The World is still Beautiful Vol.9

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 23 October 2019

Après quasiment deux ans et demi d'attente, les éditions Delcourt/Tonkam nous faisaient la bonne surprise, en août dernier, de publier un nouveau tome de The world is still beautiful... mais malheureusement, cette joie fut assez vite refroidie, pour plusieurs raisons, à commencer par un changement de logo sur le dos du volume, rendant dès lors la collection dépareillée en bibliothèque. C'est loin d'être aussi embêtant que les changements de format soudains que l'éditeur avait faits en 2016 au beau milieu de plusieurs séries (le tout sans prévenir, dans les premières semaines), mais ça fait quand même tâche. Surtout quand, à côté, des éditeurs comme Ki-oon ou plus récemment Akata tâchent de garder leur ancienne charte graphique sur leurs plus anciennes séries en cours de parution afin de ne pas dépareiller les séries, par respect pour les lectrices et lecteurs. Un autre problème provient d'un changement de traductrice avec ce volume, Julia Brun cédant sa place à Madoka Midori du studio Charon, pour un résultat moins convaincant: quelques fautes d'inattention par-ci, plusieurs phrases pas fluides voire pas françaises (on en comprend le sens, mais grammaticalement elles sont fausses) par-là, sans oublier une ponctuation régulièrement trop absente... Enfin, il y a de quoi s'inquiéter de plus belle en n'ayant, en cette fin octobre, toujours aucune nouvelle de la suite de la publication: soyons clairs, si c'est pour sortir un tome de la série tous les deux ans et demi, ça n'a aucun sens, encore plus pour une série toujours en cours au Japon avec actuellement 23 tomes. Quand les éditions Kana maintiennent un rythme de parution très stable et régulier sur la plupart de leurs flops (Hayate, Zettai Karen Children, Ushijima, etc) pour garder au moins leur petite niche de lectorat, ou que Glénat et même Panini font le choix des tomes doubles voire triples sur des titres comme Dream Team, Kurogane no Linebarrels ou Shigurui pour pouvoir les boucler sans trop de perte, Delcourt/Tonkam semble toujours à la ramasse dans son système. Résultat: pour tous ces différents problèmes, il n'est pas exagéré de dire qu'on a comme un goût d'irrespect et de foutage de gueule dans la bouche.

Pourtant, malgré toutes ces errances éditoriales, replonger dans The world is still beautiful n'a peut-être jamais été aussi stimulant, Dai Shiina lançant ici un nouvel arc très prometteur, d'abord marqué par la rencontre de Niki avec une superbe jeune fille aux cheveux argentés se faisant appeler Sulan, et avec qui elle sympathise très vite, grâce à ses habituelles qualités relationnelles. Plutôt réservée, cette nouvelle venue est vouée à s'ouvrir un peu plus au contact de notre héroïne: entre apprentissage du chant, sauvetage de son petit chien ou simples moments positifs passés ensemble, Niki brille, et Sulan a tout le loisir de découvrir en cette héroïne une fille bien... alors même, on le devine très vite, que Sulan est présente ici dans un but bien précis, aux côtés du dénommé Nero et d'autres personnages inquiétants. A l'approche de la très attendue cérémonie d'anniversaire de Livius, quel complot se trame en coulisses ?

La réponse à cette question se précise tout au long de la deuxième moitié du tome, en ne manquant pas d'accentuer la tension sur plusieurs points: l'amitié qui risque de se briser entre Niki et Sulan dont les desseins sont totalement incompatibles, le sort réservé à Violetta, la découverte plus précise de la société secrète Kalaos visant à renverser l'empereur, la présence de traîtres jusqu'au sein de la noblesse... et, peut-être plus encore, le comportement adopté par Livi dès lors qu'il entrevoit le sort qu'on veut lui réserver. Un comportement déstabilisant même sa plus précieuse compagne qu'est Niki, tant le jeune garçon laisse soudainement entrevoir ses plus sombres facettes, ses tourments intérieurs, les plus dures faces de son passé et de ce qu'il a dû faire pour être sur le trône... On savait déjà Livius marqué par une part sombre, et ça n'a jamais autant été le cas que dans ce tome commençant mieux à évoquer son passé. Alors Niki, face à ça, saura-t-elle trouver le bon comportement, faire la part des choses . Bien que tourmentée elle aussi, notre héroïne continue de beaucoup séduire dans ses décisions.

Résultat: un tome attachant et prenant, enrichissant un peu plus l'intrigue, et proposant une belle montée de tension jusqu'à un gros climax final. Il n'y a plus qu'à prendre son mal en patience, jusqu'à peut-être avoir des nouvelles de la suite de la série... dans deux ans et demi ?
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction






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