Orange - Roman Vol.1 - Actualité manga

Orange - Roman Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 04 August 2017

Le manga Orange d’Ichigo Takano est sans conteste l’un des phénomènes shôjo de ces dernières années, par ses 5 millions d’exemplaires tirés au Japon d’abord, mais aussi par son succès indéniable dans l’hexagone qui a poussé les éditions Akata à réimprimer plusieurs fois certains opus. La popularité de l’œuvre s’est traduite par différentes adaptations, un drama démarré fin 2015 dans un premier temps, puis une adaptation animée par le studio TMS Entertainment l’année dernière, composée de 13 épisodes et un long-métrage. Fort de ce succès, les éditions Akata ont lancé un pari audacieux : s’ouvrir au marché du roman via des adaptations littéraires de leurs shôjo phares, ce grâce à un partenariat avec les éditions Nisha. Sans surprise, c’est la version romane d’Orange qui ouvre le bal, une adaptation en trois volumes, écrite par Yui Tokiumi, aussi connue par les versions roman de Chihayafuru.


L’histoire n’a donc pas changé d’un iota, elle est celle du manga. Naho, une lycéenne un peu réservée, mais d’une grande gentillesse reçoit un jour une lettre de son homologue du futur. Dix ans plus tard, Naho est habitée par le regret et a tenu à changer le passé, en s’adressant directement à elle-même par une lettre qui lui indiquera comment changer le cours du temps. Ce jour-là, la jeune Naho fait connaissance avec Kakeru, un élève fraichement arrivé dans son lycée. Rapidement, le garçon deviendra le centre de la lettre et tandis que les sentiments de Naho pour le jeune homme se développeront, elle se rendra compte que c’est le destin de son bien-aimé qu’elle va devoir changer.


Ceux qui ont lu le manga d’origine ou vu l’anime ne seront pas décontenancés par le contenu de ce premier opus : l’intrigue est exactement celle élaborée par Ichigo Takano. Ce premier volume adapte un tome et demi de la version originale, en se montrant très fidèle à celle-ci sans jamais s’éloigner des intentions scénaristiques de la mangaka d’origine. L’histoire est donc celle de Naho, une lycéenne qui va devoir faire face à son futur et aux regrets qu’elle est amenée à éprouver si certains événements ne changent pas. L’intrigue nous offre ainsi une romance, classique à première vue, avec un zeste de science-fiction marqué par la présence des lettres venues du futur qui dicteront certaines marches à suivre pour la jeune Naho qui, au fil des semaines, sera bien forcée d’admettre la véracité des écrits que lui a destiné la « elle » de dix ans plus tard.


Orange est une œuvre qui peut être lue et interprétée de multiples manières, et les différents aspects du récit sont autant d’arguments qui peuvent séduire. Il y a d’abord l’histoire d’amour, assez classique, entre la timide Naho et le beau Kakeru, une relation qui virera de plus en plus au triangle amoureux vis-à-vis du bienveillant Suwa. Mais au-delà de cette amourette, Orange est une série imprégnée d’adolescence et d’amitié, une légèreté qui, grâce à son cercle d’ami rappelant souvent l’insouciance des années lycée, donne une bonne bouffée d’air frais, un argument qui a permis au manga de briller dans le paysage du shôjo. La dimension SF liée aux lettres apporte, elle, un intérêt scénaristique indéniable, apportant des enjeux relativement apportant ainsi qu’une tension plutôt permanente, la question étant de savoir si Naho pourra respecter chaque ordre des missives et si elle parviendra à honorer sa mission finale : celle de sauver Kakeru. Et derrière cette touche originale dans une œuvre de romance lycéenne, Ichigo Takano a exploré tout un tas de sujets dans lesquels il est facile de se retrouver tant il est universel pour quiconque a vécu la phase de l’adolescence : les amitiés d’abord, mais surtout le premier amour et les regrets qui peuvent aller avec. Il est donc facile de se retrouver dans le personnage de Naho, une jeune fille réservée, mais développée sans excès et qui ne correspond pas à certains clichés maintes fois véhiculés dans le shôjo. Kakeru, lui, s’attire progressivement l’empathie du lecteur par les troubles qui le caractérise, le jeune homme symbolisant l’adolescent amené à vivre des moments particulièrement difficiles dans une période déjà assez trouble. On pourra peut-être regretter l’entourage des deux protagonistes qui donne l’impression d’être plus effacé sur le format roman, le manga permettant de les mettres en image même lorsque la parole ne leur est pas donnée. Toutefois, certaines figures, comme Suwa, s’illustrent progressivement davantage, et la suite de l’histoire ne fera que renforcer les rôles de ces différents camarades.


Concernant l’adaptation littéraire à proprement parler, Yui Tokiumi s’est indéniablement imprégnée de la force du récit original. D’abord parce que son adaptation est très fidèle au manga et ne s’en détache jamais, et aussi parce que son interprétation au format roman est tout à fait crédible. La force de cette version littéraire est l’ajout de quelques phases de narration, permettant d’expliciter les ressentis de Naho tout le long de ce premier tome. Là où l’œuvre d’Ichigo Takano sublimait cet aspect par les expressions des personnages et les différents jeux de regard, le roman permettra, peut-être, de saisir certaines nuances à côté desquelles le lecteur avait pu passer. Et sachant qu’Orange est une œuvre riche grâce aux sentiments des uns et des autres en perpétuelle évolution, le choix de l’écrivaine est le meilleur possible.


A la manière d’un light-novel, certaines illustrations sont places ci et là, à quelques endroits cruciaux de l’intrigue. Toutefois, il ne s’agit que de réutilisations de cases du manga, le roman ne proposant pas de contenu graphique original à proprement parler, ce qui est un peu dommage.


Autour de l’édition, le partenariat entre Akata et Nisha a donné lieu à un ouvrage au format semi-poche, aux dimensions 130x190mm, à la couverture souple et sans jaquette. Le travail des deux éditeurs est globalement très bon : le papier affiche une qualité convaincante par son épaisseur, le texte est parfaitement agencé et centré et abouti à une lecture efficace, tandis que la traduction de Sayako Okada et Manon Debienne est réussite, car tout à fait conforme à l’esprit du récit, et à celui des personnages.


Première œuvre réussie pour le duo Akata x Nisha, donc. L’adaptation du manga d’Ichigo Takano par Yui Tokiumi, en plus de se montrer fidèle à l’œuvre originale, est maligne et fluide, respectant le manga de départ tout en apportant quelques subtilités efficaces par la narration. Les plus réfractaires au manga ou à la bande dessinée peuvent alors se plonger dans crainte dans cette belle histoire riche par ses thématiques et ses protagonistes, tandis que les fans du manga prendront plaisir à découvrir d’une manière différente ce récit touchant.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction






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