Ponyo Sur la Falaise - Actualité anime

Ponyo Sur la Falaise

Review du dvd : Ponyo Sur la Falaise

Publiée le Vendredi, 25 December 2009

Sosuke est un petit garçon vivant au bord de la mer, en haut d’une falaise (d’où la falaise dans le titre). Ponyo est un poisson rouge vivant habituellement sous la mer mais, prise d’une envie démentielle d’aller voir ce qu’il se passe à la surface, va se retrouver nez à nez avec Sosuke, qui très vite l’emmènera chez lui (d’où le titre, ça c’est fait). Le petit garçon l’emmène avec lui, d’abord à l’école, en lui promettant de rester avec elle.



Les deux êtres, fascinés l’un par l’autre, se voient néanmoins séparés par le vilain père de Ponyo, un sorcier nommé Fujimoto qui la ramène de force sous la mer. Heureusement pour elle, Ponyo est intelligente (sa mère n’est pas une déesse de l’eau pour rien) et surtout déterminée. Après avoir gouté au sang humain, elle peut se transformer à volonté en une adorable petite fille, ce qu’elle ne manque pas de faire quand son père a le dos tourné … pour s’enfuir avec ses frères et sœurs, créer une tempête magistrale et retrouver Sosuke.



Jusqu’ici, Ponyo sur la falaise est le remake nippon de la petite sirène, avec quelques touches Miyazakienne en plus (et encore, il faut les chercher … Elles ne subsistent que dans l’animation). Pourtant, il s’en éloigne rapidement pour partir dans une quête de jeunesse vers l’émancipation et l’autonomie, un thème récurrent dans l’œuvre du réalisateur. Il rajoute au conte de Disney beaucoup d’humour, une abondance d’esthétisme et un grain de réflexion. Mais un grain seulement ! En effet, l’aspect écologique du film n’est pas si présent que cela, tant l’histoire d’amour entre les deux personnages principaux prend de l’importance. Seule la vision d’un bateau remontant des déchets est véritablement significative, après il faudra simplement voire la victoire de la mer sur l’homme par son débordement et le paysage qu’elle instaure de force. Le message écologique de Miyazaki ne ressort que par la beauté d’une terre recouverte par l’eau, d’une soumission de l’homme à l’océan. Moins de violence, plus de beauté, voilà l’idée du film. Et par-dessus, beaucoup de bons sentiments qui au final éclipsent tout le reste.



Bien sûr que la vision de la mer comme une entité dominante est significative, évidemment que le lien qu’incarne Ponyo entre les deux espaces est primordial dans le film. Mais la manière dont le tout est arrangé laisse à penser que tout cela n’est que secondaire, ne représente que le décor de base de l’histoire. On retrouve donc l’écologie, l’émancipation de l’enfant (un peu tôt à 5 ans, non ?), l’amour, la fidélité, le courage et enfin l’absence de manichéisme. Jamais de cliché, Ponyo sur la falaise demeure à lui seul une vision positive et ne tombant jamais dans l’opposition superficielle. Mais la trace de l’auteur ne s’arrête pas là, puisque l’on retrouve par exemple le tunnel tant appréhendé par Chihiro : l’obstacle à franchir, l’étape à dépasser. Et même s’il n’existe pas d’avion ici, les créatures marines esquissent des ballets semblables aux mouvements d’air, et l’on retrouve alors le thème tant apprécié par Miyazaki : celui du vol symbolisant la joie, la liberté et la confiance. On apprécie certains instants enfantins mais authentiques et rafraichissants, comme la cohabitation de Lisa, Sosuke et Ponyo.



Mais à côté de cela, Ponyo sur la falaise se révèle étonnamment décevant. Les personnages en général sont bâclés. Ainsi, Fujimoto aurait pu être prometteur mais le réalisateur ne touche pas mot sur ses motivations ou son état d’esprit. C’est à cause de cette négligence que ce protagoniste tombe dans le stéréotype (un comble quand on connait les œuvres du maître de l’animation japonaise) du vilain empêcheur de tourner en rond qui se raisonne et ne fait que souhaiter le bonheur de tout le monde … Lisa est très loin des spectateurs, malgré la proximité émotionnelle qu’elle a avec son fils, nous-mêmes ne la connaissons pas vraiment. Trop dynamique, elle est « Lisa » et c’est tout. Tout juste si on l’identifie au rôle de mère de Sosuke, c’est dire … Le héros n’est pas mieux en garçonnet serviable, parfait du haut de ces cinq printemps, totalement dévoué et protecteur. Plat comme rarement un personnage principal peut l’être, Sosuke n’amène aucune surprise dans ses agissements si prévisibles. Sans intérêt, il nous importe peu de le suivre, et le lien qu’il a avec Toki, la vieille dame qui passe d’un caractère à l’autre sans raison apparente, semble bien insipide. Le personnage même de Ponyo relève un peu le niveau, dans son évolution -malheureusement surtout physique- et ses réactions, mais le tout reste désespérément vide et sans consistance.



Si l’on peut dire haut et fort que Ponyo sur la falaise n’est pas ce que l’on pourrait appeler un « bon Miyazaki » (sans même parler de l’excellence auquel il avait pu nous habituer), on se surprend même à penser que ce n’est pas un si bon film que ça, même dans l’absolu. Certes, Disney fait moins bien dans le domaine de l’animation à cause de ses morales trop tranchées et du manichéisme omniprésent. Mais au moins le studio occidental a-t-il le mérite de s’adresser à des enfants. Miyazaki n’avait pas cette réputation là, puisque petits et grands se délectaient, à plusieurs niveaux, de ses créations. Certaines n’étaient même absolument pas destinées à un jeune public. Mais avec Ponyo sur la falaise, on a beau chercher, seuls les enfants pourront y trouver leur compte.



Car si la qualité artistique est remarquable (retour au travail fait main avec l’aquarelle), et même avec la présence de certaines thématiques chères au réalisateur, le rendu final a perdu de quelque chose. Certains fuiront même clairement cet étalage de bons sentiments et de douceur écœurante, eh bien ils auraient presque raison … Car le film reste agréable à regarder, visuellement parlant, mais c'est tout. Ah non, dernier détail qui relève un peu le niveau : les musiques de Joe Hisaishi valent toujours le détour. Mais, après la déception du Château ambulant, voilà que Miyazaki continue de s’éloigner de son apogée. Desservi par la même qualité esthétique et sonore que les Ghibli habituels, le tout est satisfaisant mais l’achat n’est vraiment justifié que pour compléter une collection …

Ponyo sur la falaise chez Ghibli, La petite Sirène pour Disney, et au milieu des spectateurs un peu déçus d’y trouver tant de ressemblance dans la seule partie consistante du film. Et dans la deuxième ? Un ennui justifié par une douceur trop marquée et pas assez d'intérêt pour les personnages ni les situations
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM

13 20


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