Somali et l'esprit de la forêt Vol.5 - Actualité manga

Somali et l'esprit de la forêt Vol.5

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 24 January 2020

Alors que la diffusion de l'adaptation animée a débuté ce mois-ci au Japon mais aussi en France sur Crunchyroll, le manga d'origine de Yako Gureishi, lui, a enfin fait son retour dans nos librairies en décembre avec son 5e volume ! Même si la série connaît dans son pays un rythme assez lent d'environ 8-9 mois entre chaque volume, cette attente en France fut longue de 16 mois, l'oeuvre n'ayant sans doute pas été épargnée par les soucis que les éditions Komikku ont connus l'année dernière. D'ailleurs, à l'instar de toutes les autres publications de l'éditeur depuis son retour en novembre, on note bien le changement d'imprimeur (le français Aubin ayant laissé la place à l'italien Lego, pour une qualité de papier et d'impression restant très bonne), mais également, là aussi, un changement à la traduction. On ne va pas le cacher: le récit y perd légèrement en charme, car certaines tournures de phrases paraissent un peu moins naturelles. Néanmoins, cette nouvelle traductrice, Melody Pages, offre tout de même un travail fluide et sans couacs.

On retrouve donc enfin le golem et la petite humaine Somali alors qu'ils font désormais halte dans une auberge en compagnie de Yabashira et de Shizuno. Ce dernier, ayant découvert que Somali est une humaine, n'a heureusement aucune réaction hostile ou avide, mais aimerait toutefois en apprendre plus sur la raison ayant poussé le golem à quitter sa forêt pour parcourir le monde avec cette fillette. L'heure est donc venue pour le gardien de narrer la façon dont il a rencontré Somali et dont il s'est attaché à cette enfant ayant commencé à le suivre partout en l'appelant "père"...

Le volume s'ouvre donc sur un flashback plus ou moins narré par le golem, et s'avérant concrètement on ne peut plus classique, voire un peu lisse dans le développement. Gureishi y va vraiment à l'essentiel sur un ton assez posé, mais fait toutefois suffisamment bien ressortir l'essentiel: l'état dans lequel était la pauvre fillette prisonnière, la rencontre avec le golem ayant des allures de destin, la façon dont elle s'est mise à le suivre partout en voulant faire de lui son "père", la manière dont peu à peu le golem s'est laissé attendrir par la fillette jsuqu'à vouloir veiller sur elle, lui qui n'était normalement qu'un gardien ayant pour unique rôle de veiller étroitement sur sa forêt sans avoir le moindre sentiment...

Il n'y a rien de réellement neuf, auparavant on avait déjà pu cerner en filigranes tout ceci, mais l'heure était sans doute venue d'exposer plus concrètement tout ceci, ce lien assez fort entre les deux personnages principaux, car les événements ayant lieu par la suite ne font alors que paraître encore plus rudes. Ces événements, ils sont là aussi un petit peu faciles sur certains points (la fuite est un peu trop simple, le coup de la mamie se voyait venir...), et on peut même leur montrer un petit manque de rythme. En revanche, Gureishi finit vraiment bien par accentuer la tension dramatique dans la dernière partie, Somali n'ayant jamais été autant en danger, et le golem semblant bien mal en point au niveau de son bras. Sans oublier la part tragique liée à son désir de protéger la fillette, puisque faire usage de ses pouvoirs reviendrait à encore réduire le temps de vie qui lui reste... Dans tout ceci, Gureishi met aussi encore plus en avant la complexité des liens entre espèces et plus particulièrement des humains vis-à-vis des autres races. En plus de leur grande rareté en faisant aujourd'hui des denrées de luxe, les humains n'ont pas manqué, à travers leurs actes passés, d'attiser la haine des autres espèces, avec à la clé un petit message classique mais assez efficace sur les rapports que l'on peut avoir avec ce que l'on juge différent ou étranger sans forcément chercher à voir plus loin. La fillette, le golem, mais aussi Shizuno, eux, ont su voir plus loin que cette simple différence !

Visuellement, c'est toujours aussi beau. Certes, les moments plus vifs peinent un peu à s'emballer, et certains visages de Somali paraissent parfois un peu plus lisses et un peu moins expressifs. En revanche, une nouvelle fois, quel travail sur les décors et sur les designs !

L'attente fut longue et le changement de traductrice se ressent un peu, mais le jeu en vaut toujours la chandelle: Somali et l'esprit de la forêt reste une très belle lecture dans l'ensemble. Le tome 6 étant déjà sorti au Japon depuis avril 2019, il n'y a plus qu'à espérer qu'on ne l'attendra pas aussi longtemps, d'autant que ce tome 5 se finit vraiment sur un climax, et que ça pourrait être une bonne idée de profiter un peu de la notoriété supplémentaire apportée par l'anime.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.25 20
Note de la rédaction






MN Actus
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