Tokoharu - L'éternel printemps - Actualité manga

Tokoharu - L'éternel printemps

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 18 August 2022

En juin 2020, l'éditeur X Hot Manga nous proposait de découvrir pour la première fois en France un auteur 'étant bâti une assez solide réputation dans le registre du hentai, à savoir Takuto Shiki avec l'oeuvre Yurisis - Chronique NTR des sœurs Sakuramiya, une histoire qui parvenait à trouver un bon équilibre entre une immoralité allant toujours plus loin et un style visuel élégant mais ne s'interdisant pourtant pas d'être assez sale. Récemment, le mangaka a fait son retour chez l'éditeur avec l'ouvrage Harem entre copines que l'on chroniquera prochainement, mais entre ces deux titre une autre oeuvre de l'auteur est aussi arrivée en France en juillet 2021: Tokoharu - L'éternel printemps.

De son nom original Tokoharu no Shoujo-tachi (littéralement "les Filles de l'Eternel Printemps), cette oeuvre date d'avant Yurisis et Harem entre copines, et fut le deuxième livre de la carrière de Takuto Shiki en étant sorti dans son pays d'origine en 2014. Au programme de ce volume d'environ 200 pages, deux histoires dont la première, qui donne son nom au recueil, et la plus longue en occupant un prologue, quatre chapitres et un épilogue pour un total d'environ 155-160 pages.

Initialement prépubliée dans le magazine Comic Mujin de l'éditeur Ti-net, Tokoharu nous plonge dans un monde similaire au nôtre, à ceci près que le gouvernement japonais y a légalisé la prostitution uniquement dans des zones spécifiques, et en suivant un peu le même modèle que pour les quartiers chauds qui existaient dans le japon de l'époque Edo. C'est ainsi que d'élégantes courtisanes, jour après jour, y vendent leurs corps aux hommes avides de profiter de leurs charmes, et Tokoharu est un des lieux les plus réputés pour ça. C'est sur cette île aux allures paradisiaques, aux décors envoûtants inspirés du Japon d'autrefois, que Hasebe, un jeune homme endetté, a été envoyé pour recouvrer ses dettes en bossant en tant qu'homme de ménage dans la plus prestigieuses maison close des lieux. Evidement, les règles sur place sont strictes: ne jamais désobéir au maître de maison, ne jamais tenter de s'enfuir du bâtiment, et ne jamais toucher aux filles, des beautés triées sur le volet, ce dernier point ne devant normalement pas poser de problèmes au nouveau venu qui n'a jamais été porté sur la chose et est plus gêné qu'autre chose en entrevoyant les occupations de ces femmes avec leurs client, des occupations pouvant être très variées puisque les prostituées se doivent de satisfaire toutes les demandes. Mais quand, après une bévue, Hasebe est pris à parti par Aiha, la plus réputée des prostituées, c'est le début d'une relation charnelle où chacune des femmes aura à coeur de profiter de ce jeune homme sans grande expérience, un peu naïf et pourtant si bien membré.

Avec ce début où un candide jeune homme se retrouve parmi une salve de beautés voulant profiter de lui, Tokoharu se dessine comme un lieu qui a effectivement quelque chose d'assez printanier et paradisiaque. Mais il ne s'agit que du début puisque, évidemment, Takuto Shiki cherchera à explorer d'autres aspects du lieu de prostitution qu'il a imaginé. On assistera donc notamment à un banquet réunissant de nombreux hommes riches en vue de profiter des femmes en groupe et, surtout, de jauger la somme à dépenser pour obtenir la vertu d'une jeune fille qui vient tout juste de finir sa formation. Puis l'on découvrira surtout les faces les plus noires de ce lieu de plaisirs via l'abord de la novice en question, Yukigiri, jeune fille tâchant d'endurer sa situation en se raccrochant à son amour pour son ami d'enfance, qui n'est autre que le fis du directeur. Le jeune homme se montre pourtant très dur envers elle, mais ne serait-ce pas pour essayer d'oublier lui-même l'amour impossible qu'il ressent pour elle , Aussi, quand tous deux en arrivent à fauter ensemble, la sanction ne peut qu'être brutale dans cet endroit aux règles si strictes...

Honnêtement, au bout de la lecture de ses un peu moins de 160 pages, il y a le sentiment que Tokoharu aurait pu aller plus loin dans l'exploration de son petit univers, en particulier parce que les recoins explorés sont finalement assez limités et qu'à part Aiha et Yukigiri les autres filles sont sous-exploitées. Néanmoins, Takuto Shiki fait tout de même du très bon travail en alternant franchement les ambiances (en gros, plus ça avance, plus on passe d'ébats assez complices et envoûtants à des choses plus rentre-dedans, jusqu'au sexe forcé "punitif" et en groupe de la dernière ligne droite), en proposant une vraie fin où chacun des quatre personnages principaux fait ses choix (fuir Tokoharu ou y rester pour des raisons qui leur sont propres, signifiant toutes l'ambivalence du lieu), et évidemment en nous laissant profiter au mieux de son travail visuel, où les décors "traditionnels" et l'élégante beauté des personnages féminins contraste avec les moments de sexe capables d'être assez bruts jusque dans leur mise en scène (ça dégouline pas mal, il y a beaucoup de gros plans, et on trouve quelques vues en rayons X).

Venant compléter l'ouvrage, "Fantasmes étudiants" est une histoire courte d'environ 140 pages où l'on suit tout simplement les fantasmes très débordant d'une jeune fille capable autant de s'imaginer en train de servir de "matériel d'apprentissage" en cours d'éducation sexuelle qu'en train de se faire prendre à parti par des membres de son club, avec tout ce que lesdits fantasmes impliquent de masturbations de la part de la belle. mais quand son petit frère vient la visiter en pleine nuit, où se trouvera la frontière entre fantasme et réalité ? L'auteur jongle ici assez bien entre un certain humour autour de l'imaginaire débordante de la jeune fille et une petite pointe immorale, pour un résultat plutôt convaincant. Et cela, même si l'on sent bien qu'il s'agit d'une oeuvre de jeunesse, de l'une des toutes premières histoires professionnelles du mangaka, son style visuel étant un peu plus grossier.

En somme, pour qui aime le style à la fois élégant et riche et pourtant parfois brutal et dégoulinant de l'auteur, ainsi que sa faculté à changer d'ambiance, Tokoharu a quasiment tout ce qu'il faut pour plaire. Et en plus, l'édition française est à la hauteur avec une bonne qualité de papier et d'impression, un lettrage très propre d'Anaïs Fourny, une traduction soignée de Jean-Baptiste Bondis qui s'adapte bien aux différentes ambiances dans la façon de parler des personnages, et la présence de quatre premières pages en couleurs sur papier glacé.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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