Still Sick Vol.1 - Actualité manga

Still Sick Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 17 November 2020

2020 aura été une belle année côté yuri pour l'éditeur Taifu, qui nous a régalé avec plusieurs titres : Netsuzô Trap, Plongée dans la nuit, Luminous Blue mais aussi Kase-san & Yamada, suite directe de la série Kase-san. Un beau programme qui se conclut en ce mois de novembre avec Still Sick, une tranche de vie signée par la mangaka Kaori, dont il s'agit de la toute première œuvre. Lancée en 2018 sur la plateforme Magxiv de l'éditeur Mag Garden, la série s'est achevée tout récemment au Japon, la troisième et dernier opus étant paru le 10 juin.

Dans Still Sick, Makoto Shimizu est une employée de bureau respectable et plutôt discrète. Elle cache une passion bien particulière : Les mangas de romance entre fille, aussi appelés « yuri ». Elle-même dessine des dounjinshis, des récits amateurs parfois tirés de ses séries animées fétiches, qu'elle vend lors de salons spécialisés. C'est au cours de l'un de ces événements qu'elle tombe nez à nez avec Akane Maekawa, une collègue qu'elle ne côtoyait pas avant ce jour. Mais cette rencontre va chambouler le destin des deux femmes puisque, dès lors, Akane va s'intéresser de près à Makoto, à son activité de mangaka indépendante, et à sa passion. Les deux collègues vont se découvrir mutuellement, car il se pourrait que la nouvelle amie de notre autrice en herbe cache quelques secrets pas si éloignés des loisirs de l'héroïne...

Avec Still Sick, Kaori développe une première œuvre aux allures presque méta, tant celle-ci traite le yuri comme un véritable sujet dès le début de ce premier volume. Une idée de base particulièrement intéressante, qui est aussi bien un prétexte pour faire se fréquenter les deux protagonistes qu'un sujet traité de manière sérieuse. La passion de Makoto sert ainsi d'élément déclencheur pour la relation centrale de l'histoire, et ne sera jamais évincée du récit, bien au contraire. Cette thématique du yuri, et du manga en général, est alors un aspect important de ce début d'intrigue, que l'autrice développe plus en profondeur à chaque chapitre. Ainsi, derrière une relation principale a priori classique, elle nous parle de ce qu'est la passion, et la manière dont la société peut impacter nos rêves et nos passions. Des idées de fond véritablement intéressantes et fouillées avec pertinences, parfois avec une certaine mélancolie, mais sans jamais vraiment partir dans le mélodrame et le pathos, malgré quelques légers excès ci et là.

Le contexte de Still Sick constitue une très bonne idée, tout en ayant une cohérence dans l'histoire de Makoto et Akane. Et concernant les deux héroïnes, l'artiste développe une relation humaine qui parvient à prendre une certaine profondeur au fil des pages. Au départ très classique, elle tisse les premiers lien d'une amitié légère, presque un peu fade, avant de se montrer un peu plus ambiguë et d'évoluer au fil des révélations et du développement de la thématique centrale du titre. Car Akane cache quelques mystères, de secrets mis en évidence dès le départ et sujet à quelques vérités amenées dès ce premier opus. Rien de très surprenant, le tout demeurant même un poil prévisible, mais la direction entre totalement en cohérence avec les idées du manga, et permet même de les pousser plus loin. Il y a donc un jeu de résonance permanent entre la relation des deux personnages, démarrant d'une amitié naissance pour gagner en profondeur avec une réelle tension amoureuse qui se créé, et tous les thèmes brassés par ce début d'intrigue. Alors, quand bien même certains segments paraissent un poil classique, le tout fonctionne sans aucun mal tant il est cohérent et structuré.

Alors, peut-être que la patte graphique de Kaori en déstabilisera certains. Still Sick étant la première œuvre de l'autrice, son trait demeure encore un peu hésitant, avec notamment quelques approximations concernant les physionomies, ainsi que les visages de ces personnages. Rien qui ne nous sorte véritablement de notre lecture, mais ce côté balbutiant se fait remarquer. Il est même un point intéressant de ce premier tome puisqu'on est ainsi tentés de faire le parallèle entre la mangaka et Makoto, une autodidacte qui fait ses débuts, et qui admet l'imperfection de son style.

Pour son premier tome, qui est aussi le tout premier volume professionnellement édité de la mangaka, Still Sick convainc sans mal grâce à une relation classique mais bien menée et gagnant en subtilité, et toute une thématique sous-jacente sur ce qu'est le manga en tant que rêve et profession, et vis à vis de la société, correctement exploitée. Le cadre étant bien planté dès ce volume de démarrage, on espère des deux derniers opus qu'ils permettront un aboutissement pertinent et malin de l'histoire et de ses idées.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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