My Fair Honey Boy Vol.1 - Actualité manga

My Fair Honey Boy Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 12 September 2019

Le label "Shôjo Feel Good" des éditions Akata, en cette période de rentrée, accueille une nouvelle série qui était visiblement assez attendue: Mizutama Honey Boy, une oeuvre bouclée en 10 volumes qui fut publié de 2014 à début 2019 dans le magazine Lala des éditions Hakusensha, et qui est la toute première publication française de Junko Ike, une autrice ayant démarré sa carrière il y a près de dix ans et ayant déjà à son actif quelques titres, toujours dans le shôjo, mais en variant ses thèmes entre comédie romantique scolaire, confusion des genres ou fantasy. Plus longue série de la mangaka à ce jour, l'oeuvre dont il est ici question nous est proposée en France sous le nom My Fair Honey Boy, dans une qualité d'édition tout à fait plaisante avec un papier et une impression corrects, de très bons choix de lettrage, un joli logo-titre, et une traduction très animée de Claire Olivier qui colle vraiment bien au caractère des personnages. Notons aussi qu'aux côté de la série Entre Deux, ce manga est l'un des deux premiers à connaître le changement de collections d'Akata. Cela se traduit par de nouveaux logos plus modernes et faisant encore mieux fi des étiquettes, ce qui est une excellente chose.

My Fair Honey Boy, c'est l'histoire de Mei Sengoku, une lycéenne qui a fait de la voie du kendo son principal principe de vie. Présidente et capitaine du club de kendo, vaillante, sportive, réactive, calme, altruiste... les éloges ne manquent pas sur ce modèle, qui suscite l'admiration des filles autant que des garçons. Mais depuis que Shirô Fuji, un élève d'une autre classe, lui a fait sa déclaration, la lycéenne est plutôt prise au dépourvu: d'autant plus que ce garçon est tout son contraire: doué en couture et en cuisine, se comportant souvent comme une fille, il est si efféminé que beaucoup de monde, dans les clichés habituels, pense même qu'il est gay. La brave adolescente tente bien de le repousser plus ou moins, mais la sincérité et la persévérance de ce garçon sont si attendrissantes... Alors, un amour sera-t-il possible ? Avant cela, il faudra passer par bien des événements, entre humour, émotion et découverte de l'autre !

Un lycée, une fille courtisée par un garçon... Le pitch de base de la série reprend certes des éléments standards de toute comédie romantique scolaire, mais dès les toutes premières pages Junko Ike a vite fait de poser le ton: son idée à elle, c'est d'avoir une héroïne "masculine" et une héros "féminin", comprendre par-là que la mangaka inverse dans la bonne humeur tous les clichés de genre que l'on a habituellement, pour une comédie qui se veut moderne et, régulièrement, assez décapante grâce à certains gags bien trouvés et exploitant pleinement la personnalité des deux personnages principaux.

Ca commence donc sur des bases franchement plaisantes, tant Ike s'amuse de nombre de poncifs arriérés sur ce que doit être un garçon et ce que doit être une fille, et c'est d'autant plus prenant que le rythme est assez soutenu, et que quelques autres personnages secondaires viennent vite se greffer. A commencer par Nanao, ancien capitaine de kendo un peu bête (il suffit de voir l'entraînement qu'il s'est fait pendant un an pour battre un ours en restant porté disparu...), prétendant décalé de Mei, finissant par changer de cible de façon idiote avec un humour restant bien campé. L'autre chose plaisante vient des interactions qui s'installent entre les deux personnage centraux. Alors que Shirô reste souvent adorable, quand Mei est en danger il lui vient une sorte de force étonnante, et face à lui la jeune fille ne sait jamais exactement sur quel pied danser: elle est tantôt désespérée de le voir la coller au point de le rembarrer voire de lui mettre quelques coups, tantôt agacée d'être protégée par lui alors qu'elle cherche à être la plus forte et indépendante possible, et tantôt touchée malgré tout par cet adolescent qui, au-delà de son allure ou de son comportement, est un garçon avec qui elle se sent bien, mine de rien...

Reste que concrètement, les idées scénaristiques de ce premier volume restent plutôt convenue, et que le rythme soutenu peu parfois donner l'impression que certains éléments sont rapides, comme l'entrée en scène de Nanao. Il ne s'agit toutefois là que d'une petite limite pour cette comédie pétillante et futée, qui a tout pour se bonifier sur la longueur si tant est que l'autrice sache se renouveler, et qui est d'ores et déjà servi par un trait expressif et agréable. Affaire à suivre, donc !


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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