Perfect World Vol.11 - Actualité manga

Perfect World Vol.11

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 20 January 2021

Chronique 2 :

Voici déjà de nombreux mois que Tsugumi et Itsuki font de véritables montagnes russes dans leur désir d'avoir un enfant et de fonder une famille. Le jeune couple est régulièrement passé de l'espoir au renoncement, du soutien aux petites disputes par épuisement psychologique... et tout ça pour quoi ? La PMA est un échec, la jeune femme a à présent dû arrêter son traitement... mais nos deux héros n'ont aucunement l'intention d'abandonner leur rêve commun, car ils prennent conscience qu'ils ont encore une solution: l'adoption. Mais entre les démarches contraignantes, les doutes concernant notamment le handicap d'Itsuki, ou encore les questions professionnelles autour du travail, ce nouvel espoir sera-t-il le bon ?

Avec le dixième volume de Perfect World, Rie Aruga nous offrait une lecture à la fois réaliste et douloureuse dans son abord, loin d'être idéalisé, du désir d'Itsuki et de Tsugumi d'avoir un enfant naturel. Des épreuves dures, que la mangaka a su aborder avec réussite, et avec une émotion forcément au rendez-vous, surtout en repensant à tout ce que le jeune couple a déjà traversés ensemble par le passé. On attendait, espérait alors forcément qu'enfin, nos deux personnages principaux accèdent au bonheur tant souhaité, celui de bel et bien fonder leur famille. La voie de l'adoption est désormais celle choisie dans ce volume plus calme et positif, et il s'agit d'un nouvel aspect que Rie Aruga, comme à son habitude, s'applique à dépeindre avec réalisme, sans doute grâce à une documentation que l'on devine méticuleuse.

Ainsi, l'autrice nous présente ici, de façon très efficace, les grandes lignes du système d'adoption au Japon, avec ses étapes pouvant être aussi contraignantes que nécessaires afin de s'assurer du bien-être du bébé à venir. Aruga aborde comme il se doit l'importance de personnes travaillant sur l'adoption comme la conseillère pour les démarches, la consultante et les formateurs. Le besoin des parents néophytes de suivre des formations, la vérification du lieu d'habitation comme cadre de vie adapté à l'enfant, ou encore la vérification de l'état psychologique et physique des futurs parents, sont autant de choses qui sont bien évoquées. Avec même, à la clé, quelques informations annexes pertinentes: le fait que les adoptions restent plus rares au Japon que dans d'autres pays, le manque d'équipement pour bébé adéquat à des parents handicapés...

Cet abord riche de la chose signifie également des démarches assez contraignantes pour notre jeune couple vedette, mais des démarches qu'ils ont toujours à coeur d'effectuer ensemble, en montrant bien leur désir sincère de prendre soin d'un petit être... quand bien même d'autres doutes plus personnels viennent s'en mêler. Dès le début du tome, Itsuki craint forcément une chose: son handicap risque-t-il d'être pris en compte dans l'analyse de leur dossier ? Le fait qu'il soit handicapé peut-il être un frein à l'adoption ? Mais il y a également les questionnements professionnelles, à l'heure où Tsugumi se voit proposer un ambitieux projet qui pourrait enfin faire décoller son vieux rêve de carrière, mais qui signifierait pour elle l'impossibilité de prendre un congé parental... La rapport presque conflictuel entre vie parentale et vie professionnelle est, ainsi, honnêtement abordé lui aussi. Mais ce qui en ressort aussi, c'est bien la cohésion qui continue d'exister entre nos deux héros, leur soutien mutuel, leur désir profond de construire ce bonheur ensemble.

Ensemble, mais pas seuls. Car peut-être plus que jamais dans la série, Itsuki et Tsugumi auront besoin du soutien de leurs proches, de leur entourage. Cela passe par les employés liés à l'adoption, bien sûr, mais aussi par les parents (ce qui donne lieu a un très joli petit focus sur la relation entre Itsuki et son père non-biologique), par leurs amis qui eux aussi connaissent des évolutions familiales importantes (Aya a enfin son bébé, la compagne de Nabe est enceinte)... Et en parallèle de tout ça, Rie Aruga a l'excellente idée de ne pas même oublier les deux figures éconduites des précédents tomes, Koré-éda et Nagasawa, que l'on retrouve avec, parfois, de nouvelles perspectives de bonheur. C'est surotut le ca sici pour Koré-éda, le prétendant éconduit de Tsugumi qui, bien plus qu'un rival amoureux basique, était vraiment lui aussi un homme bien travaillé, droit, attentif et attachant. Alors le voir s'offrir enfin une nouvelle perspective de bonheur est forcément un bonheur, d'autant plus que, là aussi, Aruga arrive à donner beaucoup de sens à son parcours à travers le handicap de Nonoka.

Enfin, les petits à-côté sont des choses que l'autrice n'oublie jamais, et elle le prouve encore très bien ici. Ne serait-ce qu'à travers l'abord forcément poignant de cette mère biologique de 22 ans ne pouvant garder son enfant pour des raisons cruelles (un compagnon qui n'assume pas et qui mériterait des claques, des soucis financiers et familiaux...). Ou via l'évocation de choses assez modernes comme le fait qu'il n'existe pas qu'un seul modèle de famille ou les congés parentaux pris par des hommes.

En somme, si le volume est à nouveau très riche et bien documenté, il est également très humain, intelligent dans son petit portrait de société, et largement touchant mais pour des raisons bien différentes du volume précédent. Après tous les efforts faits par Tsugumi et Itsuki, tout ce qu'ils ont traversé, toute la symbolique de certains moments, on a forcément envie de les voir enfin pleinement heureux, chose que l'on ne peut que souhaiter pour le 12e tome, qui marquera la fin de la série.

"A présent... tout fait sens. Les traitements épuisants, l'impossibilité de tomber enceinte... Maintenant, je sais que c'était pour te rencontrer."

Notons, enfin, l'assez longue et très intéressante postface de Rie Aruga, l'autrice y exposant notamment les quelques changements qu'elle a apportés à la dernière ligne droite de son oeuvre, ce qui lui a permis d'aborder des aspects supplémentaires via ce tome.


Chronique 1 :

Les tentatives de PMA de Tsugumi et Itsuki se sont soldées par un échec. Le couple connaît alors le chagrin de ne pas avoir d'enfant... Jusqu'à ce qu'une dernière solution s'offre à eux : L'adoption. Mais là aussi, le parcourt n'est pas simple, et tous deux craignent que la situation de handicap d'Itsuki soit un frein dans les démarches. Et de son côté, Tsugumi se voit proposer ce qu'elle espérait depuis un moment : Une promotion. Mais celle-ci pourrait ne pas être compatible avec l'éventuelle arrivée d'un enfant dans son foyer...

Tout en marquant une grande avancée dans l'intrigue de la série, le dixième volume de Perfect World s'est montré déchirant. Un opus injuste pour les deux personnages qui ont énormément souffert avant d'être définitivement ensemble et mariés, et qui auraient bien mérité que leurs rêves s'honorent sans trop de difficulté. Chose intéressante, cet aspect pessimiste n'était pas prévu dans l’œuvre initialement, Rie Aruga confiant la direction de son histoire qu'elle prévoyait dans un premier temps. Et si l'intrigue s'écarte donc des intentions d'origine de l'autrice, ce qu'elle nous propose finalement n'en n'est pas moins touchant et hautement instructif, respectant ainsi le postulat du manga.

Ce onzième tome se consacre alors quasi exclusivement au nouveau combat des deux tourtereaux, celui de l'adoption, avec son lot de démarches et de complications que cela implique. Comme à son habitude, Rie Aruga livre un récit fort émotionnellement et particulièrement bien documenté, chose perceptible grâce aux nombreuses informations distillées et au fait que chaque étape du couple soit passé au crible. Si le tome est globalement plus calme que le précédent, notamment parce que l'autrice nous épargne quelques drames douloureux, il reste particulièrement saisissant pour tout ce qui est raconté autour du système d'adoption au Japon, et tout ce qui est raconté concernant nos personnages fétiches.

Car à un tome de la fin de la série, il est temps d'amener Tsugumi et Itsuki vers leur point final, ce que l'opus contribue largement à faire. La question étant de la possible issue optimiste du couple étant donné la situation de handicap d'Itsuki, une certaine tension subsiste chez le lecteur, redoutant toujours un nouveau coup dur. Néanmoins, les moments de pure émotion proposés sont à la hauteur de ce que Rie Aruga a développé : Ils résonnent à merveille avec les derniers événements et avec l'ensemble de la série, et font vibrer sans mal aucun notre corde sensible. Tout en restant très pudique dans sa mise en scène, la mangaka sait nous toucher, grâce à tout ce qu'elle a raconter jusqu'ici.

Enfin, on appréciera même le chapitre final centré sur Kore-Eda et son devenir sentimental, confirment le fait que la série soit entrée dans sa phase finale. L'artiste en profite pour aborder d'autres points de la thématique centrale de sa série avec une relation nouvelle mais pleine de douceur, donnant en quelque sorte au personnage un point final totalement en phase avec l’œuvre. Pour Kore-Eda qui a endossé, depuis le début, le rôle du rival amoureux parfaitement équilibré, on ne pouvait rêver meilleur finalité.

C'est donc un avant-dernier tome fort, et dense pour tout ce qu'il raconte, que Rie Aruga nous narre, amenant doucement son œuvre vers son point culminant. Comme à l'accoutumée, c'est toujours aussi émouvant et instructif, aussi Perfect World aura constitué une lecture aussi belle qu'intelligente jusqu'au bout. Maintenant, on s'attend déjà à un dernier volume douloureux, car il sera l'heure des adieux avec Itsuki et Tsugumi.
   

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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