Tokyo Therapy Vol.2 - Actualité manga

Tokyo Therapy Vol.2

Rédaction

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 25 Octobre 2016

Après un premier volume assez décevant à cause de son sujet mal exploité, Tokyo Therapy revient pour un deuxième et dernier volume au fil duquel la psychologue clinicienne Miwa Shinjo devra s'intéresse à de nouveaux cas au fil de trois récits distincts.
Il y a d'abord la suite et fin de l'affaire liée à cet homme souffrant d'hallucinations et ayant vu resurgir devant lui la facette la moins glorieuse de son passé, une participation à un viol collectif il y a longtemps. Entre les origines de ces hallucinations, sa peur d'avouer ce passé dont il a si honte à sa compagne, et sa volonté de faire rédemption de cet acte qu'il regrette afin de retrouver une vie normale, quelle sera l'issue pour lui ?
L'affaire suivante voit Shinjo devoir s'intéresser au cas d'une femme ayant fait un malaise juste après avoir été jurée d'assises, et qui depuis continue de souffrir. Son état d'angoisse est-il bel et bien dû à son rôle de jurée, ou trouve-t-il une raison plus profondément enfouie dans son passé ?
Enfin, la dernière affaire, liée à un grave accident de la route, poussera Shinjo à s'occuper parallèlement à plusieurs cas d'urgence chez les accidentés.

On ne reviendra pas trop sur les dessins, déjà évoqués dans la chronique du tome 1 et restant ici sensiblement identiques, avec ce que ça implique de défauts et de qualités. Ni sur certaines issues qu'on devine facilement (celle de la prmeière histoire en tête), sur les quelques facilités (la fille de Miwa qui tombe comme par hasard sur Misako aux toilettes, par exemple) et sur situations étranges pour une psy (la fille qui débarque à l'improviste dans le bureau...) qui pourraient à nouveau faire un peu bondir certains lecteurs. Le 2ème tome conserve les mêmes tares que le premier... mais elles s'avèrent plus effacées, moins évidentes, ce qui permet surtout de mieux profiter d'histoires qui, elles, s'avèrent globalement mieux campées, car, en plus de proposer un certain sens du rythme, s'ancrent de façon un peu plus riche dans le sujet phare de la série.

Ainsi, les récits s'avèrent ici plus propices à une mise en avant de divers troubles : le syndrome de Horner, la schizophrénie, le syndrome de Münchhausen, la résistance du surmoi, les TSPT... mais les auteurs ont le mérite de ne pas s'arrêter à ces simples éléments et de broder autour quelques éléments plus profonds. On pense par exemple au stress que peut représenter le fait de vivre en dissimulant un secret à un proche, aux conséquences de la prise de réserpine, à la présence des troubles de stress post-traumatique parmi les jurés d'assises, au fardeau psychologique des criminels (voir à quel point un crime peut détruire la vie des victimes, mais aussi de leur entourage), aux conséquences psychologiques d'un grave accident...

Les différents cas s'avèrent assez variés et témoignent plutôt bien de ce qui peut faire le travail de psychologue : la difficulté d'imaginer et comprendre la souffrance des gens, la délicatesse de trouver la bonne distance avec ses patients, la non-évidence d'un métier où les réponses se trouvent souvent dans les non-dits, le besoin de déterminer les bonnes thérapies, le rôle exact de la psychothérapie... Au bout de la lecture, l'aspect un peu choral du dernier récit achève de façon astucieuse cette courte série en démontrant que chacun peut avoir son fardeau et peut un jour avoir besoin d'un psychologue.

On saluera l'édition de Komikku pour les différentes notes de traduction au fil des pages, qui viennent parfois expliquer de façon concise certains termes spécifiques. Malgré tout, on aurait aimé des explications un peu plus poussées sur certaines choses (les syndromes évoqués, par exemple), par exemple via des pages bonus de la part des auteurs (ça, Komikku n'y peut rien).

Au bout du compte, ce 2ème et dernier tome, malgré des limites et défauts encore bien présents, s'avère bien plus plaisant à suivre et plus riche que son prédécesseur, faisant de Tokyo Therapy une courte oeuvre loin d'être dépourvue d'intérêt.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai
12 20
Note de la rédaction