Wandering Souls Vol.2 - Actualité manga

Wandering Souls Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 15 January 2021

Ayten, Zêd et Nonos (la meilleure chèvre du monde) poursuivent leur périple, à travers la forêt et ses alentours, à la recherche des os bleus qui permettraient à Zêd de devenir un Shagaï. Pour s'accaparer les précieux os, il doit toutefois se confronter à une cruelle réalité: devoir affronter et éliminer les créatures porteuses de ces fameux os. Mais chaque étape de cette quête semble devoir faire mûrir les deux jeunes héros, leur faire prendre conscience de nouvelles choses, pour mieux avancer, tandis que c'est aussi leur relation à tous les deux qui change. Dans ce monde où les humains et la nature se confrontent de façon toujours plus critique, quelle sera l'issue de leur quête aux allures initiatiques ?

Cette quête, elle se poursuit sans faillir jusqu'au bout pour Zêd, toujours aussi désireux d'accomplir son but de devenir un Shagaï... Enfin, "sans faillir", ou presque, car au fil du parcours du trio, bien des choses les attendent encore, quitte à les remuer parfois. Et c'est bien ce qui fait la richesse du récit de Zelihan, la jeune autrice ne ratant aucune occasion d'aborder un peu plus en profondeur ses personnages.

Ainsi la quête de Zêd et sa confrontation aux porteurs d'os bleus lui permettent-elles de se confronter à différentes choses. Sur les êtres qu'il affronte, tout d'abord. Zêd tire des leçons de ses actes, comme quand, face à deux créatures, il comprend qu'elles se contentaient, seules, de veiller l'une sur l'autre. Ou quand, après l'affrontement contre le poisson du lac, lui et Ayten s'interrogent sur une interrogation intéressante: vaut-il mieux souffrir seul(e), ou vivre sans souffrance mais dans une illusion ? Le poisson avait fait son choix... Mais c'est aussi sur lui-même que Zêd est poussé à l'introspection: il a le sentiment de n'arriver à rien, d'être terrifié face à ce qui l'attend, alors ne devrait-il pas abandonner ? C'est précisément dans ces moments doutes qu'à ses côtés, il y a Ayten, qui lui montre bien d'autres choses. Contrairement à lui, elle est libre et le montre: bien que bannie du village elle va de l'avant, va où bon lui semble, ne se laisse pas dicter sa conduite, n'abandonne jamais... Un exemple à suivre ? Pourtant, Ayten a ses propres souffrances, cette douleur d'avoir été rejetée par les siens à cause de sa différence, ce sentiment de n'avoir sa place nulle part, pas même dans la forêt où les gardiens, vu qu'elle est humaine, veulent la tuer.

Mais peut-être bien que Zêd et Ayten, tous deux, ressortiront plus forts grâce au lien qui se crée entre eux, à la volonté d'être plus sincères l'un envers l'autre (Zêd le montrera bien en faisant prendre conscience à Ayten de ce qui se cache réellement derrière sa faculté à entendre les dépouilles), au désir toujours plus sincère de se protéger l'un l'autre... Zêd devra réaliser qu'Ayten a beau agir comme une adulte, elle reste une enfant avec ce que cela implique, et qui'l ne doit en aucun cas trop se reposer sur elle pour mieux la soutenir. Quant à Ayten, sa peur du rejet à cause de sa différence passe par pas mal de choses, dont à la fin le besoin d'aller se réaffirmer auprès de sa tribu qui l'a rejetée. pas pour essayer de s'y réintégrer alors que personne ne l'aime, mais bien pour pouvoir ensuite essayer de trouver sa propre voie. Simplement trouver sa place, affirmer qui elle est, oser exister quand quasiment tout le monde la bafoue.

Zelihan aborde ainsi vraiment joliment ses personnages, y compris Nonos qui n'est pas oubliée. Et en filigranes, c'est également l'abord de la coexistence entre humains et nature qui reste présent, chose à laquelle l'autrice offre des pistes, des réflexions que ne renierait pas Princesse Mononoké, avec une absence d'idéalisation mais une volonté d'espoir, de prise de conscience. On a pourtant une dernière ligne droite assez dure, entre ces humains blessant et tuant ce qui est différent sans chercher à accepter ou à comprendre, et ces Shagaï et Gardiens voulant toujours éradiquer les humains sans chercher de nuances. Mais entre les deux, Zêd et Ayten font figure d'espoir et de voie à suivre.

La toute fin pourra éventuellement apparaître un peu trop ouverte aux yeux d'une part du lectorat, mais concrètement Zelihan conclut ce qui doit l'être, à savoir la quête initiatique et d'identité de ses héros, tout en laissant la voie ouverte à nos réflexions. L'autrice mène ce récit de très belle manière jusqu'au bout, a de quoi nous chambouler et nous émouvoir plus d'une fois... En somme, Wandering Souls est une belle petite réussite, d'une artiste que l'on espère vivement revoir.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction






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