Mobile Suit Gundam ZZ - Box Collector - Blu-Ray Vol.1

Review du dvd : Mobile Suit Gundam ZZ - Box Collector - Blu-Ray Vol.1

Publiée le Lundi, 09 March 2020

En 2017, l'éditeur @anime a relancé Gundam en grande pompe chez nous. Aussi, après la sortie des films Mobile Suit Gundam et celle de Zeta Gundam, c'est la suite directe, Mobile Suit Gundam ZZ, qui fut proposée via deux parties en blu-ray. La première, réunissant les 25 premiers épisodes avec un coffret rigide, est commercialisée le 25 octobre 2017. La deuxième partie suivra le 14 février 2018.

Une parution toutefois logique à partir du moment où l'éditeur proposait Zeta Gundam dans nos contrées. ZZ en est la suite plus que directe, puisqu'elle se situe quelques instants après le dernier épisode de la dramatique série précédente.

Ainsi, en l'an 0088 du Siècle Universel, le conflit opposant l'AEUG aux Titans s'est achevé de la manière la plus tragique qui soit. Bien que cette guerre semble achevée, l'équipage de l'Argama (ou plutôt ce qu'il en reste) pense ses blessures. Quatro Bajeena est porté disparu, tandis que Kamille Bidan est inapte à quoique ce soit. Afin de le soigner, faire quelques réparations et se ravitailler, l'Argama fait escale sur la colonie Shangri-La. Là, ils attirent l'intérêt de Judau Ashta et ses compères, des enfants orphelins qui vivent de désossage et de pièces volées de machines. Par leurs actions aussi téméraires que stupides, ils vont s'aventurer, malgré eux, dans une guerre qui les dépasse.

Car si la menace des Titans n'est plus, il reste celle d'Axis, menée par la charismatique Haman Karn. Celle-ci enverra le naïf commandant Mashymer Cello traquer l'Argama, tandis que son mouvement prendra de plus en plus de force et d'influence au fil du temps, jusqu'à devenir Neo Zeon, ravivant le spectre du duché qui cause la Guerre d'Un An.




De la tragédie à la fête du slip

La conclusion de Zeta Gundam avait pour qualité (ou peut-être comme défaut, selon les individus) d'être particulièrement sombre et dramatique. Il est plus rapide de citer les personnages encore en vie, et le sort du protagoniste qu'est Kamille Bidan était aussi particulièrement surprenant. Ceux qui ne connaissaient Gundam ZZ que de nom pouvaient légitimement se questionner sur la suite à un tel drame, et il semble que les intentions de Yoshiyuki Tomino, au départ, aient été particulièrement différentes. Exit les hécatombent et les drames humains, et place à une véritable comédie qui se déroule dans l'espace.

Car dans ce début du chapitre ZZ, tout est fait pour que l'ensemble ne soit guère pris au sérieux, comme s'il y avait une volonté de souffler et de dédramatiser suite aux horreurs de la série précédente. La vingtaine de premiers épisodes se construisent souvent sur des situations loufoques et des idées saugrenues, le tout appuyées par un humour globalement absurde, pour ne pas dire cartoonesque. Yazan, pilote des Titans aussi psycopathe que sanguinaire dans Zeta Gundam, devient ainsi un pur comic relief, quand l'Argama ressemble désormais à un véritable camp d'adolescent qui ne prendra que tardivement la guerre au sérieux. Pris avec un énorme recul, ce début de série a son charme. On s'y amuse, quand bien même les premiers épisodes donnent l'impression d'être une parodie du Siècle Universel. Reste qu'on attend quelque chose de plus sérieux et de plus ambitieux pour une série Gundam, et surtout une suite des deux premières séries de la saga. Fort heureusement, les derniers épisodes du coffret marquent un retour progressif vers un ton plus mature, en narrant le conflit de manière plus sérieuse, et en mettant du plomb dans la tête de ses personnages principaux. L'histoire est bien connue, Yoshiyuki Tomino aurait repris en mains la série sur sa seconde moitié, et la fin de ce premier coffret semble confirmer cette histoire.




Le scénario, dans tout ça ?

L'intrigue de ce début de Gundam ZZ est finalement assez simple, et se résume aux confrontations successives entre l'Argama et les forces d'Axis / Neo Zeon, sur un rythme très routinier qui peut lasser sur les premiers épisodes. Le contexte évoluera un tout petit peu, passé la vingtaine d'épisodes, ce qui correspond au regain de sérieux de la série. Les enjeux deviendront plus importants et l'ennemi sera présenté comme une réelle menace, chose qu'il est difficile de considérer sur les premiers épisodes.

Reste qu'un manque flagrant de contextualisation rend le début d'intrigue un peu confus. L'Argama est là, toujours rattaché à l'AEUG, mais quel est son but ? Les Titans semblent avoir bel et bien disparu depuis l'issue de la bataille de Gryps, mais que fait le gouvernement fédéral ? Ces réponses, il faudra attendre la deuxième moitié de série pour les avoir, soit le second coffret. Reste que cette absence de contextualisation n'empêche pas le spectateur de se plonger dans l’œuvre, notamment parce que celle-ci propose un schéma et des enjeux assez simples sur ses débuts. L'ambition viendra ultérieurement, aussi faut-il s'accrocher au départ.



Quid du discours sur la guerre ?

Yoshiyuki Tomino est un réalisateur engagé qui fait toujours passer ses idées à travers ses œuvres. Dans Mobile Suit Gundam et Zeta Gundam, bien des thèmes étaient décryptés, de l'évolution de l'humanité jusqu'aux horreurs de la guerre, en passant par l'écologie qui restera un sujet fort défendu par Char Aznable jusqu'au bout (ce qui n'a rien d'anodin puisque c'est un congrès à Rome, alertant déjà sur la situation de la planète et de ses ressources, qui inspirera en partie Tomino pour Gundam).

Mais quelles idées peuvent se dégager d'un début de série si cartoonesque, dont la volonté ne semble pas être le sérieux ? Et bien celles chères au réalisateur, justement, ou plutôt l'une d'entre-elles : le rapport de la jeunesse à la guerre. Le ton des 20 premiers épisodes colle globalement bien à l'insouciance de la bande de Judau, qui s'estime loin des problèmes d'adultes. A juste titre, puisque le groupe a dû subvenir à ses besoins depuis l'enfance, et n'a jamais pu vraiment conter sur ces adultes. Il n'est alors pas étonnant que Bright Noah et ses airs paternalistes autoritaires ne soient pas pris au sérieux par le héros et les siens.
Alors, si les nouveaux personnages font sourire par leurs pitreries et amènent, à eux seuls, une grosse part de l'absence de sérieux, ils en disent long sur l'une des idées de la série. La guerre, c'est une horreur d'adulte, et la jeunesse n'a pas à la considérer. L'idée de la nouvelle génération victime des erreurs des adultes est récurrente dans Gundam, et le début de Gundam ZZ la porte finalement assez bien, mais de manière différente et un poil subtile, tout en parvenant à développer un ton totalement différent. Bien que cette ambiance puisse globalement faire défaut à la série, il y a quand même une certaine réflexion derrière ce chamboulement narratif.



Une technique plus soignée

Globalement correcte dans sa réalisation, Zeta Gundam ne figurait pas non plus comme un titre particulièrement mémorable de ce côté-là. Fort du succès de la série, il semblerait que Gundam ZZ ait eu droit à une meilleure production. L'ensemble est plus vif, et plus joli aussi, ce qui se remarque notamment par un travail plus soigné sur les textures des engins, ou des animations un peu plus ambitieuse (citons celle de l'assemblement du Gundam ZZ, si classe qu'elle sera réutilisée à chaque épisode, presque).

Sur le plan musical, c'est une nouvelle fois Shigeaki Saegusa qui signe la partition de la série. De manière peu étonnante, étant donné le statut de suite directe de ZZ, de nombreux thèmes de Zeta sont repris, mais le compositeur a aussi concocté pas mal de thèmes inédits. Il fallait bien ça pour coller à l'ambiance très légère des premiers épisodes, aussi avons-nous droit à quelques musiques plus décalées, et de grands hymnes dignes de Versailles pour noter l'esprit chevaleresque totalement kitsh de Mashymer et de ses hommes. Un travail sonore qui colle à la série, donc, tandis que les morceaux se font globalement plus variés.

Enfin, notons que notre édition française de Gundam ZZ reprend, cette fois, les génériques japonais originaux. Pour ce premier coffret, on peut apprécier le cultissime « Anime je nai », entendez par-là « Ce n'est pas un anime », sacrément culotté par ce début de série en grande partie décalé de l'esprit Gundam de Tomino. « Jidai ga Naiteru », l'ending, des 25 premiers épisodes, apporte une note de quiétude appréciable, avec des paroles douces-amères assez en phase avec la manière d'interpréter la première moitié de série.


Retour à la Terre

C'est sur un retour sur notre planète bleue que s'achève le premier coffret de Gundam ZZ, un changement d'environnement qui pourrait signer un changement nette de tonalité. C'est tout le bien qu'on souhaite à la suite et fin de la série qui, si elle peut s'apprécier pour son côté absurde et ses thèmes de fond finalement bien pensés, gagnera à installer une trame plus mature, ne serait-ce pour coller à l'ensemble du Siècle Universel. Un début de série qui peut s'apprécier avec un certain recul, donc, mais les amateurs de la dimension drame humain de Gundam resteront certainement déstabilisés.
   
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

12 20


Note de la rédaction





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