Ombre de Shanghai (l') Vol.5

L'évasion

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 31 March 2017

Monsieur Li a commencé à dévoiler ses intentions : s'il veut mettre la main sur l'ombre, c'est pour sauver sa propre peau, car celle-ci semble avoir un mystérieux lien avec lui. En comprenant que celle-ci apparaît souvent quand Gaspard est dans les parages, il décide de s'en prendre au jeune homme, ce qui tombe plutôt bien puisque celui-ci est mis injustement derrière les barreaux par le benêt commissaire Leclaire... Pour sauver celui qu'elle aime, Lila va peut-être devoir compter sur Clara... mais elle devra surtout surmonter la tristesse qui l'anime, celle de se voir repoussée par Gaspard, qui n'a d'yeux que pour l'ombre qui est secrètement en elle...

Le récit de Patrick Marty a un don pour faire ressentir la détresse d'une Lila décidément attachante dans ses tourments, elle qui souffre d'un amour sans retour, qui ne parvient pas à faire comprendre à Gaspard qu'elle et l'ombre ne font qu'une, et qui a toute les peines du monde à se faire à la présence de cette ombre qui pourrait lui voler non seulement son amour, mais aussi son existence... à tel point que l'idée de la mort arrive à l'esprit de la jeune fille. Mais dans ces élans presque tragiques, il reste auprès d'elle des figures bienveillantes, tel Feng qui veille dans l'ombre et cherche à percer le mystère de Li, et sa mère adoptive Eva qui prend conscience que la jeune chinoise souffre elle aussi dans son coin.

Entre le plan d'évasion pour sauver Gaspard, un Li qui continue de se dévoiler, d'intriguer et de constituer une menace de plus en plus dangereuse, et les tourments poignants de l'héroïne, le récit conserve un bon équilibre et parvient à faire monter peu à peu la tension dans ce Shanghai des années 1930, jusqu'à une fin de volume au parfum de danger et de mort plus palpable que jamais. Le seul problème est que certains rebondissements vont parfois trop vite (surtout dans la dernière partie du volume), contraignant Li Lu à effectuer quelques raccourcis côté mise en scène de l'action, ce qui a également pour effet de rendre un peu moins forts certains événements pourtant importants. La dessinatrice sait pourtant toujours aussi bien varier son découpage des cases et nuancer ses couleurs, les planches restant ainsi très belles et immersives. On appréciera à nouveau la part culturelle véhiculée par la préface, qui s'intéresse cette fois-ci à la soie et aux commerçants lyonnais.

A un volume de sa conclusion, L'Ombre de Shanghai reste une lecture bien équilibrée et prenante, qui conserve toute notre attention.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14 20
Note de la rédaction






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