Shinobi Gataki Vol.1 - Actualité manga

Shinobi Gataki Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 13 September 2019

En 2017, les éditions Ki-oon nous proposaient de découvrir Monster x Monster, courte série de fantasy en trois tomes qui était la toute première série de Nikiichi Tobita. Malgré de nombreuses limites, ce bref récit dévoilait un humour assez efficace et, surtout, une patte graphique dense et impressionnante où seuls quelques défauts (à commencer par des personnages plutôt inexpressifs) étaient à gommer? Inutile de dire, donc, que l'on attendait avec un certain intérêt de revoir en France ce dessinateur prometteur, et c'est chose faite en ce mois de septembre grâce aux éditions Kurokawa, qui nous amènent sa série suivante Shinobi Gataki !

Bouclée en 5 volumes, cette série a été prépublié entre 2016 et 2018 dans le magazine Ura Sunday des éditions Shôgakukan, aux côtés de titres comme Silver Wolf, Blood, Bone , World War Demons ou Battle Game in 5 Seconds. Au programme, une sombre affaire de vengeance meurtrière, dans un Japon féodal imaginaire...

Un Japon féodal imaginaire où les samouraïs et les ninjas ne sont pas tout à fait comme vous avez l'habitude d'en voir. Les premiers, à force d'entraînement, ne font plus qu'un avec leur sabre et ont développé une puissance physique d'exception. les deuxièmes, eux, ont développé des techniques inconnues, comme la capacité à faire sortir des armes de leur corps (exemple parmi d'autres), si bien qu'il n'ont quasiment plus rien d'humain. Toranosuke Yoshikawa, lui, est un samouraï surnommé le "chasseur de ninjas", ne vivant que pour tuer tous les ninjas jusqu'au dernier afin d'assouvir une vengeance personnelle. Car il faut dire que dans ce monde, les ninjas sont sous les ordres de Nobukage Onaga, un homme sans pitié, exerçant sa tyrannie dans différents pays...

Voilà pour le pitch de base, qui par la suite va évidemment s'enrich... euh, ah ben non, pas trop en fait. Et c'est bien là le principal problème de ce premier volume qui, avec son épaisseur de 270 pages, aurait pourtant eu largement le temps de poser quelques enrichissements, ne serait-ce qu'autour de l'univers global qui reste beaucoup trop pauvre. En effet, concrètement, on sait juste que notre héros veut dégommer les ninjas pour se venger du vilain Onaga, et évidemment il va finir par dévoiler en lui un pouvoir à double tranchant (qui sera intéressant quand il sera mieux présenté, peut-être), et par croiser sur sa route quelques alliées: une indic qui ne pense qu'à le pécho de façon un peu lourde (hic), et une fille de samouraï elle aussi ivre de vengeance mais un peu gourde sur les bords (re hic). A part ça, hé bien, c'est un peu le vide scénaristique, dans la mesure où l'auteur ne présente quasiment rien de son monde. On se contente de se promener aux côtés de Torakichi au gré de ses premières rixes contre des ninjas aux capacités inhumaines, mais sans que le background ne s'approfondisse réellement, à aucun moment.

L'univers global reste donc pour l'instant très pauvre et les personnages sont plutôt vides quand ils ne sont pas agaçants, et ça nuit quelque peu à l'immersion. Pourtant, concrètement, Shinobi Gataki a de quoi se révéler comme un sympathique nanar, avec ses ninjas qui ne sont plus humains, son héros ayant lui aussi un pouvoir improbable, ses différentes petites bastons linéaires, et surtout, comme on l'espérait fortement, sa patte graphique impressionnante. Sur ce dernier point, c'est bien simple: au-delà d'une mise en scène plutôt classique même si assez dynamique, le trait pur de Tobita est assez souvent un régal. Les personnages possèdent des designs riches et réalistes où l'on tique seulement sur certaines émotions mal rendue ou juste pas rendues. Les vêtements et décors de bâtisses féodales et de paysages plus naturels se veulent très travaillés, et les fonds sont omniprésents, jusque dans certaines trames très finement appliquées afin d'apporter une profondeur supplémentaire.

On devine un très gros travail visuel d'un auteur qui mise avant tout sur son dessin pour accompagner un scénario réduit pour l'instant à son strict minimum. A voir si vous êtes client. En tout cas, le récit manque pour l'instant un peu d'immersion, de rythme et d'ampleur, mais il a de quoi constituer un petit divertissement basique et très bien gratté. Il ne reste donc plus qu'à espérer que ce Shinobi Gataki décolle mieux par la suite, car le potentiel est là.

Côté édition, rien à redire: le papier et l'impression sont très bons, de même que la traduction fluide de Pierre Giner. L'éditeur a imaginé un très joli logo-titre, tout en conservant l'illustration de la jaquette japonaise.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

11.5 20
Note de la rédaction






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