Reine d'Egypte Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 08 January 2018

Critique 2


Malgré l'éviction de Sothis, la première maîtresse de Pharaon, Hatchepsout est loin d'obtenir gain de cause, elle sera même accusée d'entretenir une relation avec son scribe qui est banni du palais et dois quitter le royaume... Mais la reine ne baisse pas les bras et garde en tête son objectif de s'emparer du trône pour le bien de son peuple, mais bien des obstacles vont encore se dresser face à elle! 


Si le ton dans le second volume s'était durci, qu'il se montrait plus sombre et plus malsain, avec la multiplication des complots et bassesses, ce troisième opus reste dans la même veine, et plus que jamais, si avec le premier opus on avait pu comparer la série à Bride Stories, on s'en éloigne grandement ici!


Maintenant que la menace que représentait Sothis a été écartée, la principale préoccupation de la reine est d'avoir un héritier à contrôler...mais se refusant à son Pharaon (qui rappelons le est aussi son frère), elle va devoir adopter...et qui de mieux que le propre enfant de Touthmosis lui-même? Pour cela elle va retourner auprès de Sothis qui porte un troisième enfant du Pharaon...un marché est alors passé pour que la jeune reine devienne la mère adoptive de l'enfant encore à naître! 


D'emblée, par ses tractations ayant pour but le contrôle d'en enfant, le ton est donné, et il est désormais clair que Hatchepsout n'est plus la jeune fille naïve qu'on a connue, désormais son ambition (toujours pour le bien du peuple) prévaut sur le reste, elle ira même jusqu'à repousser sa nourrice, celle qui l'a élevée, nouvelle preuve de sa détermination... 


Mais elle n'est pas la seule à être déterminée et prête à tout, et elle devra se confronter aux prêtres d'Amon, maîtrisant la politique bien mieux qu'elle! 


Ce tome ne sera donc qu'intrigues et jeux de dupe afin de se rapprocher du pouvoir, et il se déroulera sur plusieurs années, le volume reposant sur de nombreuses ellipses... Ainsi l'enfant à naître de Sothis au début du tome aura trois ans à la fin du même volume; la jeune reine donnera elle aussi naissance à un enfant au cours de ce tome et la grossesse de n'étendra pas sur plus de quelques pages!


Mais ce qui frappe le plus c'est la dureté du volume, alors que certains auraient pu en rester sur le fait que la série ressemble au moins graphiquement à d'autres titres "tranches de vie" plus légers, nous assistons à des scènes assez violentes, à la fois visuellement (des têtes tranchées), mais aussi psychologiquement avec une scène s'apparentant à un viol... Là encore la détermination de Hatchepsout n'est plus à questionner, mais sa morale par contre a bien évolué, elle en deviendrait presque antipathique allant jusqu'à commettre l'irréparable à la fin du tome pour réaliser ses ambitions... 


On ne voit désormais plus le personnage principal, ni même le titre avec le même œil, et la façon de l'aborder a également évolué, mais c'est sans doute une excellente chose! 


Critique 1


Senmout étant parti en exil, Hatchepsout se voit privée d'un de ses plus précieux soutiens. Mais elle n'est pas seule pour autant et à sa manière, la Reine tente de s'imposer et de faire changer l’Égypte. Mais c'est sans compter la corruption qui règne au palais, sans compter Thoutmosis qui voit de moins en moins bien les agissements de son épouse et sœur...


Avec le retrait de Senmout au sein de l'intrigue, c'est une Chepsout seule que l'on s'attendait à retrouver. Mais il n'en est finalement rien : le temps se déroulant rapidement au sein du récit, ce grâce à des ellipses efficaces et bien dosées, l'entourage et les soutiens de la Reine se font plus nombreux que précédemment, permettant à Chepsout de contribuer au règne, à sa manière, mais néanmoins dans l'ombre afin de ne pas éveiller la méfiance du Pharaon.


Ainsi, ce troisième opus propose bon nombre d'éléments pour narrer l’ascension de cette Reine, il va même jusqu'à conclure tout un arc narratif, de manière à faire entre l'histoire dans sa seconde étape, ce qui permettra à la série de redéfinir ses enjeux dès le volume suivant.


Si on pouvait reprocher aux premiers tomes de se montrer assez manichéens vis-à-vis de ses personnages, Chepsout étant forte et dotée d'un cœur pur tandis que Thoutmosis s'est caricaturalement montré comme un monarque égoïste et porté sur la guerre, les femmes et la boisson, cette suite se montre bien différente. Dans sa progression et par rapport aux expériences qu'elle a vécues, la Reine est désormais plus impitoyable, sans toutefois devenir excessivement captivée par son ambition. Chie Inudoh établit ici un excellent équilibre de son personnage, Chepsout étant toujours dépeinte comme une figure aux ambitions nobles tout en étant amené à faire des paris risqués, voire moralement douteux, notamment en ce qui concerne son entourage proche. Certains en viendront même à éprouver quelques pointes de mépris vis-à-vis d'elle au cours de la lecture, un choix sans doute volontaire de la mangaka qui préparait la nuance de la protagoniste. La construction de Chepsout est encore plus légitime qu'elle est amenée à connaître de multiples émotions dans ce tome, de la détermination au désespoir, ce qui a tendance à expliquer les changements de personnalité du personnage à quelques reprises.


Si tout semble centré sur la Reine, la portée historique du titre ne disparaît pourtant pas dans ce troisième opus qui s'appuie sur quelques notions d'Histoire, comme les tensions avec le royaume de Mitanni, dirigé par le roi Shuttarna II, un monarque qui a réellement existé. Chie Inudoh ne construit donc pas son récit par hasard et conserve une crédibilité histoire, sans non plus renier le ton politique de son œuvre. Ce tome est même une preuve flagrante puisque son son ensemble, tout n'est que jeux de pouvoir et trahisons en tous genres, permettant au récit d'avancer à très bon rythme, de ne pas être avare en rebondissements et d'amener le titre à l'essentiel. Pour ces raisons, les ellipses sont fréquentes et rythment l'intrigue, si bien que ce troisième opus est certainement le plus riche en termes d'événements et de progression.


Difficile alors de bouder son plaisir, et Reine d'Egypte constitue toujours une excellente lecture. Par son rythme, ses nuances quant à ses personnages et son ton beaucoup plus sombre que dans les deux opus précédents, le récit de Chie Inudoh continue de captiver. Et maintenant qu'un cap semble franchi dans la série, il est dur de ne pas être impatients à l'idée de découvrir la suite de l'ascension de la Reine Chepsout.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Erkael

17 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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