Lame Diabolique (la) - Actualité anime

Critique du dvd : Lame Diabolique (la)

Publiée le Mercredi, 04 Mars 2015

Réalisée en 1965 pour le studio Daiei, avec la star de l'époque Raizô Ichikawa, La Lame Diabolique de Kenji Misumi, père de la saga Zatoichi (1962-1973), narre le destin d'un simple jardinier pris dans la tourmente d'un conflit entre clans rivaux et issu selon la rumeur, de l'accouplement d'une femme avec un chien...





Poursuivant son analyse du mythe du sabre (ses précédentes réalisations : Tuer (1962) et Le Sabre (1963) adapté d'une nouvelle de Yukio Mishima) et focalisé sur des âmes isolées, Kenji Misumi s'accapare tous les codes des superhéros made in Marvel pour bâtir un personnage complexe, fruit d'une mutation improbable, tirant force et courage de sa différence.





Sur un scénario de Shibata Genzaburo et par une mise en scène lumineuse, alternant moments de pure sauvagerie et scènes intimistes, Misumi magnifie une société contrôlée par des êtres luttant et sacrifiant pour le pouvoir.

Dans le rôle du justicier-jardinier Hanpei, Raizô Ichikawa livre une composition empreinte de naïveté et de brutalité contrariée.



Lors d'un assaut au cœur d'une immense forêt de sapins, le héros de Ken Ki, figure de l'antimilitarisme misumien, complètement automatisé par les vassaux de son clan, est assiégé par des guerriers furtifs et spectraux. Plus 'handicapante' que fondamentalement 'diabolique', la lame de Hanpei devient alors un fardeau, nécessaire à la survie dans un monde de conspiration et de traîtrise.





Metteur en scène du 'contraste' (Le bourreau-le père de Baby Cart (1972-1973), l'infirmité-la force de Zatoichi (1962), le jardinier-l'assassin de Ken Ki (1965)), Kenji Misumi aura, une nouvelle fois, accouché d'un chambara brillant et visionnaire, genre dont il est le spécialiste, illustrant habilement la domination de l'inorganique sur l'organique. Le sabre n'est plus un instrument de mort phallique ou un guide suprême vers une vie d'abnégation; dans ce Ken Ki, il reflète les souffrances d'êtres mutants, gardiens solitaires et anonymes de l'équilibre du monde.




The Duke
Critique 1 : L'avis du chroniqueur


17 20
Note de la rédaction