Scary Town Vol.1 - Actualité manga

Scary Town Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 12 Octobre 2017

Voilà quelques mois que Kouichi Kuromachi, adolescent au lycée, mène quasiment une vie de reclus. Il ne sort quasiment plus de chez lui ces derniers temps, ne cherche même pas de petit boulot pour passer le temps, et se contente de vivoter dans un petit appartement avec pour seule famille son père, un homme qui enchaîne les petits jobs précaires. Seulement, le jeune garçon a l'impression que son paternel se fait arnaquer, et c'est en partie pour ça qu'il commence à remettre le nez dehors. Seulement, il constate vite que la ville de Kuromachi où il habite  a un peu beaucoup changé, que des événements surnaturels angoissants s'y enchainent, et que la plupart des habitants semblent très bien s'en accommoder...


Après 6000, Les Oubliés et Mushroom, Nokuto Koike, mangaka spécialisé dans l'angoisse, revient aux éditions Komikku avec une oeuvre en trois tomes un brin différente de ses autres travaux : prépubliée au Japon de 2014 à fin 2016 chez Akita Shoten sur le site Champion Tap! (un site plutôt inclassable, et que l'on connaît déjà en France pour les mangas Magical Girl Site et Ritournelle) sous le titre Kuromachi, Scary Town voit l'artiste détourner d'habituels éléments horrifiques pour offrir une comédie assez particulière.


Ce premier tome se compose essentiellement de différents petits problèmes auxquels Kouichi doit se confronter à partir du moment où il remet le nez dehors, et on y appréciera surtout la manière dont Nokuto Koike s'amuse à reprendre des moments de vie très classiques pour les détourner via des éléments horrifiques qui surviennent. Une simple visite au supermarché où travaille son père lui donne l'occasion d'assister à une promo spéciale pour zombies, une mésentente avec son voisin de pallier se transforme en lutte pour la survie contre une femme qui essaie de la bouffer, sa tentative de chercher un petit boulot dans un magasin de poissons l'oblige à se frotter à une créature marine bizarroïde, son retour au lycée lui permet de voir que le club de science s'est recyclé dans la cuisine de viande de morts-vivants, la construction d'une galerie marchande est rendue délicate par des nuisibles pas franchement rassurants... Dans toutes ces situations, Koike surprend en présentant bien souvent des habitants qui semblent habitués aux situations : par exemple, la collègue du père au supermarché décide de partir parce qu'elle en a marre et pas parce qu'il y a des zombies partout, la gérante du magasin de poissons ne s'inquiète pas vraiment de la créature dans son magasin, une lycéenne panique devant un cafard, mais pas devant le démon à côté d'elle, un flic ne s'étonne pas de voir une femme s'envoler et lui demande simplement de redescendre... Cela crée constamment un décalage assez réussi.


Pourtant, adhérer au récit peut demander un petit moment. Nokuto Koike, malgré l'aspect plutôt parodique, ne change aucunement son style par rapport à ses mangas horrifiques sérieux, et ses habitués pourront alors être assez étonnés, car son humour apparaît alors plutôt "pince-sans-rire" et joue uniquement sur le décalage. Et puis le schéma, en plus de ne pas vraiment proposer d'introduction, peut apparaître assez redondant sur l'ensemble du tome. Pourtant, petit à petit ça fonctionne, on finit par attendre à chaque nouveau chapitre de voir comment telle situation va se révéler étrange, et puis l'auteur parvient quand même à installer petit à petit quelques enjeux autour de quelques personnages récurrents : le père de Kouichi, puis la dénommée Eiko Kobayakawa, une lycéenne qui affirme vouloir sauver la ville.


Sur ce premier tome, Scary Town est une petite lecture étrange, qui peut demander un petit temps d'adaptation, puis qui finit par se laisser lire avec curiosité, surtout si l'on aime ce type d'humour pas forcément facile à appréhender. Au-delà du schéma un peu redondant, Nokuto Koike installe un cadre, une ambiance et quelques personnages plutôt prometteurs pour la suite.


Komikku offre une édition soignée, avec un papier épais et souple, une bonne impression chez Aubin, une traduction claire de Masaya Morita. La jaquette, très proche de la Japonaise, s'offre un logotitre assez efficace, et on y appréciera le contraste entre le rose et le jaune pétants et la tête horrifique de zombie.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

13 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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