Samuraï Comeback Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 13 Febuary 2020

Les éditions Akata aiment les mangakas qu'elles ont permis de faire découvrir en France, et elles ne cessent de le prouver, en continuant d'éditer des artistes qu'elles avaient d'abord publié(e)s à l'époque de leur collaboration avec Delcourt. On peut citer Hiroshi Hirata avec L'argent du déshonneur, Ichigo Takano avec orange, Natsumi Aida avec Ugly Princess, ou plus récemment Ayumi Komura avec Bless You et Hideki Arai avec La vie devant toi. Et en ce début d'année 2020, c'est un autre auteur qui fait son retour !

Tsuru Moriyama est un auteur que nous avions effectivement pu découvrir il y a déjà dix ans, en 2010-2011, à l'époque de la collaboration d'Akata avec Delcourt, avec deux récits sociaux, Un bol plein de bonheur et Mon Vieux, des récits familiaux abordant les relations parent/enfant dans des milieux plutôt défavorisés. Cependant, c'est avec une oeuvre bien différente qu'on retrouve le mangaka ici, puisque celle-ci intègre la collection WTF?!, ce qui veut déjà tout dire !

De son nom original Shippu Jinrai, Samuraï Comeback est une série en 5 volumes qui fut publiée de 2001 à début 2003 dans le magazine Big Comic Spirits des éditions Shôgakukan. Il s'agit donc d'une série dessinée entre Mon Vieux (antérieur, datant de 2000) et Un bol plein de bonheur (postérieur, datant de 2006). Cette fois-ci, le mangaka proposer un récit barré où les 4 plus éminents samouraïs du célèbre Shinsen-Gumi se retrouvent propulsés dans le Kyoto contemporain.

Car telle est l'improbable mésaventure qui tombe sur Kondô Isami, Hijikata Toshizô, Okita Sôji et Harada Sanosuke. Alors en train d'exercer leur implacable sentence dans une célèbre auberge du Kyôto de 1864, les 4 membres de cette faction de samouraïs nationalistes se retrouvent inexplicablement téléporté dans cette même ville à notre époque (ou, plus précisément, au début des années 2000). D'abord complètement perdus, forcément, ils comprennent petit à petit leur situation, et doivent naviguer dans une ville qui a complètement changé en près de 150 ans... au risque de parfois commettre des actes qui ne passent plus vraiment à notre époque (comme décapiter des bandits/terroristes, par exemple, c'est vrai que ça le fait moyen).

Quitte à parfois prendre quelques raccourcis narratifs dans les transitions, ce premier tome ne traîne pas, afin de poser vite et bien un concept qui certes peut avoir un petit goût de déjà-vu dans son concept (et non, on ne va pas comparer la série à nos films franco-français Les Visiteurs), mais qui trouve immédiatement ses marques en jouant tout d'abord sur le décalage complet de ces quatre fiers guerriers virils transportés dans notre époque, totalement différente de ce qu'ils connaissaient en 1864. Avec leurs visages excessifs à souhait, ils font facilement sourire quand on les voit d'abord complètement perdus et hagards, puis quand ils se retrouvent dans diverses situations dont il ne comprennent pas tout, abordés par des gyarus, résolvant à leur manière extrême une attaque terroriste, etc... Les gens qui les croisent peuvent tantôt les trouver d'abord rigolos avant de s'interroger plus sérieusement en les prenant pour des fous, tantôt s'inquiéter plus franchement face à leur comportement qui est forcément issu d'un autre temps... le tout jusqu'à ce qu'ils s'attirent forcément, bien malgré eux, simplement en respectant les moeurs de leur époque, bien des soucis. La suite du récit devrait alors prendre des allures de course-poursuite rythmée, et on attend de voir cela avec impatience. En attendant, il est bon de noter que, dans son ton, Moriyama ne se prend aucunement au sérieux. On peut éventuellement, en filigranes, s'interroger sur les changements totaux entre une époque et une autre, ou sur l'aspect forcément inadaptés de ces quatre homme, mais c'est bel et bien l'humour fun, un peu bourrin et excessif qui domine.

Et il domine d'autant mieux que le trait de l'auteur est bien adapté à ce genre de récit. Moriyama avait déjà un côté un peu excessif dans ses deux précédentes oeuvres parues en France (enfin, surtout dans Mon Vieux), et il surexploite ici cet aspect avec plusieurs situations barjots (il faut les voir exhiber virilement les têtes décapitées des terroristes) et des expressions faciales qui font bien souvent dans la surenchère.

La série démarre donc plutôt bien, en remplissant sans souci le cahier des charges promis. Et après ce qui s'apparente un peu à une longue introduction donnant bien le ton, on est très curieux de voir comment va se développer ce récit déjà bien frappé !

Du côté de l'édition, un constat s'impose: comme l'avait signalé Akata lors de son annonce de l'acquisition de la série, la matériel fourni par l'éditeur japonais est ancien, et cela se ressent un peu. L'impression se veut dans la même excellente qualité que d'habitude de la part de l'éditeur, mais on voit bien dans les planches elles-mêmes que le matériel d'origine n'est pas impeccable, avec par exemple des cases parfois sombres. Rien de vraiment embêtant toutefois, et Akata a fait de son mieux ça se voit. Il a aussi fait de son mieux concernant la jaquette, totalement originale, conçue par Tom "spAde" Bertrand, et très efficace dans sa façon de présenter les 4 héros complètement abasourdis ! Là aussi, le besoin d'Akata de faire des jaquettes inédites résulte de l'ancienneté voire de l'absence du matériel japonais. En dehors de tout ceci, le papier est très bon, le travail sur les onomatopées est convaincant, et la traduction d'Aurélien Estager s'avère très efficace en jouant parfaitement sur les différences de langage entre nos 4 samouraïs et les gens de notre époque contemporaine.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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