Misérables (les) Vol.8 - Actualité manga

Misérables (les) Vol.8

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 14 March 2017

L’insurrection menée par Enjolras pour renverser le pouvoir en place s’est soldée par un échec cuisant, coûtant la vie à tous les révolutionnaires… sauf deux. Jean Valjean a pu sauver l’existence de Marius, mais dans sa cavale, il croise la route de Thénardier puis de Javert. L’ultime face à face entre les deux hommes a sonné et des deux côtés, il semble être l’heure de la rédemption…

L’adaptation manga des Misérables de Victor Hugo par Takahiro Arai s’achève dans ce volume, une retranscription fidèle au texte original tout en bénéficiant d’une certaine identité, notamment sur le plan graphique. Etant donné la fin du volet précédent, c’est une fin que le lecteur pouvait redouter, notamment celui qui ne connait pas l’œuvre originale. Et effectivement, c’est une fin chargée en émotion et surtout maîtrisée d’un bout à l’autre qui nous est offerte ici.

La Rédemption est le maître mot de ce dernier volume, de la première à la dernière page et du point de vue de différents personnages. L’un des individus les plus remarquables de cet ultime volet est sans aucun doute Javert, un personnage d’abord antipathique qui a évolué afin de devenir un antagoniste complexe qui trouve dont la finalité est aussi logique qu’émouvante, Javert devenant ainsi l’une des figures les plus poignantes du récit.
Mais c’est évidemment la rédemption de Jean Valjean qui domine tout le long du tome, un choix on ne peut plus logique : le récit a commencé avec lui et doit se finir avec lui et à ce titre, chaque page est une charge émotionnelle supplémentaire qui traite le dernier parcours du personnage, ses regrets et ses sentiments. L’isolement et l’abandon sont des thèmes très présents, très personnels du point de vue de Victor Hugo étant donné l’histoire de l’écrivain, et d’autant plus touchant que le protagoniste s’est montré d’un immense charisme et d’une bonté inégalable tout le long de l’œuvre. Dans sa mise en scène, Takahiro Arai a saisi l’aura du personnage et c’est en réutilisant la fameuse métaphore visuelle du lion qu’il conclut son adaptation, un moment bouleversant qui nous permet de revoir brièvement tant de figures qui ont marqué et qui ont trépassé. Le mangaka s’est toujours montré d’un extrême talent pour mettre en scène des instants forts et faire jaillir l’émotion de ses œuvres, nous l’avons vu avec Darren Shan, mais il franchit ici un nouveau cap.

L’ensemble du tome s’articule autour de Jean, mais il n’empêche pas de sceller le destin de Marius et Cosette bien que ces derniers soient surtout des symboles pour magnifier les adieux au héros. Ainsi, il fallait que Jean parte sans regret et la seconde partie du volume va faire le point sur les secrets que cachaient le protagoniste à sa fille adoptive et son gendre, un moment encore une fois fort par la sincérité des émotions véhiculée, mais qui souffre peut-être de quelques facilités scénaristiques, les personnages essentiels à l’intrigue étant toujours au bon endroit au bon moment. Mais c’était aussi essentiel, dans cette phase, pour apporter un point final au traitement de chaque personnage, du moins ceux qui sont en vie. Et à ce titre, c’est une fin quasi parfaite que sait nous offrir Les Misérables.

En guise d’adieux, l’auteur nous offre une dernière postface ainsi que quelques croquis originaux et une illustration de fin de série. Tant de bonus appréciables que Kurokawa a conservé et qu’on prend plaisir à analyser, des suppléments graphiques montrant le soin apporté à l’auteur pour transposer les personnages de Victor Hugo sous son trait.

Les Misérables s’achèvent ainsi avec un huitième volume intense par la tension dramatique qui règne du début à la fin. Au-delà de l’émotion forte retranscrire, les personnages trouvent une finalité logique et puissante, l’intrigue s’achève sans laisser de pistes non traiter et les dernières pages livrent un adieu mémorable au récit imaginé par Victor Hugo. Le mangaka aura ainsi parfaitement accompli son office : proposer une version manga fidèle à l’œuvre originale et donnant un coup de fraîcheur à cette pièce maîtresse de la littérature française. Après un Darren Shen excellent, un Arago très sympathique et Les Misérables qui sonnent comme l’apothéose du talent de l’auteur, on a hâte de découvrir le prochain travail de Takahiro Arai.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

18 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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