Sky High Survival Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 06 September 2016

Critique 2


Yuri Honjô, 16 ans, lycéenne normale, était tranquillement en cours à l'école avant de se retrouver soudainement et inexplicablement dans un lieu qu'elle ne connaît pas, en voyant d'emblée un homme se faire sauvagement tuer juste sous ses yeux par un mystérieux homme masqué et armé d'une hache. Pas le temps pour elle de réfléchir : il lui faut fuir cet homme, quitte à essayer d'entrer en contact avec lui une fois qu'elle sera à l'abri. Mais d'abri il n'y a pas vraiment. Très vite, Yuri découvre qu'elle est prise au piège dans les hauteurs d'une imposante ville. Il n'y a que des gratte-ciel à l'horizon, les escaliers tous murés empêchent toute tentative de descendre rejoindre la terre ferme. La seule possibilité pour se déplacer : emprunter de longs et vertigineux ponts suspendus connectant les toits les uns aux autres, tout en espérant ne pas tomber sur d'autres tueurs masqués... et ne pas avoir envie de se jeter du haut des toits pour fuit par le suicide ce monde.

Sortie tout droit de l'application Manga Box de Kôdansha qui semble intéresser de plus en plus les éditeurs depuis fin 2015 (Fortress of Apocalypse et Green Worldz chez Pika, Billion Dogs chez Akata et Beyond Evil chez Kazé Manga sont les premiers titres parus en France qui sont issus de ce nouveau moyen de publication lancé par l'éditeur japonais en décembre 2013), Sky-High Survival, comme l'indique d'emblée son nom, s'inscrit dans la grande lignée de ce genre tellement à la mode en ce moment qu'est le survival. Cette nouvelle série peut compter sur un nom pas tout à fait inconnu en France : Tsuina Miura, crédité sur le premier tome d'Ajin, et qui signe ici le scénario. Tandis qu'aux dessins nous découvrons Takahiro Oba, un ancien assistant de Yûji Terajima (l'auteur du succès sportif Ace of the Diamond) qui a débuté sa propre carrière de mangaka en 2008.

S'il y a une chose que l'on ne peut reprocher à ce début de série, c'est de poser très vite l'univers et l'ambiance. Dès la première page, en fait, avec une mise à mort sanglante à souhait qui signe le début de la lutte pour la survie de la jeune Yuri dans un monde dont elle a tout à découvrir. Dès lors, le rythme ne baissera jamais, et c'est vraiment là l'une des réussites de ce premier tome qui peut compter sur une narration claire et, surtout, sur un coup de crayon maîtrisé qui nous immerge sans mal dans cet univers vertigineux. Via un coup de crayon expressif et clair, Oba n'a pas de mal à faire ressortir ce que peuvent ressentir les quelques personnages croisés pour l'instant (hormis les hommes masqués, bien sûr, car ils sont soigneusement cachés sous leur masque), et l'aspect assez clair et précis de son trait contraste joliment avec les effusions de sang qui sont loin d'être rares. Mais c'est surtout sa peinture des décors urbains qui séduit : des immeubles à perte de vue laissant deviner un cadre gigantesque, des vues en plongée qui ont de quoi filer le vertige tout en faisant bien ressentir le danger de ces ponts suspendus, des sauts dans le vide assez impressionnant qui font bien comprendre que seule la mort semble attendre quiconque voudra quitter les toits... Les seules choses qui pourraient agacer une partie du public sont certaines postures pas du tout naturelles voie impossibles, ainsi que la tendance du dessinateur à trop érotiser sa jeune héroïne, notamment via des poses un peu tendancieuses et des plans surfaits sur sa culotte, ses jambes ou sa jupette.

Tel est donc l'univers qui attend Yuri, jolie jeune fille qui aura fort à faire pour éviter la mort, pour s'en sortir vivante... et pour retrouver Rika, sont frère qui a lui aussi été projeté dans ce monde, et qui est pour l'instant le seul point de rattache de la demoiselle. Evidemment, le début de sa fuite l'amène déjà à faire quelques rencontres plus ou moins heureuses, et au fil des pages le lecteur est forcément amené à s'interroger sur ce qu'est ce monde. Etant donné qu'il est possible de trouver de l'eau potable et de la nourriture en explorant un peu les lieux, qui gère tout ça ? Comment un tel monde, avec des gratte-ciel partout et où il est impossible de descendre, a-t-il pu être mis en place ? Que sont ces hommes masqués ? Le suicide, que certains personnages choisissent déjà, est-il le meilleur et le seul moyen de faire disparaître le désespoir de ces personnages perdus dans un monde incompréhensible et sans foi ni loi ? L'hélicoptère vu au loin par Yuri pourrait-elle lui permettre de s'échapper ?

L'oeuvre ne manque pas de pistes à éclaircir, et il faut attendre la fin du tome pour voir certaines choses commencer à intriguer un peu plus, de par ce que sont en réalité les hommes masqués, et le sort possiblement inquiétant du frère de Yuri. Mais dans tout ça, il reste pourtant une très grosse lacune à ce premier tome : ses personnages. Tous ses personnages. En effet, les premières rencontres de Yuri, qui ne durent jamais longtemps, sont loin d'être intéressantes tant elles enchaînent les gros clichés et ne sont aucunement approfondies. Certaines figures parviennent même à être très agaçantes, à commencer par le policier qui décide direct de tenter de violer notre chère lycéenne sans qu'aucun travail psychologique ne soit fait sur lui. Le plus gros problème reste toutefois Yuri elle-même : elle a beau être l'héroïne, on ne peut pas dire qu'elle soit passionnante à suivre pour l'instant, entre son brother complex qui semble beaucoup trop fort, ses réactions parfois pas très logiques ou peu appuyées, sa tendance à montrer trop souvent sa culotte, et le manque de profondeur des questions qu'elle se pose. Car oui, toutes les interrogations dont on a fait mention précédemment, très très souvent c'est le lecteur qui se les pose, l'héroïne se contentant d'y penser plus tard voire pas du tout, ou d'y penser sans vraiment chercher à en savoir plus. Et ça, mine de rien c'est un vrai problème, tant ça donne l'impression d'avoir un personnage principal trop vide, creux.

Sky-High Survival se lit tout seul, essentiellement grâce au rythme assez soutenu, aux interrogations que le lecteur se pose (plus que l'héroïne et que beaucoup d'autres personnages), à son concept intéressant, mais pour l'instant artificiel (on se promène sur des toits et on traverse des ponts en évitant de mourir... et ?) et à l'immersion très bien rendue par les planches vertigineuses d'Oba. Mais il est clair qu'on en attend un peu plus, tant pour l'instant les enjeux semblent vains et les personnages sont dépourvus du moindre intérêt. Le choix des éditions Kana d'avoir publié le tome 2 en même temps que le premier volume n'est peut-être pas anodin, peut-être est-ce celui qui fera mieux décoller ce récit qui peut en avoir sous le coude.

L'édition, elle, fait sans mal le job : le format seinen permet de mieux profiter du travail d'Oba sur les vues, le papier et l'impression sont très honnêtes, et le traducteur Thibaud Desbief offre quelque chose de très limpide et d'assez vivant.


Critique 1


Le nom de Tsuina Miura ne vous est peut être pas anodin : derrière le dernier titre des éditions Kana se cache le  scénariste d'Ajin, seinen qui cartonne en ce moment que ce soit au Japon ou en France. Succès autant critique que commercial, ce titre nous a habitués à du bon, autant dire que nous ne pouvons qu'être impatient ainsi de découvrir l'autre série actuelle de l'auteur : Sky-High Survival.

Yuri Honjô est une lycéenne de 16 ans qui a tout d'une vie normale jusqu'au moment où, sans qu'elle sache le pourquoi du comment, se retrouve dans un immeuble à être poursuivie par un homme masqué et armé. Alors qu'elle tente vainement de fuir, elle se rend compte que les étages inférieurs sont inaccessibles et que la seule issue est le toit. Etrangement, la voici dans une ville qu'elle ne reconnaît pas, nappée de gratte-ciel tous plus hauts les uns que les autres, avec personne au sol, et surtout des pontons qui relient chacune de ces tours. Quel est ce monde, et pourquoi est-elle ici ? Le mystère reste entier...

Sky-High Survival s'inscrit dans le genre survival, un type de manga qui cartonne sans problème depuis quelques années et que l'on a eu a toutes les sauces, pour le meilleur comme pour le pire. Si ce genre pourrait justement lasser aujourd'hui, les éditeurs se doivent d'en trouver des originaux pour conserver son public. Pour le coup nous avons ici le plaisir de voir que le titre ne s'inscrit pas avec le schéma classique de la classe piégée où tout le monde doit s'entretuer d'une telle manière, mieux même, notre héroïne est plongée dans ce monde étrange dès la première page, sans qu'elle et nous sachons si c'est la réalité ou non. Quelle est la motivation de ce jeu, des gens masqués, le pourquoi de ce monde, tant de questions qui alimentent pour le moment le mystère général du récit.

Les grandes lignes s'avèrent donc assez simples pour le moment : Yuri cherche à fuir et comprendre le lieu qui l'entoure tout en recherchant son frère qu'elle a pu avoir au téléphone avant de perdre ce dernier. Sur sa route elle croisera d'autres personnes, masquées ou non, mais tout le monde semble épris d'une certaine folie face à ce jeu de la mort dont on ne peut sortir à première vue. Une des grandes questions que l'on se pose également est pourquoi les gens masqués semblent chercher à pousser leur cible à se suicider en sautant. Au fil du récit, on aperçoit ce que pourrait être le rôle de ces masques que portent les assassins et nous voilà à nous demander qui les a créés et bien sûr dans quelles intentions.

Ce premier volet reste donc plutôt dans le flou tout en nous révélant quelques clés suffisantes afin de nous garder captivés sur tout le long de la lecture. Connaissant le scénariste on peut espérer avoir droit à quelque chose d'assez fouillé et recherché par la suite et c'est bien sûr tout ce que l'on souhaite. Bien que les personnages soient pour l'instant plutôt classiques dans le fond, les auteurs frôlent la caricature pour certains, mais les situations qui prennent place semblent s'éloigner des clichés du genre. Croisons les doigts donc pour ne pas tomber sur des passages vus et revus.

Sky-High Survival n'est pas encore au point de révolutionner le genre (en un tome aussi c'est tout à fait compréhensible), mais gageons-nous de dire que la série commence sur un tempo très rapide et donne envie d'en savoir plus sur ce monde perché au sommet des gratte-ciel. Concernant le dessin de Takahiro Oba, c'est assez classique, mais ça reste efficace dans le genre, les personnages ayant des expressions faciales plutôt fortes. Le découpage aussi est plutôt bon pour illustrer des sensations de vide et de vertige, ce qui est un bon point pour ce titre.

Kana a donc fait une bonne pioche pour le moment il semblerait et aura fait un travail de qualité en termes d'édition. Avec un format légèrement plus grand, que la grande partie de leur catalogue (comme Black Butler par exemple), l'objet est de qualité est surtout actuellement à un prix plus bas de 5€95 pour fêter les 20 ans de l'éditeur. Un titre à suivre de près, qui a ses chances pour se démarquer des autres du même genre.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

12.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Kiraa7

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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