The Quintessential Quintuplets Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 05 Febuary 2020

Elle aura mis du temps à arriver en langue française, mais la voici enfin ! Alors qu'elle va s'achever ce mois-ci au Japon en prépublication et qu'elle devrait compter un total de 14 volumes, la série 5-toubun no Hanayome de Negi Haruba effectue une entrée en fanfare dans le catalogue de Pika Edition, avec la parution simultanée de ses deux premiers tomes sous son titre international The Quintessential Quintuplets. Popularisée durant le premier trimestre 2019 par sa première saison animée diffusée en France sur Crunchyroll, et en attendant sa 2e saison qui était initialement prévue pour cet hiver avant d'être repoussée, l'oeuvre peut se targuer d'avoir régulièrement tristé le top des ventes manga japonais, faisant jeu égal voire dépassant certains shônen d'action/aventure populaires comme My Hero Academia ou L'Attaque des Titans, ce qui est plutôt un bel exploit pour une comédie romantique.

Fûtarô Uesugi est un lycéen qui n'a guère d'amis: solitaire, radin sur la nourriture de la cantine car il lui faut faire des économies sur tout, mangeant toujours seul et ne pensant qu'à étudier, il mène une adolescence bien éloignée des beaux principes de la jeunesse... du moins, jusqu'à ce que sa petite soeur Raiha l'appelle: un homme riche s'est installé dans le quartier et, ayant eu vent des notes toujours parfaites du jeune garçon, souhaite en faire le professeur particulier de sa fille, qui vient d'intégrer son lycée... le tout en échange de fortes sommes d'argent, cela va de soi ! Pour Fûtarô, impossible de refuser: cet argent lui permettrait de combler les dettes de sa famille, ces dettes qui le poussent à toujours radiner sur tout. Mais il y a comme un petit problème: Itsuki Nakano, la fille en question, l'a pris en grippe dès son arrivé au lycée suite à une petite rixe. Mais, plus surprenant encore, Fûtarô ne tarde pas à découvrir que son nouvel employeur n'a pas qu'une seule fille... mais 5 ! Des quintuplées, jumelles, toutes aussi jolies que cancres et bourrées de caractère. Pour accomplir son petit boulot, l'adolescent devra commencer par réussir à s'attirer la sympathie de ces filles, une tâche loin d'être aisée. Mais ce qu'il ne sait pas encore, c'est que ça rencontre avec ces 5 demoiselles bouleversera toute sa vie en profondeur...

Un lycéen fauché et hyper sérieux devant devenir le professeur particulier de charmantes camarades de classe: assez basique vu comme ça, le pitch de basse peut volontiers rappeler un autre manga lancé lui aussi en 2017 au Japon mais chez un autre éditeur, à savoir la pétillante et pleine de charme comédie We Never Learn. Mais dès le premier volume, on comprend bien que la comparaison s'arrête là, et que les deux séries sont vouées à suivre des voies bien différentes, car là où le manga de Taishi Tsutsui joue beaucoup sur l'humour rafraichissant et sur des héroïnes adorables, celui de Negi Haruba, lui, est voué à développer bien d'autres choses.

Tout commence néanmoins de façon assez classique, mais déjà efficace, dans la mesure où le premier objectif de Fûtarô est de parvenir à convaincre les 5 soeurs de suivre ses cours, un tâche loin d'être aisée dans certains cas puisque certaines l'ont déjà pris en grippe ! Dans une écriture assez habile où se mêlent l'humour (mention spéciale aux quelques petites paroles vaches que Fûtarô se prend) et les premiers petits développements, l'un des premiers enjeux est de parvenir à installer comme il se doit chacune des 5 demoiselles, chose qui est avant tout très bien faite pendant le premier chapitre, qui offre un bon premier aperçu de chacune avant que la suite ne commence à les développer un petit peu plus. Et ici, l'un des talents de Haruba est de bel et bien parvenir à différencier d'emblée chacune d'entre elles. Physiquement, bien sûr, chacune étant certes jumelle et se ressemblant donc comme deux gouttes d'eau, mais ayant son propre look (sur lequel l'auteur joue déjà parfois pour les confondre et faire tourner Fûtarô en bourrique) et ses propres expressions. Mais aussi au niveau de la personnalité, où l'on a l'occasion d'entrevoir les premiers traits de caractère de chacune. De l'aînée à la plus jeune, on entrevoit pour l'instant en Ichika une fille assez mûre mais un brin taquine et très désordonnée (il suffit de voir l'état de sa chambre), en Nino une "peste" certes très sociable et aimant la mode et les apparences mais étant peut-être celle qui cherche le plus à dégager Fûtarô de la maison des Nakano, en Miku une "reine de glace" à l'apparence froide et peu expressive, en Yotsuba une fille un peu ingénue, toujours gentille, dynamique et joviale et qui est la seule à accepter notre héros d'emblée, et en Itsuki une adolescente ayant un certain tempérament assez buté. Au-delà de quelques petites notes finalement discrètes de fan-service, l'intérêt repose bel et bien sur les premières interactions assez enlevée que Fûtarô a avec ces filles, et sur les premières découvertes qu'il fait les concernant. La plus en vue dans ce premier volume est sans nul doute Miku, qui cache derrière son allure froide bien d'autres choses: une passion pour les guerriers de l'époque Sengoku qu'elle n'ose avouer à personne et qui lui fait se sentir bizarre par rapport aux autres filles de son âge, et un manque de confiance en elle se traduisant par une certaine timidité... En entrant dans sa passion liée à l'Histoire, notre héros saura-t-il commencer à percer sa coquille et à lui donner un petit peu plus de confiance ? Yotsuba, elle, est un peu le rayon de soleil de ce début de série: quasiment toujours souriante, pleine de peps, toujours prête à aider les autres, étant celle qui accepte la première Fûtarô. Quant à Ichika, elle intrigue surtout dans ce quo'n entrevoit brièvement d'elle en toute fin de tome. Et les deux cas les plus problématiques semblent donc surtout être Itsuki et Nino. Et si la première montre aussi ses bons côtés en comprenant la situations familiale de Fûtarô, la deuxième, derrière son sale caractère et ses petites manigances pour virer notre héros, semble surtout être très attachée à sa simple vie quotidienne avec ses soeurs.

La palette de visages se met donc très bien en place, on distingue et retient aisément chaque personnage, celles et ceux ayant vu la saison 1 de l'anime savent déjà qu'il y aura de bons développements peaufinant correctement ces demoiselles mais aussi Fütarô lui-même qui évoluera beaucoup, et dans ce flot de personnalités bien différentes il ne fait aucun doute que chacun aura sa préférence (pour ma part, aucune hésitation: même si, comme beaucoup de monde, j'aime bien Miku aussi, vive Yotsuba !).

Néanmoins, au-delà de toutes ces qualités faisant déjà de The Quintessential Quintuplets un très bon représentant de son genre, l'idée qui change tout et qui a tant su titiller les fans tout au long de la série se présente dès les toutes premières pages du manga: une scène de mariage, présentant un Fûtarô heureux et épanoui, sur le point d'épouser l'une des 5 soeurs... mais laquelle ? Alors que l'on connaît donc d'emblée la conclusion de la série dans ses grandes lignes, toute l'interrogation est de découvrir qui est l'élue du coeur de notre héros. Une question qui, mien de rien, s'avère hautement stimulante, et que Negi Haruba évoque vraiment bien à quelques brèves reprises pour l'instant, y compris en nous montrant certaines pensées de Fûtarô à ce sujet.

"A ce moment-là, je ne savais pas encore combien il serait difficile d'apprivoiser chacune d'entre elles. Ni que j'allais apprendre autant qu'elles. Ni que je suis un sombre crétin !"

Servie par un trait assez classique du genre mais précis et bien pensé dans les designs et dans la mise en scène, la comédie romantique phare de ces 2 dernières années s'offre donc, comme espéré, un très bon début en langue française. On l'aura attendue un peu trop longtemps en France puisqu'elle arrive dans notre langue au moment où elle s'achève au Japon et que l'on n'aura la conclusion vraisemblablement que dans deux ans dans notre pays, mais la très populaire série de Haruba est enfin là et ne déçoit aucunement dans sa mise en place efficace, en ayant normalement tout pour conquérir les fans du genre.

Cette chronique ayant été faite à partir d'une épreuve presse non corrigée fournie par l'éditeur, pas d'avis sur l'édition !
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Note de la rédaction






MN Actus
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