Vie au Zoo (une) Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 02 January 2018

Haruko, jeune femme dans ses premières années de vie active, a toujours adoré les animaux, et c'est ce qui l'a amenée à vouloir travailler au sein du zoo de Hidamari. Parvenue facilement à se faire embaucher en tant que soigneuse parce que le zoo manque de personnel, elle pourrait pourtant déchanter face aux problèmes qui font vite leur apparition : son étourderie et sa maladresse, qui lui ont déjà coûté cher par le passé, lui valent d'être rapidement prise en grippe par le nouveau directeur du zoo, fils de l'ancien directeur, affichant une froideur extrême et ne pensant qu'en termes financiers, sans forcément beaucoup se soucier du bien-être des animaux. De ce fait, la pauvre jeune femme se voit d'emblée confier le soin des animaux les plus récalcitrants du parc ! Mais la demoiselle a pour elle un don étonnant : elle peut déchiffrer les émotions des animaux à partir de leur odeur... ce qui, couplé à son amour des bêtes et à son désir de les rendre heureux, pourrait bien lui sauver la face plus d'une fois, en plus de chambouler le quotidien du morne zoo et de ses employés.


Parue en 2013-2014 au Japon sous le titre Kemono Michi, Une vie au zoo est la première série de la mangaka Saku Yamaura, et reste à ce jour son unique oeuvre. En prenant pour point de départ l'arrivée d'une jeune femme dans un zoo, le récit propose une incursion réussie dans l'univers de ce type de parcs animaliers, dans la mesure où l'artiste, à grand renfort d'une documentation en fin de tome, a souhaité croquer avec réalisme nombre d'éléments souvent méconnus sur les coulisses des zoos. On a bien sûr toutes les considérations financières, qui passent à travers le directeur (en quelque sorte l'"antagoniste" pour l'instant), mais Yamaura est loin de s'arrêter à ça, abordant entre autres certains détails caractérisant les animaux (par exemple, le besoin de couvrir d'huile la peau des hippopotames pour qu'elle ne se craquèle pas, cet animal ayant dans son habitat naturel une sécrétion de sébum rouge permettant d'assurer l'hydratation de son épiderme quand il n'est pas dans l'eau), et évoquant un certain nombre d'aléas et d'éléments sur le fonctionnement d'un zoo (par exemple, les prêts d'animaux pour la reproduction).


Sur le premier volume, l'autrice suit un schéma assez simple : globalement, chaque chapitre confronte Haruko à un animal "difficile" : un lion trop stressé, une girafe qui ignore son petit et ne l'allaite pas, un hippopotame... à cela, ce premier tome s'offre un petit "fil rouge" temporaire, puisque le directeur menace Haruko de licenciement si elle ne parvient pas à rendre plus docile l'éléphante du zoo, qui se montre agressive envers les visiteurs pour une raison que l'on sera amené à découvrir.


Il y a ainsi de nombreuses informations assez documentées à retirer de l'oeuvre, que ce soit sur les animaux eux-mêmes, ou sur la manière d'assurer leur bien-être. Le tout est proposé dans un récit plutôt plaisant, car tout en conservant pour l'instant une certaine linéarité, celui-ci parvient également à enrichir peu à peu les personnages humains, qui ne se limitent pas à Haruko et à l'antipathique directeur. On retiendra notamment le cas de Yuka, une autre soigneuse fortement impliquée dans le cas de l'hippopotame dont elle veut prendre soin (au risque de s'égarer un peu), ou celui de l'ancien directeur du zoo. On attend un peu plus de certains autres visages pour l'instant simplement présentés, comme Aoi (la petite soeur du directeur), ou le nouveau venu des dernières pages qui risque d'apporter beaucoup de remue-ménage dans le prochain volume. Mais c'est aussi Haruko elle-même qui est plaisante à suivre, car elle bénéficie d'un certain travail. On cerne assez vite une jeune femme qui, à cause de son étourderie, doute d'elle-même et a peur de ne trouver sa place nulle part... Malgré les menaces du directeur ? Pourra-t-elle alors se forger au sein du zoo, et apporter aux animaux tout le bien-être qu'elle souhaite ? La jeune femme sait se faire attachante grâce à son côté très volontaire et à certaines prises de risques originales. Si bien que son talent lié aux odeurs est presque secondaire par rapport à l'attention qu'elle veut porter aux animaux sous tous les aspects : les soigner bien sûr, mais aussi chercher à comprendre ce qu'ils peuvent ressentir (car ce sont des êtres vivants comme les humains, avec leurs émotions), et veiller à sensibiliser les visiteurs (les enfants en tête).


Visuellement, Saku Yamaura offre un rendu qui se veut réaliste concernant les animaux, mais aussi au niveau des décors du zoo qui s'avèrent bien immersifs (là aussi, on devine une assez importante documentation). Le trait des personnages, lui, s'avère assez adulte, fin et un peu épuré. Notons que la série, bien que publiée par l'éditeur jeunesse nobi nobi !, est parue au Japon dans le magazine Be Love, un magazine plutôt dédié aux jeunes femmes. Le choix de publier la série dans un catalogue jeunesse est loin d'être bête, car malgré son côté assez adulte et réaliste, l'univers du zoo est évidemment quelque chose de très plaisant pour les jeunes lecteurs, et la série pourrait leur enseigner pas mal de choses tout en restant divertissante. Ainsi, on a une oeuvre plutôt tout public.


L'édition offerte par nobi nobi ! est très plaisante, dès la jaquette qui bénéficie d'un joli vernis sélectif et d'un beau logo titre. A l'intérieur le papier allie souplesse et épaisseur, l'impression est très bonne, et Aurélien Estager livre une traduction soignée, y compris au niveau des termes un peu plus techniques.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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