Nos c(h)oeurs évanescents Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 17 September 2020

Chronique 2 :

Enfant à l'ouïe exceptionnelle et à la voix cristalline, le sensible, pur et positif Yutaka a trouvé un endroit où il se sent bien au sein de la chorale de son collège, entouré de voix qui lui font chaud au coeur et qui éveillent nombre de choses en lui. Malgré quelques petites rivalités, il semble ne retenir que le positif de ce nouveau cadre où il pourrait s'épanouir, et s'est déjà fait quelques précieux amis comme le grand Tomoya ou même la mystérieuse Midori. Ensemble, les élèves de la chorale se sont même fixé pour objectif un concours de la NHK ! Mais en parallèle, Mme Ohashi, une enseignante qui est aussi la directrice musicale de l'opéra de Kawami, a conscience du don exceptionnel de Yutaka, au point de lui avoir proposé de s'essayer à l'opéra... Le collégien a promis à ses camarades de ne pas négliger la chorale pour autant, et va donc devoir se préparer sur deux terrains à la fois ! Mais tout va-t-il bien se dérouler ? En effet, tandis que côté opéra il doit s'apprêter à chanter au sein d'une oeuvre peu connue au Japon, côté chorale des dissensions commencent à se faire entendre: le si sérieux président Akitoshi a en tête une vision bien précise de la façon dont la chorale doit chanter, mais tout le monde est loin d'être d'accord avec lui...

Après un premier volume particulièrement beau, entraînant et qui esquissait une palette de personnages que l'on avait hâte de voir approfondis, le deuxième opus de Nos (C)hoeurs évanescents semble d'abord se poursuivre sur une optique un peu similaire, dans des premières dizaines de pages abordant différentes petites choses sympathiques comme le passé de M. Tomo à l'opéra en tant qu'amateur, le petit complexe de Tomoya qui se sent très ordinaire en dehors de sa grande taille, ou bien sûr les préparatifs des événements à venir autant côté opéra que côté chorale. Mais comme espéré au vu de la palette de visages variés, ce manga de chorale sera... choral, Yuhki Kamatani commençant d'ores et déjà à développer un peu plus d'autres visages que Yutaka ou même que Tomoya ou Midori, ces derniers étant presque secondaires à plusieurs reprises dans ce volume.

Ainsi l'accent est-il essentiellement mis sur le jeune garçon s'affichant sur la jaquette, Akitoshi. Face à sa vision très précise des choses concernant la chorale et le résultat que ça donne, sans oublier les petites remarques sévères de M. Ota, des voix commencent à l'élever, notamment celle de Yutaka qui dit la vérité avec la pureté qui le caractérise: les élèves chantent comme le président l'a décidé, mais pas comme une chorale. Akitoshi se montre pourtant buté, et l'occasion est alors idéale pour aborder les raisons faisant qu'il est ainsi: comment se sentir spécial quand on n'a d'après soi aucun véritable talent dans une famille d'artistes brillants ? Kamatani évoque efficacement le mal-$être qui'l peut y avoir en l'adolescent, notamment au travers de nouvelles très belles métaphores visuelles nous plongeant notamment ici dans l'espace, comme si Akitoshi était un extraterrestre aux yeux des autres... à moins que ce soit l'inverse ?

Qui plus est, le cas du buté Akitoshi permet aussi d'amener bien d'autres choses, surtout autour d'une facette du passé de la chorale, des raisons faisant que M. Ota montre un tel comportement à son égard, et par la même occasion du passé de cet enseignant. Il est alors assez intéressant de faire un parallèle entre Akitoshi et Ota, deux personnages qui s'opposent beaucoup et qui, quelque part, se ressemblent pourtant pas mal: l'un est un adolescent sur qui il peut y avoir de nombreuses attentes et qui craint de voir ses rêves lui échapper, tandis que l'autre est un adulte qui, précisément, n'a pu atteindre son rêve. Après tout, les adultes aussi ont été des enfants... Et au bout de cette opposition, c'est évidemment la chorale qui pourrait y gagner, en continuant de progresser à l'unisson.

Portée par une patte visuelle toujours aussi artistique, précise et belle, la lecture de ce deuxième volume confirme donc les attentes de bien jolie manière. Sans lourdeur, dans une narration enlevée, Kamatani entame bel et bien une oeuvre chorale qui devrait prendre soin d'aborder chacune de ses principales figures mais aussi le lien que ces personnages créent entre eux à travers le chant. On lira la suite avec beaucoup d'intérêt.


Chronique 1 :

Mme Ohashi offre une occasion en or à Yutaka : le faire intégrer une troupe d'opéra afin de profiter pleinement de son talent. Le garçon est conquis, mais n'abandonnera pas la chorale du collège pour autant. Tandis qu'un avenir radieux s'offre à lui, Akitoshi est en proie à de sérieux dilemmes. La chorale ne progresse pas comme il le voudrait, et les démons personnels du jeune homme ne vont pas arranger les choses...

Avec un premier volume aussi doux qu'onirique dans son esthétique, on était curieux de voir où Yuhki Kamatani mènerait l'aventure musicale du jeune Yutaka et de ses nouveaux compagnons de voix. Et tandis qu'un bel avenir s'offre au protagoniste de l'histoire, ce n'est pas forcément lui la vadette de ce second opus mais bien le personnage qui trône sur la couverture : Akitoshi Betsuyaku.

C'est alors tout le portrait du garçon au regard sévère qui est dépeint dans l'ensemble du tome, au poins de parfois éclipser les autres personnages. Avec cet axe du récit, l'auteur confirme l'un des aspects forts de sa série : Nos C(h)oeurs évanescents ne sera pas qu'une série sur la musique vocale, mais un véritable conte d'adolescence développant son casting en s'appuyant sur sa thématique et sur une narration aussi sublime à l'oeil qu'efficace quand il s'agit de dépeindre les émotions intérieures des concerné(e)s. Akitoshi en est la preuve puisque plus que la progression du héros, c'est le jeune homme qu'on prend plaisir à suivre, ce parce que le mangaka l'explore sous de multiples angles afin de lui donner une belle densité, et atteindre un cap dans son arc narratif en fin d'opus.

Et si on est tenté de s'intéresser à chaque figure au cas par cas, il y a un personnage plus global qui ressort encore plus de ce tome : La chorale du collège de nos petites têtes. Cette suite va plus loin que l'opus précédent en présentant ces camarades comme un ensemble qui doit progresser à l'unisson. Il est donc logique de voir le passé du club d'être montré, tandis que le dilemme vis à vis de M. Ota vient cristalliser cette idée qui confronte la chorale au cynique professeur. Dès lors, il n'est pas étonnant que même des personnages phares comme Yutaka et Midori soient en retrait dans ce tome, le groupe d'adolescents étant montré comme un chœur et une unique entité.

Beaucoup d'idées fourmillent donc dans ce nouveau tome, et celles-ci continuent d'être traitées par l'atmosphère si envoutante de Yuhki Kamatani. L'ensemble garde une tonalité douce et happante, ce parce que l'auteur n'en fait jamais trop pour développer son récit, même dans les moments les plus dramatiques. Sa mise en scène onirique est un outil optimal de ce côté-là puisque plutôt que par des mots forts et des plans larmoyants, l'artiste établit tout un univers, très personnel selon le personnage, pour retranscrire au mieux ses maux et ses bouleversements. Cela amène des superbes planches riches en petits détails que l'on observera minutieusement, mais constitue surtout une brillante idée de narration qui en dit long sur les figures de l’œuvre, et ce en un temps record.

Voilà qui confirme toute la qualité et la puissance de la série musicale de Yuhki Kamatani. Nos C(h)oeurs évanescents reste une œuvre humaine traitant aussi bien de la passion commune des personnages que des maux d'adolescents, voire humains. Une lecture brillante et captivante dont on attend la suite, ne serait-ce pour découvrir l'ascension de la chorale et des voix qui la constitue.
   

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

16 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16.5 20
Note de la rédaction






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