Shadows House Vol.1 - Actualité manga

Shadows House Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 17 June 2020

En ce mois de juin, les éditions Glénat lancent en France Shadows House, nous permettant ainsi de découvrir pour la première fois dans notre pays so-ma-to (aussi appelé Somato ou Soumatou), un duo de mangakas qui officie depuis 2012 avec déjà 4 séries à son actif au Japon. En cours de parution depuis 2018 dans son pays d'origine (avec un 5e volume prévu ce 19 juin), l'oeuvre a déjà acquis une petite notoriété, et ressort quelque peu parmi les autres séries de son magazine de prépublication, le Young Jump de Shûeisha, un magazine pas forcément habitué à ce genre de tranche de vie mystérieuse.

Car mystérieuse, l'oeuvre l'est, assurément, et cela dès son premier chapitre qui nous plonge dans un cadre assez atypique. Au coeur d'un manoir non situé côté géographie tout comme côté époque, vit une famille aux manières nobles, mais dont les membres ont tous une particularité: ils n'ont aucun visages et sont tout noirs, comme des ombres. Nommée la "famille Shadow", celle-ci utilise alors des "poupées vivantes": chaque membre d ela famille a une poupée vivante qui lui ressemble, qui est à son service, et qui lui sert en quelque sorte de "visage". C'est dans ce cadre que vient d'arriver au manoir Emilico, une jeune poupée vivante vouée à être au service de mademoiselle Kate Shadow...

Pas de grand chambardement avec ce premier volume qui n'est, en quelque sorte, qu'une longue introduction où le lecteur se familiarise au concept et à l'atmosphère, tout en suivant les premiers pas de la poupée vivante Emilico dans son rôle, puisque c'est avant tout à travers elle et ses pensées que l'on découvre les choses. Dès la première page avec son "Il était une fois", le duo de mangakas pose une ambiance de conte, et plus précisément de conte aux accents gothiques au vu de leur patte visuelle: un grand manoir pour unique cadre, une architecture occidentale, des décorations, un mobilier, des allures nobles et des robes évoquant notamment l'Angleterre victorienne... Rien que visuellement, les auteurs captent sans difficulté l'attention, et ajoutent à ce cadre richement dessiné un design de personnages plutôt en contrastes grâce notamment à sa jeune héroïne toute mignonne ("moe", pourrait-on presque dire, encore plus au vu de son côté plein de bonne volonté malgré ses maladresses).

Surtout, dans ce premier tome, le duo nous invite volontiers à observer les choses sans trop en dire. Si l'on suit Emilico dans son travail quotidien, dans ses interactions avec sa maîtresse, dans ses petites maladresses parfois, et dans ses discrètes rencontres avec les autres pensionnaires (surtout les poupées vivantes des autres membres de la famille), il est bon de noter que pour l'instant cette jeune héroïne exerce sa fonction sans trop se poser de questions (vu qu'elle est une poupée venant de naître... mais on se doute que la suite devrait changer ça en la faisant évoluer), alors même que les interrogations sont forcément nombreuses pour le lecteur. Pourquoi cette famille n'a-t-elle aucun visage ? Quelle est leur origine ? Qu'y a-t-il à l'extérieur du manoir ? Comment sont créées ces poupées vivantes ? Etc, etc... Difficile de savoir si l'on aura réponse à tout ou si les auteurs resteront volontiers dans cette ambiance mystérieuse sans trop en dire, mais une chose est sûre: pour l'instant c'est surtout au lecteur d'observer les choses pour, éventuellement, s'enivrer de l'ambiance. On constate ainsi qu'Emilico et Kate ont exactement la même silhouette voire parfois des gestes en miroir (dès la jaquette du tome, d'ailleurs), que les Shadow émettent de la suie plus ou moins fortement selon la puissance de leurs émotions et plus précisément de leurs émotions négatives (ce qui, à défaut d'avoir un visage, leur permet au moins de véhiculer d'une certaine manière ce qu'ils ressentent), qu'il existe un mystérieux "illustre aïeul" parmi eux ainsi que d'autres poupées voilées et muettes apportant repas et vêtements propres, que les poupées vivantes peuvent ressentir la douleur et ont leur propre repas spécifique... Mais au-delà de ça, en filigranes, ce sont aussi certains sujets qui intriguent, et l'on peut notamment se demander pourquoi Emilico est qualifiée de défectueuse par une autre Shadow, ou encore se questionner sur la thématique de la communication via cette famille n'ayant pas de visage.

En somme, ce premier tome de Shadows House est calme, et malheureusement peut-être un poil court vu qu'il ne compte même pas 160 pages, mais en travaillant leur patte visuelle ainsi que leur narration emplie de mystère les deux auteurs n'ont aucune difficulté à capter l'attention, pour au final nous offrir une très bonne ambiance. Il n'y a plus qu'à attendre de voir comment les choses vont se développer, car on imagine mal le récit rester uniquement dans cette ambiance sur plusieurs tomes... et ce n'est donc sans doute pas pour rien que Glénat a fait le choix de publier le 2e tome en même temps que le 1er !

Au niveau de l'édition, les tomes (1 comme 2) sont plutôt fins, mais bénéficient d'un travail attrayant, en premier lieu grâce à des jolis marquages sur le logo-titre de la jaquette (doré pour le tome 1, et argenté pour le tome 2), marquages qui étaient déjà présents sur les jaquettes japonaises. A l'intérieur, chaque volume bénéficie de 8 pages couleurs: 4 au début, et 4 à la fin (les 4 de fin étant des illustrations avec quelques petits textes sur l'univers). Bien que fin, le papier est dépourvu de transparence, et permet une qualité d'impression honnête. Enfin, les polices sont choisies avec soin, et la traduction d'Akiko Indei et Pierre Fernande apparaît fluide, y compris dans les termes propres à l'oeuvre.
    

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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