Yamada Kun & the 7 witches Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 25 June 2015

Derrière ce titre assez atypique se cache le dernier shônen proposé par les éditions Delcourt et né de la main de Miki Yoshikawa, l’auteure de Drôles de racailles qui signe donc sa seconde série. Rappelons-le, la mangaka n’est pas n’importe qui puisqu’elle a été l’assistante de Hiro Mashima, ce qu’on ne manque pas de remarquer par son style graphique. On pouvait donc attendre ce nouveau titre au tournant, d’autant plus que Crunchyroll propose actuellement son adaptation animée. Le bilan est très positif, car, soyons directs, ce premier opus nous fait passer un excellent moment.

Ryu Yamada n’est pas une personne à fréquenter. Nul en classe, mauvais garçon et violent de surcroît, il ne s’attire pas vraiment la sympathie de ses camarades. A l’opposée, Urara Shiraishi est l’une des meilleures élèves de l’établissement et bien qu’elle soit solitaire, elle fait partie des demoiselles les plus appréciées par la gente masculine.
Un jour, par mégarde, Yamada chute dans les escaliers et ses lèvres frôlent celle d’Urara qui se trouvait en dessous. A leur réveil, la surprise est immense puisque leurs âmes ont changé de corps ! Avec des caractères si différents, c’est une multitude de situations loufoques qui se préparent. En s’embrassant, Yamada et Urara peuvent changer de corps, un pouvoir qui peut apporter le meilleur comme le pire.

Qui sont les sept sorcières mentionnées par le titre ? Pour l’heure, la série ne nous le dit pas et à vrai dire on s’en fout, ce premier tome ayant suffisamment de qualités pour nous distraire jusqu’à la fin. Partant de personnages classiques à souhait, le titre nous présente un sujet original où deux personnages peuvent permuter leurs corps à volonté. Contrairement à ce qu’on pouvait penser au départ, il n’est pas question que les deux héros se retrouvent coincés ad vitam aeternam dans l’enveloppe charnelle de l’autre, l’idée de Miki Yoshikawa est bien plus intelligente que ça. Yamada et Urara peuvent ainsi changer de corps par un simple baiser, à volonté donc, une faculté qu’ils ne manqueront pas d’utiliser en guise d’expérimentation ou tout simplement de manière utile. Et bien entendu, tout ne se passe pas toujours comme nos héros le voudraient et des imprévus vont se glisser sur le chemin… Classique, mais efficace, sans compter que le concept de la série permet de renouveler les situations qui sont toujours très drôles. Que ce soit les réactions de Yamada où sa manière de se mettre dans de beaux draps, chaque mésaventure s’avère amusante tout en prenant soin de développer une trame de fond.

Les idées de l’auteure n’en restent alors pas là et rapidement, le « pouvoir » de permutation trouve quelques élargissements, sans explications certes, mais qui permettront de lancer le titre vers d’autres horizons et ainsi le renouveler. Tout est alors en place pour créer un scénario loufoque et burlesque, ce qui laisse présager du bon pour cette série qui commence à se faire longue avec plus de 17 volumes au Japon.
Notons aussi que les personnages s’avèrent attachants derrière leur rôle très stéréotypé. Yamada est la racaille par excellence, mais pas un si mauvais bougre tandis qu’Urara est l’intello de service. Seulement, Miki Yoshikawa tente de démarquer ses personnages de ces rôles formatés puisqu’elle cherche déjà à les faire évoluer. Urara ne manque pas de montrer son attachement envers son nouvel ami et même en tant qu’intello, elle n’a rien de la tsundere à lunette de base que l’on a l’habitude de voir dans les œuvres lycéennes. Finalement, seul Miyamura manque pour le moment de personnalité. Son rôle est incertain et oscille entre le bon pote et le crevard de service, on espère que l’auteure le précisera dans les prochains chapitres.

Le dessin de l’œuvre est intéressant, car très caractéristique du travail de Hiro Mashima qui fut le mentor de Miki Yoshikawa. La finesse du trait est similaire, de même du chara-design qui reste dans la droite lignée de l’auteur de Rave et Fairy Tail, ainsi qu’un goût prononcé pour présenter l’héroïne, blonde à forte poitrine (vous avez dit Lucy ?) dans des petites tenues. Le tout reste néanmoins léger et loin du malsain que Mashima propose depuis quelque temps sur sa série phare, heureusement d’ailleurs. On ne peut toutefois souhaiter qu’une chose à la mangaka : qu’elle évolue à sa manière pour nous offrir un dessin personnalisé.

Côté édition, c’est correct à tous points de vue et donc fidèle à du Delcourt. Le papier et l’impression sont de qualité correcte, et il en va de même pour le travail de traduction très adapté au ton de la série et à sa modernité.

Nous voilà donc avec une bonne surprise. Yamada kiun & the 7 witches ne révolutionne rien, c’est certain, mais a le mérite de proposer de bonnes idées, des personnages agréables et une bonne dose d’hilarité sans jamais se montrer trop prétentieux. On espère que la suite conservera ce niveau, mais c’est sur une impression très positive qu’on entame la nouvelle série de Miki Yoshikawa.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction
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