Wind Fighters Vol.1 - Actualité manga

Wind Fighters Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 19 June 2020

En 2018, nous faisions la connaissance de Christophe Cointault, un auteur et dessinateur français qui signait alors son premier premier professionnellement édité avec Tinta Run. Premier titre professionnel, mais pas première œuvre : Avant ça, il proposa en auto-édition la série en trois tomes Central Universe.

Tinta Run fut promis à un joli avenir, notamment parce que son auteur ne manquait pas d'idées et que l'univers semblait particulièrement dense. Malheureusement, les lois de l'édition sont formelles, et un titre qui ne vend pas assez doit être arrêté. Le manga ne fut donc pas reconduit, et s'arrêta avec un quatrième tome pourtant intense et réussi.

Christophe Cointault n'en resta pas là. Après avoir teasé un nouveau manga en préparation, et expliquant avoir tiré certaines leçons de l'échec commercial de Tinta Run, l'auteur annonça en juillet 2019 Wind Fighters. Initialement prévu pour avril 2020, le premier volume a finalement été publié en ce mois de juin, à cause de la crise sanitaire qui a frappé le pays, le monde et le marché du livre par conséquent. Sans surprises, c'est chez Glénat que l’œuvre se retrouve, l'éditeur ayant déjà publié Tinta Run et donnant une autre chance à son auteur.

Le monde est sous le contrôle du Régime, une force qui règne d'une main de fer et ne laisse pas de place à l'opposition ni aux protestations. Ils mettent tous les moyens possibles pour mettre en échec les Aventuriers, nom donné à celles et ceux qui demeurent libres et s'opposent à cette tyrannie.
En dérobant des vêtements, Helio et Hope, un frère et sa sœur, s'attirent les foudres du commissaire Bud, un puissant membre du Régime. Contre toute attendre, Helio se défait de l'adversaire en utilisant le Wind, un pouvoir conféré aux humains par des gemmes spécifiques. La scène tape dans l'oeil de Billy et de son coéquipier, Toaster, tous deux en quête de légendaires Aventuriers que l'on dit aujourd'hui disparus : Les Wind Fighters.

Après la fin de Tinta Run, on attendait avec une certaine hâte de retrouver Christophe Cointault, un auteur qui a des univers à décortiquer et tout un style hybride à démontré, teinté de nombreuses influences artistiques. Pour ceux qui ont lu la série précédente, le confort est rapidement présent tant on se retrouve en terrain connu. Ce premier opus présente un récit allant à cent à l'heure et enchaînant moult péripéties et une introduction de l'univers, aux côtés de personnages aux tempéraments forts. Le tout appuyés par la « patte Cointault », à travers des plances assez dynamiques et un monde teinté d'humains côtoyant des créatures anthropomorphes.

Dans l'ensemble, cette amorce de la série convainc sans grand mal, notamment parce qu'elle sait poser efficacement les bases et nourrir quelques premiers concepts sans jamais nous perdre. L'univers repose sur un classique conflit entre une dictature symbolisée par le Régime et des libertaires incarnés par les Aventuriers, respectant la dynamique de groupe du récit d'aventure à travers un binôme (Helio et Hope) et des compagnons pouvant aussi servir de mentor avec le charismatique Billy et l'adorable Toaster. Les fondations se l'histoire se posent sans grand mal, l'auteur parvenant à bien communiquer les bases de son monde et son concept du Wind, tout en posant quelques mystères qui devront être résolus au cours de l'aventure. Là où Tinta Run cherchait davantage à étendre tous ces développements sur la durée, ce qui pouvait peut-être laisser sur quelques notes floues sur les deux premiers volets, ce tome premier de Wind Fighters cadre autrement son univers.

C'est donc une grande aventure qui nous est promise, et celle-ci passe par une amorce usant de pas mal de petites idées classiques. De la constitution du groupe jusqu'à l'entrée en scène de rivaux menés par un garçon impulsif, en passant par quelques ficelles comme celle des héros possédant d'étonnants dons, ce début de série ne dépaysera pas spécialement les habitués du shônen, chose volontaire puisque d'après les pages bonus, son auteur cherchait le souffle du shônen d'aventure pur jus. Ça se ressent dans l'adrénaline de ce début de récit (chose déjà présente dès l'amorce de Tinta Run), ses personnages aux caractères forts et un Helio intrépide à souhait. Son coté pile électrique pourra même en déstabiliser certains, puisqu'il faut reconnaître que le héros nous essoufle tant il ne sait pas s'arrêter. Malgré ça, l'artiste évite d'en faire une coquille vide et lui donne de vrais dilemmes ainsi qu'un passé. On espère que la suite de l'oeuvre poursuivra sur cette voie en nourrissant son univers comme ses personnages, mais l'ensemble se révèle particulièrement agréable pour l'instant.

Enfin, tout le style visuel de Christophe Cointault demeure plaisant à retrouver. Sa mise en scène est vive et très claire, montrant bien l'expérience du mangaka via sa série précédente. C'est aussi tout un jeu d'épaisseur du trait, notamment sur les séquences d'action, qui contribue à un style plaisant et qui sort du lot à sa manière.

Le retour du papa de Tinta Run est donc somme toute réussi. Si ce premier volume pourra sembler très classique pour certains, il parvient à bien lancer l'aventure, son monde et ses concepts, sans jamais nous perdre. La série se jugera davantage avec sa suite, maintenant que les bases sont posées, aussi on attendra les prochains tomes de Wind Fighters avec grand intérêt.
    

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction
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