Shelter of Love Vol.2 : Critiques

Koboreru Yoru ni

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 22 Décembre 2025

Fort logiquement, Tenjaku a choisi de ne pas repartir avec son père, homme violent et dépensier qui l'a autrefois battu, et il a donc préféré rester au foyer, ne serait-ce que pour rester auprès de Yoru qui représente tout pour lui. les récents événements semblent même lui avoir fait prendre conscience qu'il considère en réalité la jeune fille beaucoup plus que comme une sorte de petite soeur, si bien qu'il lui avoue bientôt ses sentiments, pour le plus grand bonheur de notre héroïne qui contient quand même son émotion. Et ils ne sont pas les seuls à avancer ainsi, à l'image de l'un des jumeaux qui se met bientôt à avoir sa première petite amie. Simplement, les jeunes du foyer de l'enfance continuent de grandir, petit à petit, de façon logique, mais tout en sachant qu'ils approchent désormais du moment fatidique de leurs 18 ans, avec ce que ça impliquera.

Dans cette optique, Tenjiku et Yoru semble particulièrement décidés à se forger un avenir en semble, pour toujours, et font tous deux de gros efforts dans ce sens. Ainsi, tous deux tâchent de se donner à fond aussi bien en cours pour aller à l'université, que dans leurs petits boulots afin d'avoir un peu d'argent à mettre de côté une fois qu'ils devront prendre leur indépendance. Chacune de ces séquences et naturellement touchante, tant on sent que ces deux-là veulent le bonheur de l'autre, souhaitent se protéger l'un(e) l'autre dans une forme de dépendance mutuelle... mais cela pourra-t-il le rendre heureux ?

Face à eux deux vont se dresser de nouvelles épreuves potentiellement cruelles, à commencer par la question de leurs choix d'avenir commun. Quand Yoru affirme vouloir aller dans la même université que Tenjiku, le doute apparaît chez son entourage adulte qui pense qu'elle pourrait viser une meilleure fac. Lorsque Tenjiku voit la jeune fille compter sur d'autres personnes que lui, il réagit d'une manière trop impulsive qui est sans doute héritée de son passé douloureux. Et, surtout, quand son père, qui a normalement l'interdiction de l'approcher, refait son apparition à des fins qui se révéleront fort égoïstes, cela risque de précipiter le récit vers de nouveaux bouleversements qui nous laissent estomaqués dans les dernières pages.

Au fil de tout ça, Rie Aruga se montre toujours très désireuses de dépeindre les enjeux de son récit avec beaucoup de réalisme, et pour ça elle prend bien soin de s'intéresser en profondeur à ce que peuvent ressentir les principaux acteurs de son histoire. Ainsi, les tourments des jeunes du foyer restent évoqués avec soin, notamment via leur doutes face à l'arrivée de leurs 18 ans où ils seront ensuite livrés à eux-mêmes, ou encore à travers certaines pensées de Yoru qui se demande encore pourquoi elle et ses camarades n'ont pas pu avoir une enfance normale, avec une vraie famille aimante, faisant qu'ils ne se sentent pas toujours comme les autres. Enfin, il y a aussi le rôle complexe et parfois le sentiment d'impuissance de Takanashi et des autres personnes travaillant dans ce genre de foyer, pour qui s'occuper de ces jeunes comme le ferait une famille est primordial, tout en sachant qu'ils devront obligatoirement les mettre à la porte à leurs 18 ans sans trop de possibilité de les voir revenir.

Peut-être reprochera-t-on juste le résumé en quatrième de couverture, qui évoque un événement n'arrivant pas avant le dernier quart du tome. Mais à part ça, on a une lecture où Rie Aruga sait toujours aussi bien dépeindre des personnages principaux réalistes, humains et touchants, tout en ayant à coeur d'aborder sous toutes les coutures son sujet de société. 


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai
16 20
Note de la rédaction