Détective Conan - Film 5 - Décompte aux cieux - Actualité anime

Détective Conan - Film 5 - Décompte aux cieux

Review du dvd : Détective Conan - Film 5 - Décompte aux cieux

Publiée le Mercredi, 09 January 2013

Sorti en 2001, Décompte aux Cieux est le cinquième film de Détective Conan et le dernier à avoir été édité en France par Kazé. Produit par le studio TMS, le film affiche une durée d'1h40.

Tout commence au cours d'une visite de Conan et ses amis aux tours jumelles Tokiwa, nouveau siège social de l'entreprise d'informatique dirigée par Mio Tokiwa, une ancienne camarade de classe de Kogoro Mouri. Les tours doivent officiellement être inaugurées au cours d'une cérémonie qui aura lieu la semaine suivante. Kogoro et ses proches sont invités à prendre part aux festivités.

Mais au cours de la visite, Conan s'aperçoit de la présence des hommes en noir Gin et Vodka sur les lieux. Ces individus font partie d'une mystérieuse organisation criminelle trempant dans de multiples activités douteuses. Il s'y était déjà trouvé confronté du temps où il était le détective lycéen Shinichi Kudo et ce sont eux qui sont responsables de son état actuel, lui ayant fait avaler le poison expérimental qui l'a rajeuni, pensant qu'il allait le tuer. L'intérêt que les hommes en noir portent aux tours Tokiwa intrigue Conan mais Ai Haibara, leur ancienne complice, ne verrait rien d'étonnant à ce qu'un de leurs agents soit infiltré parmi les employés de la corporation, leur organisation repérant de jeunes talents issus de différents secteurs professionnels afin de les recruter. Sauf qu'une fois entré dans l'organisation, il est bien difficile de la quitter. Elle le sait mieux que quiconque, elle qui les a trahi et qui doit désormais les fuir en se dissimulant sous l'identité d'une simple écolière.

Depuis que l'organisation a ordonné l'exécution de sa soeur Akemi, les événements se sont précipités pour celle qu'on appelait autrefois Sherry. De son vrai nom Shiho Miyano, elle était une brillante scientifique travaillant pour l'organisation des hommes en noir et c'est notamment elle qui a conçu notamment le fameux poison expérimental responsable du rajeunissement de Shinichi, devenu le jeune Conan Edogawa depuis ce jour. Trahissant ses anciens complices, elle tenta de mettre fin à ses jours en avalant son propre poison mais elle rajeunit à son tour. Cela lui permit de leur échapper et elle trouva refuge chez le professeur Agasa, un ami proche et allié inestimable de Conan dans son combat contre les hommes en noir.

Tous ces événements se sont enchaînés très vite. Devenant la camarade de classe de Conan, elle commença à mener la vie d'une écolière et elle se lia d'amitié avec les jeunes détectives, devenant le cinquième membre du groupe. La vie dont elle avait toujours rêvée, l'enfance dont on l'avait privée. Mais quelque part, l'organisation continue de la poursuivre et elle est consciente que ce bonheur ne durera pas éternellement. En proie au doute, elle préfère prendre ses distances, convaincue qu'elle ne peut pas avoir réellement d'avenir après avoir trahi l'organisation. En proie à la solitude, son seul réconfort est d'écouter la voix de sa soeur Akemi, enregistrée sur son ancien répondeur, mais cette mauvaise habitude risque de compromettre tôt ou tard sa couverture en permettant aux hommes en noir de la localiser.

C'est ainsi que ces derniers découvrent que "Sherry" sera présente à la cérémonie d'inauguration des tours Tokiwa. Entretemps, une affaire de meurtres touche des employés de la corporation et des personnes impliquées dans la construction des tours jumelles. Les indices laissent penser à l'existence d'un tueur en série, mais certains éléments de l'affaire sont déroutants. Les hommes en noir sont-ils impliqués ?

La police craint que le tueur ne tente de saboter la cérémonie d'inauguration des tours Tokiwa. Malgré leur insistance, Mio Tokiwa refuse de la reporter. Accompagnant Kogoro et les autres, Conan attend de voir si les hommes en noir vont tenter quelque chose durant la soirée. Mais les événements qui vont s'y dérouler sont bien plus terrifiants qu'il ne l'imaginait. Les hommes en noir ne reculeront devant rien pour s'assurer d'expédier la traîtresse Sherry dans l'autre monde...

Décompte aux Cieux prend place dans le contexte de l'arc Vermouth du manga original et de la série animée dérivée, quelques temps après les événements du tome 24. Cet arc met à l'honneur le personnage d'Ai Haibara, l'un des plus énigmatiques, des plus ambigus et des plus torturés de la série. Possédant un lourd passif au sein de l'organisation criminelle que combat Shinichi, la jeune fille est à présent traquée par ses anciens complices qui veulent éliminer la menace qu'elle représente désormais en tant qu'agent renégat. La vie d'Haibara se résume dorénavant à fuir cette organisation qui la terrifie et à se cacher sous les traits d'une écolière, mais le tournant qu'a pris sa vie a été si brutal que son esprit fragilisé par la mort de sa soeur et sa récente tentative de suicide en a gardé de profondes séquelles qui remontent à présent à la surface. La jeune fille traverse une période de dépression où elle réalise que personne ne peut véritablement la comprendre, l'obligeant à faire face seule à la culpabilité de ses actions passées et à la punition qu'elle vit actuellement.

En parallèle, les jeunes détectives décident d'enquêter sur l'affaire de meurtres liées aux tours Tokiwa, voulant l'élucider avant la police. Remettant en doute sa place au sein du groupe, Haibara ne prend pas part aux investigations et ce sont donc les quatre membres fondateurs qui rencontrent les suspects pour les interroger. Mais les enfants réalisent le danger que leur amie traverse actuellement, s'enfonçant de plus en plus dans la dépression, et ils sont prêts à tout pour la persuader qu'elle a véritablement sa place dans leur groupe et qu'elle n'a pas à se replier dans sa solitude.

Le film présente donc deux intrigues qui évoluent en parallèle et l'un des problèmes majeurs du film se situe justement à ce niveau: ces deux lignes directrices ne font que se croiser tout le long du film mais il n'y a jamais vraiment de moment où elles convergent réellement pour permettre au film de trouver toute sa cohérence et son unicité. Du coup, on peut s'interroger sur les raisons qui font que ces deux intrigues sont associées au sein du même film si elles ne sont pas vraiment complémentaires. Très franchement, on peut penser que l'affaire des meurtres a surtout été intégrée au film pour justifier le titre Détective Conan, cette intrigue ayant clairement été bâclée. L'affaire n'est vraiment pas intéressante, peu travaillée et son dénouement sort un peu de nulle part. Tout cela est un prétexte pour mettre en scène les jeunes détectives dans des pseudo-scènes d'enquête qui mettent surtout l'accent sur l'humour. Il apparait clair que les scénaristes ne s'intéressaient pas du tout à cet aspect du film et qu'ils l'ont complètement bâclé. A l'inverse, le véritable intérêt du film se situe de manière évidente sur l'intrigue concernant Ai Haibara et les hommes en noir, laquelle est nettement plus travaillée et aboutie. Certes, on n'apprend rien de bien nouveau concernant Haibara, qui est et restera toujours l'un des personnages les plus profonds et complexes de la série, mais il est cependant appréciable de voir un personnage avec une psychologie aussi riche se retrouver au centre des enjeux d'un film.

Ne nous leurrons pas toutefois, cette intrigue, aussi intéressante soit-elle, est avant tout un prétexte à amener la dimension catastrophe sur laquelle est vendu le film: un remake du grand classique "La Tour Infernale" se déroulant dans l'univers de Détective Conan. Quand celle-ci démarre, l'intrigue sur les meurtres s'interrompt subitement (preuve que les scénaristes n'en avaient décidément rien à cirer) et les personnages ne pensent alors plus qu'à sortir des tours avant que l'incendie ne leur coupe toute retraite. Cette évacuation tourne au parcours du combattant et l'équipe en charge du film n'a pas hésiter à mettre en scène des passages spectaculaires pour enjoliver le tout. On peut même dire que c'est là le véritable point de départ d'une tendance que suivront ensuite plusieurs des autres films de Détective Conan à se focaliser davantage sur l'action et sur la dimension catastrophe affichée, parfois au détriment des intrigues policières à proprement parler.

Un autre élément qui marque aussi inévitablement dans ce film, c'est l'omniprésence et l'importance majeure des personnages des jeunes détectives. Jusque là, ils étaient surtout présents dans les films comme des personnages secondaires, intégrés pour le fan-service et pour apporter un peu d'humour à destination du jeune public dans des intrigues particulièrement sombres, mais ici ils sont davantage mis en avant par l'histoire au lieu des traditionnels Ran et Kogoro. Cela s'explique principalement par l'intrigue liée à Haibara, son évolution au cours du film se traduisant en partie (surtout dans la seconde moitié) par sa place au sein de leur groupe. Alors que l'évacuation progresse, les enfants finissent par se retrouver seuls dans les étages supérieurs avec l'assassin et il leur faut alors associer leurs efforts pour arriver à se sortir d'affaire au moment où tout espoir semblait déjà perdu.

Et dans tout ça, quelle place tiennent les hommes en noir ? Cela décevra peut-être ceux qui attendaient une véritable confrontation entre Conan et l'organisation, mais ils restent principalement dans l'ombre des événements du film comme c'est souvent le cas dans les intrigues du manga les impliquant. Personne ne sait qu'ils étaient là, ils ne laissent aucune trace derrière eux, mais la menace qu'ils incarnent est bien réelle et ils font bien sentir à Haibara qu'elle vient de tomber dans leur piège et qu'ils ne lui laissent plus la moindre chance de s'en tirer. La bataille est donc plutôt d'ordre métaphorique en réalité. Bien avant d'entrer dans les tours, Haibara a toujours été prise au piège par les hommes en noir, plongée dans une terreur permanente. Alors que cette menace prend forme, la question est de savoir si l'amitié de ses jeunes camarades sera en mesure de se montrer suffisamment forte pour la sortir d'affaire et s'opposer ainsi à l'emprise de l'organisation sur son existence. C'est par ce biais seulement que Haibara pourra enfin sortir de sa dépression, sans que ses amis aient la moindre idée du miracle qu'ils auront secrètement accompli aux yeux de la jeune fille.

En définitive, il y a vraiment du bon et du moins bon dans ce film. Le principal intérêt réside clairement dans le traitement remarquable du personnage d'Ai Haibara et dans toute la dimension catastrophe qui en découle. Pour la dimension enquête en elle-même, on y repassera, les scénaristes n'ont pas daigné travailler suffisamment cette intrigue pour arriver à la rendre intéressante aux yeux du spectateur et l'absence de véritable cohérence entre ces deux intrigues fait que le film laisse malgré tout un arrière-goût de travail inabouti.

Du côté de la réalisation, on sent que c'est davantage là que les efforts ont été investis. L'animation est vraiment devenue très belle et c'est le grand spectacle qui domine toute la seconde partie du film avec une succession de scènes d'action. Le problème toutefois, c'est que le film a la fâcheuse tendance de succomber à la tentation de nombreux blockbusters de vouloir un peu trop en mettre plein la vue au spectateur, histoire qu'il en ait pour son argent, mais d'oublier de créer une vraie tension dramatique derrière. Les personnages se retrouvent dans une situation particulièrement périlleuse où ils risquent leur peau, et tout particulièrement Haibara, mais on ne le ressent jamais vraiment dans l'exécution. C'est principalement un déluge de flammes et d'explosions. On est très loin à ce niveau de la réussite totale de Mémoire Assassine qui arrivait à créer avec une tension oppressante qui ne laissait jamais aucun répit au spectateur, assumant pleinement son ambiance de thriller. Ici, difficile de prendre peur pour les personnages tant l'impression générale qui s'en dégage est d'assister à... un spectacle.

Concernant les musiques, la bande originale de ce film est probablement l'une des plus réussies avec des thèmes entraînants qui mettent en valeur les séquences d'action de manière diablement efficace, tout en restant trèsfidèles à l'ambiance musicale traditionnelle de la série. On a par ailleurs droit à une excellente reprise du thème principal et ça en est sûrement l'une des meilleures versions à ce jour. De ce côté-là, c'est une vraie réussite !

L'édition de Kazé, quant à elle, ne change pas trop de celle des précédents films. L'image est toujours au format 16/9 et le son est en 2.0. Les deux pistes qui nous sont proposées sont toujours la version française et la version japonaise sous-titrée. Le doublage japonais est excellent, tandis que le doublage français n'est vraiment pas terrible. Un exemple précise qui me vient à l'esprit est le doublage du personnage d'Ai Haibara: si, dans la version originale, Megumi Hayashibara a vraiment accompli un travail magistral, mettant brillamment en lumière toute la complexité et toute la dimension torturée de son personnage, sa voix française est en revanche totalement inappropriée et elle décrédibilise assez son personnage. Cet exemple résume bien le problème que j'ai par rapport à la vf sur l'ensemble des films: elle ne ressemble à rien, elle n'a aucune saveur et elle ne fait qu'encourager le choix de la version japonaise.

Pour en terminer avec l'édition, les menus sont toujours impeccables avec un bon choix d'illustrations et un thème musical agréable (le générique de fin). Je noterais aussi que, sur ce film, les chapitres du dvd sont moins espacés entre eux sur la durée ce qui constitue un confort supplémentaire appréciable pour la navigation.

Quant au livret qui accompagne l'ensemble, il continue d'introduire les nouveaux personnages apparaissant dans le film, à savoir les hommes en noir Gin et Vodka, Akemi Miyano (la soeur décédée de Haibara) et M. Tome de la police scientifique. Les personnages exclusifs au film ont également droits à une présentation rapide. Le reste du livret est consacré à une comparaison entre le manga original et l'adaptation animée sur certaines différences majeures (et c'est d'autant plus pertinent qu'elles concernent justement des intrigues impliquant les hommes en noir) et à des explications complémentaires sur la culture japonaise en lien avec certains éléments abordés dans le film.

Pour conclure, Décompte aux Cieux n'est pas vraiment l'un des meilleurs films de Détective Conan, surtout au regard de la qualité des trois longs-métrages qui l'ont directement précédé. Toutefois, ses liens par rapport à la mythologie du manga et la mise en avant de la psychologie d'Ai Haibara, un personnage très apprécié des fans et particulièrement intéressant, valent le détour pour les passionnés de l'univers de Détective Conan. Mais ceux qui ne le connaissent pas encore suffisamment bien auront probablement plus de mal à accrocher, même si le traitement du personnage de Haibara dans le film pourrait les pousser justement à s'intéresser à son histoire et à se plonger dans la lecture du manga. Car c'est là que réside plus ou moins le coeur même de ce film: un appel de détresse d'une jeune fille plongée dans le désespoir le plus noir qu'on puisse imaginer. Pour la comprendre, rien de tel que de découvrir son drame personnel et de réaliser qu'on tient vraiment là un personnage d'une richesse et d'une complexité exceptionnelles. Quant à savoir si cette tragédie prendra fin un jour, cette histoire évolue continuellement sous le crayon de l'auteur Gosho Aoyama à mesure que son intrigue principale progresse. Un jour viendra où toutes ces intrigues saisissantes qui ont fait vivre cette série pendant tant d'années trouveront leur conclusion. D'ici là, chaque nouveau tome du manga se dévore sans modération à mesure que de nouvelles pièces viennent s'ajouter au puzzle de cette gigantesque intrigue dont les nombreux mystères continuent de passionner les fans. C'est peut-être bien là la plus belle conclusion que l'on puisse tirer de cette saga cinématographique: l'envie de profiter pleinement de toute la richesse que cette série a à nous offrir et de tous ces personnages attachants que l'on aura vu évoluer au fil des années. C'est là aussi toute la magie de Détective Conan.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
GlassHeart

14 20


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