Critique du volume manga
Publiée le Vendredi, 23 Janvier 2026
Tandis que la police, menée par l'inspecteur Akazawa, est convaincue de la culpabilité de Tomoya Endô et fait tout pour lui soutirer des aveux, de son côté maître Matsukaze reste dans le doute depuis qu'il a écouté l'enregistrement audio confié par Kamii, dans lequel Haruo Yamashita présente ses excuses à Endô lui-même... Pour quelle raison s'excuse-t-il exactement ? On l'apprendra en temps voulu, car dans l'immédiat l'attention de l'avocat se porte désormais sur un autre personnage-clé de toute cette affaire: Someda, le gérant de la gargote de ramens où Komugi et son père avaient leurs habitudes. L'entretien de Matsukaze avec le vieil homme semble plutôt porter ses fruits pour éclairer certaines choses... mais Someda est-il totalement honnête dans ses dires ? Si l'avocat ne cherche pas plus loin dans l'immédiat, le lectorat lui, a l'occasion de comprendre que le vendeur de ramens cache encore quelque chose...
Ce quelque chose, il fait assurément une grosse partie du sel de ce troisième volume, car Someda est voué à occuper une place grandissante au fil des pages, que ce soit à travers sa discussion avec Matsukaze, lors de ses interactions avec Komugi, quand il donne son témoignage à la police contre Tomoya Endô... et, surtout, lors de certains appels téléphoniques avec une personne mystérieuse qui le manipule très clairement. S'il apparaît évident que Someda détient un fragment de la vérité, on sent que sa situation, où il est à la fois un fautif et un pion dans quelque chose de plus ample, le pousse à ne pas révéler dans les détails ce qu'il sait...
Mais bien sûr, le volume ne se limite pas à cela, et nombre d'autres personnages intriguent toujours, que ce soit la procureure Anan, le journaliste Kamii qui garde une certaine ambiguïté derrière son rôle essentiel, et certains autres sur qui on a facilement envi d'émettre des hypothèses. Mais justement, à ce jour quasiment tout ne reste encore que de l'ordre de l'hypothèse, hormis une chose qui se confirme bien: malgré elle, Komugi semble être la clé de cette affaire opaque... ou, pour être plus précis, de ces affaires, puisque le lien étroit entre la mort de Haruo et l'affaire de Higashi-Kayama d'il y a vingt ans ne fait plus le moindre doute.
Notre héroïne, justement, continue, dans sa quête de vérité, de naviguer entre les mensonges, les non-dits et les secrets, en se demandant en qui elle peut vraiment faire confiance, la réponse la plus fiable étant assurément Matsukaze à ce jour. Tourmentée par l'hypothèse de Kamii selon laquelle elle ne serait pas la fille biologique de Haruo Yamashita (comme l'attesterait le test ADN de sa sinistre tante) et pourrait en réalité être Uta Hayashikawa, la jeune femme, tout en comptant sur l'aide de l'avocat, poursuit tout de même aussi ses recherches de son côté, en tâchant de ne pas se laisser démonter, et éventuellement en comptant aussi sur le soutien de son amie de toujours Arisa, tout ceci la rendant encore un peu plus attachante.
A l'arrivée, on reste sur une lecture toujours aussi stimulante, tant Rito Asami gère efficacement les avancées, hypothèses et mystères opaques de son récit pour nous offrir un très bon polar. On se laisse ainsi happer, jusqu'à une dernière page particulièrement inquiétante qui n'annonce rien de bon...
21/01/2026
08/04/2026