The Isolator Vol.1 - Actualité manga

The Isolator Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 30 September 2019

Chronique 2

On connait bien l'auteur Reki Kawahara pour son écriture de la saga Sword Art Online, mais ses autres récits demeurent plus anecdotiques chez nous. Outre Accel World que nous avons connu par ses adaptations animée et manga (mais jamais l’œuvre initiale), il écrit depuis 2014 le light-novel Zettainaru Kodokusha, roman illustré par l'artiste Shimeji.
Fidèle aux adaptations de l'auteur, Ototo nous propose sa version manga, chez nous sous le titre plus international The Isolator. Lancé en 2015 dans le Dengeki Daioh de l'éditeur ASCII Mediaworks, cette mouture manga est dessinée par Naoki Koshimizu dont il s'agissait, à l'époque, de la première œuvre professionnelle. Depuis, le mangaka a enchainé avec une adaptation manga en deux tomes de Boogiepop wa Warawanai. Le manga The Isolator, lui, s'est achevé au Japon début 2018, après seulement quatre volumes, ce qui n'est pas un bon présage d'une manière générale.

Lycéen, Minoru Utsugi désire plus que tout être isolé et invisible aux yeux des autres, depuis la perte de sa famille et une mauvaise expérience connue à l'école. Pourtant, un événement encore moins banal a marqué sa vie : frappé par une mystérieuse orbe noire, il possède désormais un pouvoir étrange, celui de se créer une solide carapace invisible.
Malgré ça, Minoru vit un quotidien ordinaire, sans aucun rapport amicaux. Sa routine est marquée par des footing journaliers, ce qui intéresse particulièrement une de ses camarades de lycée : Tomomi Minowa. Mais très rapidement, la vie paisible du héros va prendre une tournure différente, et il apprendra qu'il n'est pas le seul à avoir obtenu un étrange pouvoir...

Développer un manga d'action à pouvoirs n'est pas chose aisée, tant le genre a été largement essoré. Dans cette adaptation du light-novel finalement peu connu de Reki Kawahara, c'est une alchimie entre affrontements entre détenteurs de capacités hors du commun et tranche de vie lycéenne qui nous est proposé, là aussi rien de bien nouveau sous le soleil... à première vue.

La petite force de ce premier opus est sa manière de susciter une certaine curiosité du lecteur. Le début prend son temps pour instaurer le cadre et le protagoniste, tout en laissant tous l'aspect pouvoir assez évasif. Ce qui est généralement traité dans le chapitre pilote, The Isolator le développe sur l'entièreté du premier opus, et il faudra attendre les dernières pages pour savoir un peu plus précisément où Reki Kawahara veut en venir avec ce scénario. Néanmoins, avec un amas de terme peu expliqués qui nous sont lancés à la figure, difficile d'être totalement éclairé, et on compte sur la suite pour nous en dire plus.

Malgré cela, difficile de nier que le récit est très basique : un héros aux troubles sociaux (une vraie marque de fabrique chez l'auteur), son amie très attirée par lui, un premier ennemi, et une faction a priori menée par la tsundere de service. Sur la forme, ce premier volume ne surprend pas vraiment, et ne captive pas spécialement non plus, malgré toute la curiosité instaurée par le final de cet opus de démarrage. Reste alors le caractère de Minoru qui méritera d'être fouillé (avec l'idée sous-jacente et à peine effleurée de la phobie scolaire), et un premier ennemi au pouvoir un peu grotesque mais finalement original par son décalage.

Ce n'est pas non plus sur le plan visuel que ce premier volet brille particulièrement. Naoki Koshimizu signe ici sa toute première série éditée professionnellement, et ça se sent. Malgré un travail sur les personnages appréciable grâce au trait fin du mangaka, celui-ci ne présente pas de planches spécialement percutantes. L'action est montrée de manière claire mais sans réel impact, et pas mal de décors se révèlent lisses et sans attention particulière apportée. Évidemment, ce n'est qu'un tome de départ, et l'artiste a encore le temps de progresser.

Du côté de l'édition, Ototo nous offre une jolie copie. Un papier de bonne facture, une page couleur pour amorcée le tome, et une traduction claire signée Adrien Ghariani.

Il en résulte un premier tome malheureusement peu convainquant. Si le divertissement fonctionne globalement, le scénario tel qu'il nous est proposé actuellement n'est qu'une énième histoire d'action à pouvoirs dans un contexte lycéen, le tout porté par un auteur qui doit encore progresser. The Isolator n'a rien de mauvais, mais rien de particulièrement engageant non plus. On espère alors que la suite remontera le niveau.


Chronique 1

Si Reki Kawahara est surtout connu pour être le créateur de Sword Art Online, il ne s'agit pas de sa seule oeuvre en romans. Bien sûr, on connaît déjà aussi très bien Accel World, tout d'abord par son adaptation animée à succès, puis via le manga qui a été édité en France par les éditions Ototo. Mais on lui doit aussi Zettainaru Kodokusha , un light novel qu'il a démarré au Japon en 2014 chez l'éditeur ASCII Media Works et qui compte actuellement 4 volumes. Contrairement à SAO et Accel World, cette série de romans n'a pas encore connu d'adaptation animée à ce jour, en revanche l'adaptation manga a vu le jour dès 2015 dans le magazine Comic Dengeki Daioh (toujours chez ASCII Media Works), et c'est ce manga que les éditions Ototo, fidèles à leur auteur, nous proposent de découvrir sous le titre The Isolator. Bouclé en 4 tomes d'après certains sites (le tome 4 étant sorti au Japon en mars 2018), The Isolator a été dessiné par Naoki Koshimizu, mangaka qui signait là son tout premier titre, et qui a tout récemment démarré au Japon un nouveau manga basé sur la saga Boogiepop.

Minoru Utsugi est un solitaire pur jus depuis plusieurs années. Ne sympathisant avec personne au lycée ou ailleurs, il n'aspire qu'à une seule chose: la solitude. Et quand un mystérieux orbe noir descend du ciel et lui propose de le toucher pour exaucer son voeu, il fait le souhait d'être éternellement isolé des autres. L'artefact s'est alors introduit dans son corps pour lui prodiguer ce pouvoir... mais trois mois plus tard, l'adolescent se rend bien compte que ledit pouvoir n'est pas vraiment comme il l'espérait. Mais ce qu'il avait encore moins prévu, c'était que d'autres orbes ont touché d'autres personnes pour leur conférer, à eux aussi, des pouvoirs selon leurs souhaits. Et tous ne sont clairement pas amicaux... Une bataille risque alors de commencer, non seulement pour sa survie, mais aussi pour protéger ceux qu'il apprécie, à commencer peut-être par Tomomi, une athlétique, mignonne et expansive camarade de classe.

On ne peut pas dire, sur ce premier volume, que le récit soit très original, puisqu'il s'agit pour la énième fois d'une lutte pour la survie d'un héros porteur de pouvoirs, qui doit déjà en découdre avec un premier ennemi, et qui se trouvera sans nul doute des alliés comme lui. Qui plus est, on note dès le départ des petites facilités d'écriture, à l'image du passage avec le vélo (il aurait pu tout simplement l'éviter, hein), ou du fait que le Biter s'en prenne justement à Tomomi. Néanmoins, l'ensemble se suit sans déplaisir, tout d'abord grâce à une narration qui s'applique assez à faire ressortir ce que pense et ressent Minoru. Pourquoi recherche-t-il tant la solitude ? Quel drame a-t-il bien pu vivre pour ça ? Ce sont des éléments qui sont vite évoqués, mais qui expliquent un tant soit peu son comportement. Pour le reste, on n'a que du très classique dans cette mise en place: le jeune garçon va devoir apprendre à mieux cerner et maîtriser son pouvoir (pouvoir assez intéressant, qui plus est pour un personnage principal), en apprendra légèrement plus sur les orbes et leurs différents types (en attendant de vraies explications sur ce qu'ils sont ?), devra secourir une amie en effectuant un premier combat contre un autre porteur de pouvoir, rencontrera d'éventuels premiers alliés... si tant est qu'il en veuille. Et on touche à l'un des principaux points intéressants du récit: Minoru ne veut réellement sympathiser avec personne pour l'instant et cherche simplement à s'isoler, à fuir les autres. Cela peut le rendre assez froid, mais on est assez curieux de voir s'il évoluera sur ce point, et s'il sera capable de surmonter ses vieilles peurs, ses anciens traumatismes et son désir de solitude.

Côté dessin, c'est soigné pour un premier manga. Naoki Koshimizu a un trait assez précis, expressif et clair, plutôt passe-partout dans le design, mais agréable à l'oeil si l'on ne recherche pas d'originalité. Il sait généralement choisir des angles de vue assez bons, joue sur des cases souvent assez grandes (ce qui fait que ça se lit un peu vite), et propose des petits moments d'action assez brefs et finalement très classiques, mais là aussi assez limpides.

En somme, il ne faut pour l'instant pas rechercher de grande originalité avec ce premier tome, mais les choses se posent assez bien pour offrir un petit divertissement à base de pouvoirs qui a certes un goût de déjà-vu, mais qui pourrait tirer de bonnes choses en développant un peu plus son récit et en travaillant bien le caractère solitaire de Minoru. Distrayant.

Au niveau de l'édition, Ototo, comme souvent, effectue un travail vraiment agréable, avec notamment une première page en couleur, un papier bien souple et suffisamment épais, et une excellente impression. A la traduction, Adrien Ghariani livre quelque chose de fluide, sans couacs. Et comme c'est le cas de temps en temps, on appréciera d'avoir un format seinen à moins de 7€, ce qui est de plus en plus rare !
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

10 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

13.5 20
Note de la rédaction






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