Temps retrouvés (les) Vol.1 - Actualité manga

Temps retrouvés (les) Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 20 September 2019

Un peu plus d'un an après le joli Sous un ciel nouveau, le duo Kei Fujii & Cocoro Hirai revient aux éditions Ki-oon avec une nouvelle création originale, toujours dans la collection Latitudes, mais cette fois-ci en deux tomes et entièrement en couleurs. Imaginé dans le sens d electure occidental, Les Temps retrouvés nous immisce dans une romance pas comme les autres...

Pas comme les autres, car contrairement à énormément de manga ancrés dans la romance et la tranche de vie, ce récit nous plonge aux côtés de seniors. Ippei, 72 ans, mène une vie sans grands enjeux depuis la décès de son épouse 5 ans auparavant, et se contente d'un quotidien calme, entre ses amis du centre pour senior Gin ou du bar qu'il fréquente, et sa famille où il vit chez lui en hébergeant un fils pas très doué, une belle-fille remontée, et deux petits-enfants adorables. Oui, c'est une vie qui sent bon la fin d'une époque, comme s'il n'avait concrètement plus grand chose à espérer... Du moins, jusqu'à sa rencontre avec la nouvelle prof de piano du centre, Kotoko, 70 ans. C'est le coup de foudre immédiat pour ce vieil homme posé, qui aura ensuite l'occasion de fréquenter cette femme, de découvrir qu'elle-même a perdu son époux 6 ans auparavant, qu'elle vit avec un fils riche mais ingrat et une belle-fille irascible... et que, dans le fond, elle aussi trouve triste de devoir vieillir seule.

A 70 ans passés, l'amour peut-il encore opérer ? C'est l'un des sujet de cette tranche de vie qui se suit avec intérêt, au fil d'un premier volume très doux, qui prend surtout soin de croquer de manière posée et crédible la rencontre entre Ippei et Kotoko, leur désir de passer du temps ensemble et de se découvrir, les sentiments qui naissent en eux... Concrètement, les choses se contentent plutôt des étapes essentielles, ça va parfois un peu vite, jusqu'à une fin de tome marquant une étape essentielle avec la confrontation au regard des proches, même si sur ce point précis les auteurs s'engouffrent dans quelques ficelles très grosses voire un peu caricaturales concernant certains proches du couple. On a tout compte fait affaire à une sorte de "romance impossible" inversée, où ce sont les aînés qui se voient mettre des bâtons dans les roues par les plus jeunes, une formule certes classique mais ici utilisée à assez bon escient, et que l'on attend de voir développée dans le deuxième volume.

Et en attendant de voir ça, ce premier tome doit l'essentiel de son charme touchant à ce qui se dégage des deux personnages principaux, forcément dans le doute. Retomber amoureux à plus de 70 ans, est-ce une bonne chose, sachant qu'il ne leur reste probablement plus que quelques années à vivre ? Est-ce une traîtrise envers leurs précédents mari/femme, avec qui ils ont vécu des décennies et qu'il ne peuvent évidemment pas oublier ? ce sont quelques-unes des questions que l'on voit poindre chez ces deux poignantes personnes âgées, d'autant lus touchantes que l'on apprend à les découvrir au fil des discussions où ils se révèlent l'un à l'autre concernant leur vie passée, leur ancien travail avant de passer à le retraite, leurs anciens amours défunts, leur famille...

Cocoro Hirai accompagne tout ceci dans un style visuel toujours aussi réaliste, avec des visages crédibles et assez nuancés, des décors assez travaillés, des angles de vue parfois très bons, des couleurs douces qui apporte une profondeur et une chaleur supplémentaires dans la relation entre Ippei et Kotoko... En somme, le récit en enveloppé dans une sorte de cocon assez paisible et touchant, que seule la dernière partie du tome vient troubler.

Dans l'ensemble, ce premier volume des Temps retrouvés croque donc avec beauté la renaissance de deux héros qui, à plus de 70 ans, veulent relancer leur vie. En attendant de voir le 2e et dernier tome confirmer ou non les qualités de ce récit, on suit cette première moitié d'histoire dans une édition de qualité, avec un grand format appréciable, une excellente qualité de papier et d'impression, et une traduction fine de Géraldine Oudin, qui colle très bien à l'atmosphère globale.
 

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction






MN Actus
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