Montage Vol.3

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 06 June 2014

Pendant que Yamato et Miku se réfugient dans un hôtel pour préparer la suite de leur fuite, leurs alliés sont menacés. L'enseignant Taisei Suzuki est désormais espionné de près. Quant à Natsumi Nakano, elle a été repérée par Sekiguchi, qui l'a kidnappée, et cherche désormais à lui faire cracher le morceau, sans quoi il la tuera...

Après une fin de tome 2 qui entretenait assez bien la tension, le troisième volume s'ouvre sur des rebondissements qui la font retomber, la faute à la façon dont Jun Watanabe mène sa barque.
Ainsi, le suspense autour de l'espionnage de Taisei ne dure pas longtemps et est très vite réglé. Mais c'est surtout la partie concernant Sekiguchi et Natsumi qui déçoit, les deux personnages campant assez mal leur rôle. En effet, à l'instar de Yamato par moments, la jeune fille affiche beaucoup trop de sang-froid pour nous happer dans son malheur. Alors que Sekiguchi ne reculerait devant rien pour la faire parler et qu'il va jusqu'à lui balancer un cadavre sous les yeux, le manque de réaction et le self-control de la demoiselle atténue toute tension. Et à partir du moment où elle parvient à faire aller Sekiguchi dans son sens, on sait déjà comment tout ça va se terminer, encore plus avec la grosse coïncidence qu'est l'apparition de Mizuhara... Quant à Sekiguchi, s'il était déjà too much par moments, et il le devient plus que jamais dans sa façon sadique de parler, dans sa manière de prendre les événements comme un jeu et dans sa tendance à donner des mandales aux inconnus qui passent. On avait déjà amplement compris que le bonhomme est très sombre, et il n'était pas nécessaire d'en rajouter autant, car là l'auteur tombe malheureusement dans la surenchère, dans la caricature, au point que Sekiguchi en devient un peu plus ridicule qu'effrayant.
Pendant ce temps, du côté de Yamato et Miku, ça bouge très peu, et à vrai dire nos deux héros sont quasiment absents du tome, puisqu'on les voit juste se préparer pour la suite dans leur chambre d'hôtel. C'est néanmoins l'occasion de voir une Miku sur le point de craquer (en tout cas, c'est ce que les dialogues disent, car visuellement ça se ressent peu), cela poussant Yamato à s'interroger sur la façon dont ils pourraient s'en sortir. Et s'ils veulent pouvoir reprendre un jour une vie paisible, il leur faut avant tout découvrir toute la vérité...

Cette vérité, elle commence alors à s'entrevoir très légèrement quand arrive un long flashback occupant plus de la moitié du tome. Bien que sur le coup on se demande pourquoi ce flashback arrive maintenant tant il brise le rythme, on se retrouve plongé en 1966, deux ans avant que le vol des 300 millions n'ait lieu. Yûdai, jeune garçon de 15 ans arrivé de Nagasaki à Tokyo pour retrouver quelqu'un et chercher un travail, se retrouve embarqué dans une histoire mêlant des yakuza. Pour lui, ce sera le point de départ de plusieurs rencontres, et d'un parcours qui va hautement conditionner ce qu'il deviendra ensuite... On ne cachera pas que les différents rebondissements de ce flashback sont extrêmement convenus et qu'ils ne dégagent pas grand chose du fait de leur aspect assez sommaire. Il faut alors jeter un oeil du côté de la galerie importante de personnages qui se met en place, avec plusieurs nouvelles têtes qui apparaissent. On voit alors, petit à petit, se dessiner les origines de certains rôles qui auront leur importance pendant le vol ou même encore dans le présent, à l'image de Sawada. Pourtant, difficile d'être totalement convaincu, la faute à une possible confusion entre certains protagonistes. Jun Watanabe enchaîne les nouveaux arrivants en se contentant généralement de préciser leur nom, et certains peinent à marquer le lecteur, d'autant que le mangaka a un mal fou à offrir des physiques très différents aux hommes d'un certain âge. Malgré l'intérêt certain du flashback, on a donc beaucoup de mal à s'immerger.

Montage reste une lecture sympathique, mais pour l'instant, le récit qu'on nous promettait haletant peine à décoller. La tension n'est pas au rendez-vous, les personnages manquent cruellement d'impact ou sont, au contraire, too much, et on se demande un peu pourquoi arrive maintenant ce long flashback. Même si le nom de la série vient probablement de cette impression de montage de scènes, l'impression que l'auteur colle ses scènes les unes aux autres sans grande inventivité est trop forte, et il faut espérer que la série décolle vite et retrouve son rythme haletant, car le potentiel est là.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

11 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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