Wild love Vol.1 - Actualité manga

Wild love Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 26 Novembre 2015

Madoka Yuzuki est une jeune femme, grande amoureuse des animaux qui suit justement une formation pour devenir toiletteuse. Alors qu’elle perd Shirô, son petit chien, elle fait la connaissance du beau Kuon, son jeune voisin qui ne manque pas de l’attirer immédiatement. Rapidement, Madoka découvre que le jeune homme dont elle s’est éprise n’est autre que… son chien. Plus précisément, il descend d’une lignée d’animaux mythiques ayant pris forme humaine pour s’intégrer dans la civilisation, et le but de Kuon est désormais de protéger la ville contre des loups-garous qui agressent les habitants.
Cela n’empêche pourtant pas le jeune couple à entretenir leur relation, mais le plus difficile pour Madoka sera d’assumer la vraie nature de sa moitié…

Wild Love n’est autre que la dernière série en date de l’auteure Hiraku Miura que Soleil a édité à travers le diptyque Beauty and the Devil et Midnight Devil, le nom de la mangaka parlera donc sûrement à certains (et surtout certaines) qui ont apprécié cette romance gothique. Mais cette fois, place à un contexte plus mythologique puisque le sujet de l’amourette de la présence série sera une incarnation mi-humaine, mi-bête de légende. Du moins, c’est comme ça qu’on aimerait l’entendre afin de donner un peu d’aura mystiques à l’œuvre qui, par ce premier volet, montre finalement que Hiraku Miura est experte pour livrer une histoire d’un extrême mauvais goût et de définir une héroïne comme un simple objet sexuel.

Non, il ne serait pas exagéré d’aborder, dans une grande partie de notre chronique, la relation malsaine entre Madoka et Kuon puisque c’est ce qu’essaie de nous vendre ce premier tome (tandis que la publication japonaise en dénombre quatre pour l’heure, pour une série toujours en cours). On aurait aimé pouvoir apprécier une histoire d’amour aux relents de mythes japonais, le pays du Soleil Levant étant expert dans les légendes ciblant les animaux surnaturels. Mais on ne se voile pas la face puisque Madoka est simplement en couple avec… son chien, et c’est ainsi que la relation nous est présentée. Kuon n’a pas l’apparence d’une superbe bête mythologique, mais bien d’un simple toutou de compagnie lorsqu’il est sous sa forme bestiale, et ce dernier prend un grand plaisir à appeler sa petite-amie « maîtresse » lors de leurs ébats fougueux.
Notons d’ailleurs que la relation amoureuse se limite presque exclusivement au sexe, montré ici de manière abondante et sans aucune sensualité. Mis à part deux-trois regards au cours du tome, l’Amour n’est pas un sentiment qui transparaît dans le jeune couple, sans compter que les premiers pas de la relation sont expédiés en deux temps trois mouvements. Difficile alors de ne pas être écœuré, surtout quand le volume s’achève sur un joli « Ce jour-là… c’est moi… qui serai ta petite chienne ! »… La grande classe, une simple phrase qui traduit tout le rôle que joue Madoka dans ce premier tome, celle d’une jeune demoiselle qui se fait sauter dessus en permanence par son animal de compagnie, quitte à avoir le vagin irrité. Oui oui, telles sont les problématiques de couple abordées dans cet opus.

A côté de ça, on aurait pu s’attendre à une histoire au moins divertissante en ce qui concerne le combat de Kuon contre les loups-garous et si quelques micro séquences permettent de croire que l’auteure a l’intention de développer un récit plus ambitieux à l’avenir, tout ici est prétexte à mettre Madoka en danger afin que Kuon joue les beaux justiciers pour que sa belle se jette dans ses bras. Je suppose que vous devinez la suite… Ainsi, cette amorce ne traite absolument rien si ce n’est présenter vaguement un contexte et nous offrir des scènes de sexe zoophiles dans l’âme, sans même chercher à présenter des personnages intéressants. Car que ce soit Madoka, Kuon ou Louis Arving, tous ne sont que clichés sur pattes incarnés par des fantasmes esthétiques maintes fois vus et revus dans les mangas de romance. Il est vrai que ces œuvres, dans leur style graphique notamment, sont très codés mais ici, la mangaka ne fait rien pour les rendre appréciables ni pour correctement les développer.

Reste alors le style graphique, très convenu, mais qui remplit son office et séduira très probablement les adeptes des romances destinées à un lectorat adolescent. Il y aurait effectivement de quoi se laisser tenter en feuilletant sommairement ce volume ou en s’arrêtant à la couverture puisque le trait de Hiraku Miura est fin et ravissant, de même pour la couverture très colorée, ponctuée d’un vernis sélectif et embellie par l’édition de très bonne facture de Soleil qui, entre une adaptation correcte et une belle composition de l’ouvrage, parviendra à faire ressortir ce premier tome au milieu des librairies. Néanmoins, le style de la mangaka n’est pas sans défauts, c’est notamment sa narration dynamique et partant dans tous les sens qui nous perd souvent. Pour le coup, tout va à cent à l’heure, mais dans son découpage, le rythme du titre ne ralentit jamais.

Dans une volonté d’offrir aux jeunes lectrices des histoires d’amour sur fond de fantastique, Soleil a malheureusement fait l’un des pires choix possibles avec Wild Love qui ne parvient jamais à développer un amour au sens pur et dans une ambiance mystique, s’adonnant alors à un mauvais goût complet ponctué par des scènes de sexe qui occupent une grande partie du volet. On doute ainsi que la mangaka redresse la barre du côté relationnel qui semble très mal parti, mais peut-être pourrait-elle enrichir le scénario qui lui peut, apporter de bonnes petites choses. Néanmoins, on ne pouvait pas faire pire démarrage, on redoute même la suite de l’œuvre.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

4.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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