Our Colorful Days Vol.1 - Actualité manga

Our Colorful Days Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 25 June 2020

Entre 2016 et 2017 en France, l'auteur Gengoroh Tagame nous a éblouit avec Le Mari de mon Frère, tranche de vie et drame social dans lequel un japonais fait la rencontre de son beau-frère, Mike, mari de son défunt frère. Un récit aussi envoutant que touchant, et particulièrement important pour les messages qu'il véhicule.

Il n'était donc pas si étonnant que l'artiste lance en 2018 une série dans ce même registre, éloignée des récits érotiques qu'il propose bien souvent. Bokura no Shikisai démarre dans le Gekkan Action des éditions Futabasha, titre dont les droits ne tardent pas à être acquis par les éditions Akata. Au printemps 2019, c'est d'abord au format numérique que le manga est proposé, sous le titre Our Colorful Days, avant qu'une édition physique soit lancée en ce mois de juin 2020. Un timing idéal puisque deux opus sont déjà parus au Japon, et que la série est confirmée sur trois tomes au total.

Lycéen ordinaire, Sora cache un secret : Il est gay et n'a jamais fait son coming-out. Il est très amoureux de Yoshioka, l'un de ses amis qui ne connait donc pas ses sentiments. Jusqu'à présent, il encaissait les remarques homophobes de son entourage... jusqu'à la plaisanterie de trop qui le pousse à sécher une après-midi de cours. Profitant d'un peu de tranquillité pour s'érer l'esprit, il s'endort près d'un rivage jusqu'à ce qu'un homme d'un certain âge apparaisse face à lui pour lui avouer ses sentiments...

Dans ce premier tome de Our Colorful Days, la rupture avec Le Mari de mon Frère est vite établie. Le protagoniste n'est plus un homme canadien qui ne cache pas son homosexualité, mais un adolescent japonais qui garde celle-ci secrète. Une orientation différente qui, on le comprend au fil de la lecture, traduit toutes les idées de la nouvelle série de Gengoroh Tagame. Ici, l'auteur parle de la manière d'affirmer sa différence avec recul, mais aussi de la difficulté à être gay particulièrement quand on est adolescent. Une démarche qui correspond très bien à l'un des aspects de la série précédente de l'auteur où il présentait déjà des portraits de garçons homosexuels différents, avec une volonté authentique.

C'est donc le jeune Sora que nous sommes amenés à suivre, un lycéen amoureux de l'un de ses meilleurs amis, mais qui choisit de garder ses attirances pour lui. Un choix juste qui nous fait vite comprendre la difficulté pour un garçon comme lui de s'épanouir pleinement, dans une société où le plus grand nombre soupçonne pas forcément la banalisation des comportements discriminants. Outre le message social derrière cette amorce, l'empathie avec le personnage principal est créé, et le lecteur se questionne sur la manière dont Sora pourra trouver une paix dans la vie de tous les jours.

A côté de ça, Gengoroh Tagame renoue avec l'ambiance si douce et prenante de son œuvre précédente. Car si les message derrière ce premier volumes sont forts et sérieux, l'auteur les développe avec une grande bonté de ton, ce en développant une alchimie entre le héros et le mystérieux homme qui lui dévoilera ses sentiments en début d'oeuvre, ainsi qu'avec Nao, son amie d'enfance. Au fil des chapitres, un triangle de générosité se forme, avec comme passionnant fil rouge l'évolution des rapports entre Sora et son amie, et la manière dont l'attachant homme deviendra une figure de mentor et d'accompagnant pour le personnage principal. Les liens présentés sont purement humains et happent à eux seuls, tandis que le café où les trois compères se retrouvent deviendra le lieu des amitiés et de la progression personnelle de chacun.

Toute cette atmosphère est habilement mise en lumière par le style si reconnaissable de Gengoroh Tagame. Ses personnages gardent cette crédibilité esthétique mais aussi des expressions pleines d'humanité qui contribuent à la générosité de ton du titre. C'est une marque qui était présente dans Le Mari de mon Frère, et qu'on prend un immense plaisir à retrouver dans ce titre.

Côté édition, Akata livre une très bonne copie. Comme à son habitude pour les formats medium, l'éditeur propose un papier épais tandis que la traduction de Bruno Pham (aussi responsable éditorial de l'éditeur) sied parfaitement à l'ambiance du titre et à ses messages.

Ainsi, ce premier tiers de Our Colorful Days se savoure pour toutes ses nuances. D'un côté, Gengoroh Tagame livre un nouveau message social important (et peut-être plus amer que dans Le Mari de mon Frère) tandis que la bonté humaine qui se dégage du titre happe sans mal, en plus de véhiculer de jolis messages optimistes sur l'acceptation mutuelle. Un très bon début, comme on pouvait s'y attendre de l'auteur, si bien qu'on regrette déjà que la série ne soit prévue que sur trois volumes.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction






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