Underwater - Le village immergé Vol.2 - Actualité manga

Underwater - Le village immergé Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 03 Juin 2016

Critique 1


En pleine période de sécheresse, suite à un malaise, Chinami s'est retrouvée plongée dans un rêve plus vrai que nature, celui d'un village hors du temps où l'eau abonde et où elle fait la connaissance de ceux qui semblent être les seuls habitants de ce lieu abandonné : le jeune Sumio et son grand-père. La jeune fille sympathise très vite avec l'énergique garçon. Et, au gré de ses allers-retours dans cet endroit mystérieux, elle apprend à apprécier en profondeur ce village calme, paisible, nourri d'une beauté naturelle façonnée par l'eau, par des lieux captivants comme le pont ou la cascade, et par les légendes comme celle du dragon protecteur Ryûjin. Le tout, pendant que la réalité du présent d'où elle continue de subir la terrible catastrophe climatique qu'est la sécheresse...

Ainsi se présentait essentiellement le premier volume, fascinant et immersif, du diptyque Underwater, qui trouve sa conclusion avec ce deuxième volet. Ici, Chinami continue son immersion dans l'univers captivant de beauté du village, contrastant avec son monde réel contemporain, que ce soit par son aspect hors du temps, l'omniprésence d'une eau devenue plus rare chez elle, et la magnificence à la fois forte et calme de la nature environnante. Pourtant, très vite, la jeune fille est amenée à s'interroger au sujet de ce lieu si beau qu'il semble ne pas pouvoir exister de nos jours. Car elle le constate elle-même, ce lieu semble avoir un lien étroit avec le passé de sa propre famille. Ses proches, eux aussi, finissent par connaître la même étrange hallucination et se retrouvent plongés dans ce village... Quel en est le secret ? Quel est le lien exact de la famille de Chinami avec celui-ci ? Qui est exactement Sumio ? Quel est le rôle de Ryûjin dans tout cela ?

Autant de questions dont on devine assez aisément les réponses, mais nous n'en dirons pas plus sur l'issue de tout cela, et soulignerons simplement que les vérités sur ces interrogations sont loin d'être ce qui est le plus important dans Underwater : elles sont, avant tout, un moyen pour Yuki Urushibara de tisser sa toile autour de tout ce qu'elle nous invite à suivre : ces oppositions entre rêve et réalité, passée et présente, eau abondante et sécheresse, nature perdue et monde contemporain, réalité et intrigues fantastiques amenées par les croyances envers Ryûjin... La magie de tous ces éléments, c'est que plus que les opposer et les confronter, Urushibara finit par les unir au fil d'une intrigue cohérente où toutes ces facettes se mêlent à merveille, en accentuant constamment une ambiance où la mélancolie prend peu à peu le dessus sur l'onirisme. Le résultat qui en ressort permet de sublimer ce qui est aussi (et, peut-être, avant tout) une chronique familiale naturellement poignante dans son final, et rappelant de ne jamais oublier là d'où nous venons, nos origines, nos racines, même si celles-ci sont vouées à disparaître.

Aérien, vaporeux, nourri d'un design fin et expressif sans en faire trop et de décors captivants, le coup de crayon d'Urushibara reste une merveille. Certaines planches laissent admiratifs par leur justesse, notamment les deux doubles-pages vers la fin centrée sur le lac et le village, traduisant tout naturellement toute l'histoire du lieu.

Fusionnant à merveille ses nombreux aspects, Underwater est autant une invitation immersive dans un monde paisible et hors du temps qu'une fable aux élans surnaturels et traditionnels, une puissante chronique familiale à travers les générations, ou une ode à la paisible, mais puissante nature et à nos origines. Chacun peut y dénicher ce qu'il préfère, c'est aussi la magie de ce récit qu'il sera sans doute passionnant de relire, ne serait-ce que pour nous laisser immerger une nouvelle fois.

Restant aussi hautement qualitative que pour le premier tome, l'édition de ce second volume se referme en plus sur une superbe petite galerie d'illustrations en couleur, la plus parfaite des manières pour refermer avec satisfaction cette oeuvre unique.


Critique 2


Chinami est de retour dans son monde / sa réalité, mais plus que tout elle souhaite retourner voir Sumio dans son propre monde. Alors que la sécheresse est de plus en plus présente, elle apprécie la verdure et le côté apaisé du monde de Sumio. Mais rapidement elle va comprendre que sa famille est liée à ce village mystérieux, sa mère et sa grand-mère vont elles aussi faire l'expérience de ce voyage entre deux mondes…

On retrouve sans peine, dès les premières pages, l'ambiance onirique et poétique du premier opus, mais le ton change quelque peu, il se veut encore plus mélancolique, plus dramatique. Et pourtant dans le volume précédent on évoquait la mort de Sumio par noyade, mais le rêve l'emportait sur tout le reste. Ici ce sont les larmes qui l'emporteront sur le reste malgré une conclusion optimiste !
Chinami va encore faire des aller-retour entre les deux mondes, mais cette fois elle partagera un de ses voyages avec sa famille, sa mère et sa grand-mère, et même d'autres encore : tous les anciens habitants du village vont s'y rassembler une ultime fois, pour la plus grande joie de Sumio qui va retrouver tout le monde, notamment sa mère.
Ces voyages dans le temps sont sans cesse mis en parallèle avec le climat qui joue des tours… La sécheresse devenant de plus en plus importante, le barrage noyant le village se vide peu à peu, laissant apparaître les vestiges du passé. C'est cela qui aura pour effet de rappeler tout le monde dans l'univers de Sumio, le village étant « accessible » dans les deux univers, créant ainsi un pont reliant les deux mondes.

Si le côté fantastique est indéniable, à aucun moment le lecteur n'est tenté de se dire qu'il est dans un récit surréaliste, l'aspect poétique l'emportant sur tout le reste. Rapidement on comprend que le village de Sumio est « l'autre côté », et l'auteur nous le dépeint avec beaucoup de manière positive, le présentant comme un monde apaisant et heureux.
Ainsi on comprend l'importance du Dieu Dragon et des vœux qui lui ont été demandés, et on pourrait presque se demander si ce n'est pas ce même Dieu Dragon qui est à l'origine de la sécheresse faisant ressurgir le village inondé, permettant aux anciens villageois d'y retourner une dernière fois afin de faire leurs adieux et de compléter leurs deuils. Mais une fois que les eaux reprennent le dessus, elles le font dans les deux mondes, et celui de Sumio est sur le point de disparaître, de ne plus être accessible aux mortels...une issue inéluctable et dramatique qui suppose un renoncement de la part de Chinami, mais également de la part de Tatsumi, le père de Sumio qui refusait de laisser son fils seul…

C'est donc un merveilleux récit sur la famille que nous livre l'auteur, avant d'être une histoire fantastique, c'est avant tout une tragédie familiale, et c'est la petite fille qui détient les clés de la résolution de ce drame, celle qui n'a pas connu le village, celle qui n'a pas connu Sumio de son vivant, celle qui n'a pas connu tous les malheurs qui se sont abattus sur le village disparu, c'est la jeune fille innocente qui par sa fraîcheur et sa tendresse va permettre aux siens de gommer peu à peu leurs blessures, leurs maux de l'âme qu'ils traînent depuis des années.

Alors qu'il aurait été facile pour l'auteur de tomber dans le pathos, le larmoyant, d'en faire des tonnes afin de tirer artificiellement les larmes des lecteurs, elle fait couler son récit tout en douceur, avec délicatesse et réussit à rendre ceci d'autant plus touchant et émouvant.

En seulement deux tomes, Yuki Urushibara nous conte une merveilleuse histoire pleine d'émotion, où le rêve fusionne avec le réel, et ce second opus se montre encore plus marquant que le premier… Avec le premier volume Chinami entrait dans un rêve poétique, avec ce second il lui faut rejoindre la réalité tout en pansant les blessures de ses proches et en ramenant un être qui accorde plus d'importance au passé qu'au présent, plus d'importance aux disparus qu'aux vivants...une histoire poignante qui se termine d'une remarquable manière, toujours dans la délicatesse et toujours en évitant la facilité de tomber dans les excès larmoyants !
Une conclusion magnifique pour un récit qui l'est tout autant ! 


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Erkael

18 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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