Walking Cat Vol.1 - Actualité manga

Walking Cat Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 26 June 2020

Tout commence alors que le monde est déjà en proie à une menace qui prolifère: des zombies, s'attaquant sans relâche aux êtres vivants qu'ils croisent, humains comme animaux, pour les dévorer ou les contaminer à leur tour. Un homme, Jin Yahiro, erre là, en n'ayant aucune idée de comment cette vision d'apocalypse a pu commencer, mais en ayant un but clair: retrouver la trace de sa femme, Satoko. Pour cela, il pourra bientôt compter sur un précieux partenaire de voyage: Yuki, un... chat. Après avoir sauvé ce matou qui allait se faire choper par les zombies en coursant un rat, et reçu l'"approbation" des maîtres du félin, voici Yuki embarqué de lui-même dans le cas de Jin, pour qui il deviendra sans doute un compagnon essentiel...

Si les mangas et plus généralement les fictions de zombies sont légion, le discret (difficile de trouver des infos sur lui) mangaka Tomo Kitaoka propose avec Walking Cat (le nom veut tout dire), série en 3 tomes publiée en 2018-2019 dans le magazine Manga Action de Futabasha, sa propre idée de la chose en faisant d'un simple félin un élément essentiel.

Ici, on suit donc le périple de Jin pour retrouver la trace de son épouse dans un univers infesté de zombies, et... c'est tout. Sur le plan scénaristique en lui-même, l'auteur se contente ici vraiment du strict minimum, sans donner d'explications sur le pourquoi du comment de cette invasion zombie (de toute façon, comment notre héros, simple civil, pourrait-il lui-me^me savoir quoi que ce soit ?), et en se limitant à quelques étapes/rencontres assez classiques du genre: quand il ne s'agit pas d'échapper aux zombies, le jeune homme fait des rencontres plus ou moins amicales, entre un scientifique à même de lui donner une piste, ou une bande de gosses prêts à tout pour survivre, y compris à cuisiner tous types d'animaux... On devine quand même une menace de grande ampleur et un monde qui a sombré, quand bien même le danger ne se ressent pas toujours. Mais l'univers global peut sembler assez lisse, peut-être trop calme voire un brin soporifique sur certains chapitres (heureusement, les chapitres étant courts, ce sentiment ne dure jamais longtemps)... et il y a fort à parier que c'est un choix volontaire du mangaka, celui-ci se focalisant clairement sur tout autre chose.

Car le chat n'est pas là juste pour faire beau, et sera un véritable compagnon d'infortune pour Jin. Presque omniprésent dans les planches (que ce soit au premier plan ou en fond), il peut être tantôt câlin, tantôt plus "agressif" en filant des coups de patte à l'homme quand il n'a pas envie d'être papouillé, mais également plus d'une fois amusant quand il miaule avec en train ou de façon blasée ou qu'il se met à faire un peu n'importe quoi, par exemple course un papillon au second plan pendant qu'un moment sérieux a lieu au premier plan. Parfois sociable parfois indépendant, n'en faisant souvent un peu qu'à sa tête, se mettant parfois dans des situations délicate, Yuki est, en somme, un authentique chat tel qu'on les connaît, et on sent alors que Tomo Kitaoka aime son félin dans sa manière de le dépeindre !

Mais au-delà de ça, Yuki est surtout un compagnon essentiel. Pour Jin bien sûr, car il est un peu la présence lui évitant de perdre pied. Mais aussi pour le lecteur car, au bout d'un tome dont on a déjà dit qu'il est très classique scénaristiquement, le mangaka finit enfin par surprendre et nous prendre un peu au dépourvu dans les dernières pages, où l'on comprend alors que Yuki sera un véritable liant dans un scénario en plusieurs parties. Et dans la mesure où on a pu un minimum s'attacher au duo principal dans ce tome 1 en suivant leurs petites pérégrinations et leur relation, ce retournement de situation fonctionne plutôt bien.

Visuellement, ne vous attendez pas à du récit de zombies crade comme on en a l'habitude: il y a bien quelques instants un peu sanglants et malsains, mais dans l'ensemble le dessin de Kitaoka se veut surtout clair et propre, avec même une certaine domination du blanc. Classique, le découpage profite néanmoins d'une grande fluidité rendant la lecture très facile. Les décors réalistes sont bien présents quand il le faut tout en tendant parfois à l'épure, les zombies ont un design crédible même s'ils ne sont jamais au premier plan... et pour cause, car ce sont bien ses héros humains et félins que le dessinateur place avant tout au premier plan. Et dans ces designs là aussi, il s'en sort efficacement: Yuki est plus vrai que nature dans tous ses comportements, tandis que Jin et les autres humains ont droit à des designs assez réalistes, fin, finement tramés, avec parfois des expressions faciales du plus bel effet.

Périple d'un chat et d'humains dans un monde en proie au chaos, Walking Cat suit, dans ce premier tome, un déroulement classique, mais pimenté par l'irrésistible félin, et rendu un peu original par le ton qu'adopte le mangaka, le tout jusqu'à des dernières pages qui parviennent à faire leur effet. La série devrait aller en se bonifiant, et étant donné qu'elle est courte on la suivre avec plaisir.

L'édition française est soignée, typique de la collection Big Kana avec un format seinen au papier souple et à l'impression correcte. La traduction de Pascale Simon est simple et colle bien au récit, tandis que les choix de police sont convaincants.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14 20
Note de la rédaction






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