marque de nouilles Nissin, et ses fameuses Cup Noodles, il a bénéficié d'un marketing de masse sur l'archipel. C'est également la première série animée à être sortie sur formats HD, et la première en Blu-ray en France.

Nous parlerons ici du coffret collector distribué par Beez en 2008. Kaze éditera en 2013 une version simple en dvd et en blu-ray.




Préambule / l’image de synthèse dans l'animation nippone


Depuis 1983, les images de synthèse et l'animation japonaise font route commune. Le premier film faisant usage de cette technique, The Professionnal : Golgo 13, offrait au public une séquence d'un peu plus d'une minute avec une ville et des hélicoptères entièrement générés par ordinateur. L'année suivante, avec SF Shinseiki Lensman (jamais sorti en DVD), on pouvait ainsi apprécier l'évolution technologique fulgurante par rapport à Golgo 13, notamment grâce aux rendus des effets de lumière et objets complexes.
Si le premier film d'animation entièrement généré en images de synthèse sortira en 1995 (Toy Story), le premier anime quant à lui n'arrivera pas avant 2004 : Appleseed, adapté du célèbre manga de Masamune Shirow. Depuis lors, on peut compter : Final Fantasy VII Advent Children, sorti en 2005, Vexille et Appleseed EX Machina, tous deux sortis en 2007, ou Resident Evil : Degeneration sorti fin 2008.





Le projet FREEDOM

Afin de fêter dignement les 35 ans des nouilles instantanées de la marque Nissin, les fameuses Cup Noodles, la firme se lança dans un projet d'envergure connu sous le nom de FREEDOM.
Le projet FREEDOM débuta en avril 2006, avec de la publicité visible dans les stations de métro Shinjuku et Shibuya. Shinjuku étant la station la plus fréquentée au monde, la promotion du projet était donc déjà assurée. Au début dessinées par le célèbre Katsuhiro Otomo, créateur d'Akira ou encore de Steamboy, elles furent progressivement remplacées par des publicités aux personnages en images de synthèse (CG). Ce n'est que six mois plus tard, avec la sortie limitée de Freedom Previsited, que l'anime commencera sous forme d'un prologue de 6 minutes.





L'histoire

Réalisé par Shuhei Morita (Kakurenbo) avec un scénario de Dai Satô (Samurai Champloo, Eureka Seven, Ergo Proxy, etc), FREEDOM raconte l'histoire de Takeru, 15 ans, un jeune homme qui rêve de remporter la course de modules "de sa vie". Mais il découvrira un secret qui pourrait changer les fondements de la société... Nous sommes au 23e siècle et les vestiges de l'humanité ont trouvé refuge sur la Lune, laissant la Terre se reconstruire après une catastrophe écologique globale. La population vit sous l'égide de la République Lunaire d'Eden, qui procure à tout un chacun ce dont il a besoin. Pourtant, Takeru et ses amis découvriront qu'on leur a menti, et vont essayer de faire éclater la vérité au grand jour...



S'étalant sur sept OAVs dont la durée s'échelonne de 25 à 50 minutes, FREEDOM attire d'emblée le spectateur, s'accrochant à lui pour ne le laisser partir que lorsqu'il aura en vain tenté de chercher une histoire qui ne sorte pas des sentiers battus. Car, l'histoire de cet anime, prenant le parti d'offrir une vision réaliste du futur à quelques écarts près (la Terre détruite par des pieuvres géantes ?) est d'une affreuse banalité...
Attiré par le nom de Dai Satô, on pense que l'on va passer un bon moment, mais non ! Non ! Cet anime est tellement tout public et adolescent boutonneux que l'on n'arrive même pas à concevoir pourquoi tant de bruit est fait autour. Pour résumer, le gentil est jaloux du meilleur pilote de module d'Eden, il décide donc de construire le sien pour pouvoir lui coller une bonne raclée lors de la course du tube. Évidemment, il se viande lamentablement et ses débilités en série vont le conduire à faire des travaux pour la communauté. Pendant ces travaux, il trouve la photo d'une fille dans un cratère lunaire et tombe amoureux d'elle.




Attention lecteur, ça se complique.

A partir de là, le débile se met en tête d'aller sur Terre, bien sûr les méchants veulent l'en empêcher, mais évidemment, il réussit ! S'en suit un tour des USA imaginé à partir de cartes postales retouchées, le boulet qui trouve la fille, sort avec, retourne sur la Lune chercher ses copains et retourne sur Terre...
Mais le tableau de la maternelle ne serait complet sans l'inclusion du secret ! Attention mystère ! FREEDOM serait en fait une série de fusées créées pour "terraformer" Mars ! En gros ça pourrait reconstruire la Terre, et vous vous imaginez bien qu'au final, parce que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, c'est exactement ce qui se passe ! Ajoutez à cela le vieux qui sait tout, l'ami attardé, l'ancien meilleur ami du héros qui devient méchant tout à la fin, le mec aux remords qui se sacrifie (sans oublier toute une ribambelle de seconds rôles tout aussi inutiles les uns que les autres) et vous obtenez 3 heures de temps perdu en Full HD ! Magnifique ! On oublierait presque qu'ils ne mangent que des nouilles, partout, tout le temps, comme si le micro-ondes était de série dans tous leurs appareils...



L'animation et l'apport de la HD

Première série d'animation en haute définition (d'abord sortie en HD-DVD, puis en Blu-ray Disc à la mort du format), FREEDOM est graphiquement sublime. Des décors entièrement dessinés à la main au design des véhicules (exception faite des unités ennemies), c'est toute la finesse apportée par une telle résolution qui vous captive... jusqu'à ce que vous voyez l'animation.
L'incrustation d'images de synthèse dans les animes a toujours été partagée. D'un côté, certains studios adaptent les CG au niveau de l'animation traditionnelle (ce qui donne un effet de saccades), de l'autre l'animation par ordinateur reste fluide au détriment de l'animation traditionnelle qui semble ainsi saccadée à son tour. FREEDOM n'étant pas entièrement généré en synthèse, et pas seulement les décors, son animation des personnages saccade constamment et, même en s'y habituant au fur et à mesure du visionnage, ça reste dérangeant et pour ma part incompréhensible si on compare à l'Appleseed de 2004.




Si les émotions sont une chose toujours autant difficile à rendre en 3D, elles sont ici par moment proches de l'animation traditionnelle. Cela serait un bon point si elles n'étaient pas employées au paroxysme de la stupidité, dans l'épisode 4 par exemple avec le tour des USA.

Un autre excellent apport de la HD concerne les détails. Dans le cas de FREEDOM, il est à la fois intéressant et effrayant de constater que les textures zoomées prennent des allures de jeu PS one, quand elles ne sont pas carrément remplacées par de l'animation traditionnelle. Car oui, FREEDOM passe au dessin à la main lorsqu'il s'agît de rendre une foule de gens, des personnages d'arrière-plan, mais surtout lorsque ça zoome sur des émotions que l'équipe d'animation n'a pas pu faire passer en 3D.




Interactivité / Bonus

Le coffret contient 4 boîtes de Blu-ray Disc noires, une première depuis le lancement du format fin 2005, ainsi qu'un livret de 28 pages offrant un chapitre complet du manga sorti uniquement au Japon. Ce chapitre précis est intéressant, car il sert de préquelle au prologue de l'anime, offrant encore plus d'éclaircissements sur les origines de Takeru pour sa passion des modules de course. On peut d'ailleurs pleinement l'apprécier après avoir regardé les sept OAVs.
Au niveau des bonus, ceux-ci sont tous en HD 1080i, chose assez rare sur le format, raison de plus pour le signaler. On a donc droit à de nombreux documentaires incluant le réalisateur et le scénariste sur les difficultés liées à la création d'un OAV, une visite guidée du musée de l'espace américain, un rapide résumé de la conquête spatiale, l'avant-première de FREEDOM à l'Anime Expo 2007, l'histoire de la mythique Route 66, toutes les publicités FREEDOM Cup Noodle, un mot des personnages ou encore une sorte d'épilogue animée se déroulant sur Mars.
Un nombre appréciable de suppléments donc. Cependant, le format Blu-ray possédant jusqu'à 50 GB d'espace possible, il est difficilement concevable de devoir changer de disque tous les 2 épisodes à notre époque. On se croirait presque revenus au temps du LaserDisc, c'est dire...




Conclusion

Tant de bruit, tant de pub, tant de fumée pour FREEDOM et au final un anime au scénario faiblard, saupoudré d'une multitude de personnages débiles et grotesques avec une animation à faire passer la Sega Saturn pour une sainte... Si Katsuhiro Otomo a réalisé le chara ainsi que mecha design, ce n'est en aucun cas une raison de se procurer cet anime de seconde zone.




Gorkab nitrix
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Manga-News

10 20


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