No Money - Okane ga nai Vol.1 - Actualité manga

No Money - Okane ga nai Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 23 Juillet 2009

« Je ferai l’impossible … Même s’il n’y a que le fric pour te garder près de moi ! »

Suivant la sortie des deux premiers OAV de la série chez Kaze, le manga No Money, résultat de la collaboration de Tohru Kousaka au dessin et Hitoyo Shinozaki pour le scénario, est tout aussi remuant que sa version animée. L’histoire est bien sûr la même : Ayase Yukiya est vendu aux enchères par son cousin, ce dernier ayant contracté de colossales dettes de jeu. Trahi par sa seule famille sans toutefois comprendre la situation dans laquelle il se trouve, le jeune homme au regard d’ange est si fragile que de nombreux acquéreurs potentiels se le disputent. C’est finalement Kanô qui remportera la vente, pour la modique somme de 120 millions de yens (900 mille euros environ). Cet homme d’affaire sans scrupule va se transformer au contact du jeune Ayase, et ce malgré des débuts difficiles. C’est finalement ses difficultés à exprimer ses sentiments, pourtant très attentionnés envers celui qui semble l’avoir sauvé d’on ne sait quoi, qui ressortent principalement. L’histoire pourra en déranger plus d’un : la première relation entre les protagonistes est un viol, Ayase a l’air d’être à peine sorti de l’enfance malgré ses 18 ans proclamés, et on peine franchement à comprendre ce petit être pleurnichard et sans intérêt. Parfaite représentation du uke totalement soumis, Ayase ne fait plus preuve de gentillesse ou de naïveté, mais de stupidité. Il semble pardonner bien vite à celui qui l’a acheté puis violé, et la candeur et l’incompréhension qui règnent dans son regard énervent plus qu’autre chose.

Kanô, lui, est déjà plus complexe. Sa personnalité est torturée, ses réactions souvent contradictoires. De fait, ce sont ses pensées qui accompagnent le lecteur, et pas les émotions d’Ayase, que l’on perçoit cependant sans difficultés tant il est facile de le percer à jour. Le riche homme d’affaires a l’habitude d’obtenir tout ce qu’il souhaite par la force, et il pense que l’affection et le bon vouloir de son protégé ne dérogeront pas à la règle. Cependant, il doit faire preuve de prévenance et de tendresse pour arriver à faire flancher son compagnon. Sa brutalité est le reflet de ses hésitations, et la peur qu’il ressent à l’idée de perdre Ayase transforme sa prévenance en violence et ruse. Mais, s’il est intéressant, Kanô n’en reste pas moins peu crédible. Lui qui se veut insensible, et sous prétexte qu’il veut garder pur le sourire d’Ayase, oscille du tout au tout en jouant tantôt les brutes épaisses, tantôt les protecteurs amoureux … Il y a pourtant du potentiel dans cette situation, surtout que le scénario du manga pousse plus loin que celui de l’anime. On accède à quelques chapitres supplémentaires, ce qui est agréable et surtout plein d’humour, pourtant … ça ne prend pas. Les protagonistes n’en sont pas plus authentiques, et l’on a alors beaucoup de mal à s’identifier à eux, et donc à les apprécier.

De plus, les graphismes n’arrangent strictement rien. La dessinatrice ne semble pas connaître la notion de nuance, et stéréotype à outrance ses personnages, comme si leurs caractères antipodiques ne suffisaient pas. Ayase est larmoyant, frêle et fragile à côté d’un Kanô musclé, très grand et dont la main fait la taille du visage de son protégé. Sans compter les nombreuses erreurs de proportion (Kanô en est une à lui tout seul), on remarquera que l’exagération de la pointe du menton et la taille des yeux sont proportionnelles à la soumission et au manque de fermeté du personnage (évidemment, Ayase est le champion toutes catégories). Le seme mystérieux, le uke pleurnichard et plein de sollicitude, on connaît. De ce point de vue, No Money ne se démarque pas d’un iota des concepts classiques du yaoi. On remercie l’humour, qui sauve de temps à autre la narration et le graphisme peu attirants, ainsi que l’édition qui offre une présentation attrayante : la couverture est très esthétique, ainsi que la page couleurs et ce malgré des dessins imparfaits. Les ombrages, la traduction, le tout est satisfaisant même si le papier est parfois un peu fin pour tant de zones sombres sur certaines pages. Finalement, No money est une lecture qui se noie dans un univers de plus en plus vaste, sans arriver à se démarquer de quelque façon que ce soit.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM

11 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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