Merveilleuse Creamy Vol.1 - Actualité manga

Merveilleuse Creamy Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 06 December 2021

Entamée l'année dernière avec le one-shot Long Good-bye qui adaptait le film d'animation éponyme de Creamy, la collection Magical Girl des éditions Black Box tire (temporairement ?) sa révérence en revenant, une nouvelle fois, sur Creamy, le temps de trois volumes: tout d'abord la série en deux tomes dessinée par Yûko Kitagawa (mangaka que l'on ne connaît pour rien d'autre en France) et directement basée sur le célèbre dessin animé (elle fut d'ailleurs prépubliée parallèlement à la diffusion initiale de l'anime en 1983-1984 dans le magazine Carol de Kôdansha), puis un one-shot spin-off dessinée par Kazuna Kei et proposant une suite inédite. Après Emi Magique en mars 2021 et Yumi et les couleurs de la magie/Susy aux Fleurs Magiques en juillet dernier, nous aurons ainsi eu droit, dans cette collection, aux adaptations manga de 3 des animes de magical girls emblématiques du Studio Pierrot dans les années 80 sur 4, la grande absente du lot étant Vanessa et la Magie des Rêves (qui a, elle aussi, eu droit à son adaptation manga au Japon à l'époque).

Parmi les 4 animes de magical girls du Studio Pierrot cités précédemment, Creamy est sûrement le plus culte. L'envoûtante Creamy Mami voit le jour au sein du célèbre studio Pierrot en 1983, d'après une histoire originale de Kazunori Itô. A la réalisation, on trouve Tomomi Mochizuki (Maison Ikkoku, Ranma 1/2 saison 1, Kimagure Orange Road) et Osamu Kobayashi (Kimagure Orange Road, Beck, Heat Guy J), tandis que le chara design fut confié à la légendaire Akemi Takada (Lamu, Maison Ikkoku, Kimagure Orange Road, Patlabor), cette dernière ayant très largement contribué à la popularité de l'oeuvre. En France, la série s'est d'abord fait connaître sur feu La Cinq, sous le nom "Merveilleuse Creamy", puis sur TF1 sous le nom "Adorable Creamy".

Concernant l'Histoire du dessin animé, on y suit Yu, une petite fille de 10 ans qui vit avec ses parents qui tiennent une crêperie. Un jour, elle voit dans le ciel une arche merveilleuse, d'où provient Pinopino, un étrange lutin qui va lui confier, pendant un an, des pouvoirs lui permettant de se transformer en une fille de 16 ans, et qui va l'affubler de deux petits chats pouvant parler, Poji (ou Posi) et Nega. Utilisant d'abord ce pouvoir pour jouer des tours à ses proches qui ne la reconnaissent pas, elle va, par un concours de circonstances, être amenée à chanter devant un public conquis. Repérée par une célèbre maison de production, Parthénon, elle devient une star de la chanson sous le nom de Creamy. Tout semble aller pour le mieux. Et pourtant, Yu n'a le droit de confier son secret à personne et va connaître de nombreuses difficultés pour le cacher, notamment auprès du garçon dont elle est amoureuse, son ami d'enfance Toshio, fan invétéré de Creamy, mais aussi auprès de Megumi Ayase, qui était la vedette de Parthénon avant l'arrivée de notre héroïne et ressent donc une certaine jalousie envers elle. A partir de là, le dessin animé offre une ambiance résolument féérique, avec une héroïne charmante et attachante, dotée d'un caractère amusant quand elle a dix ans et d'une voix en or quand elle en a seize. L'humour est également l'un des grand axes, notamment par l'intermédiaire des deux chats Nega et Posi, ainsi que de Midori, un ami bien portant de Toshio attiré par Yu. L'émotion et les sentiments restent aussi des thèmes importants, de par les liens complexes entre Yu et Toshio: Yu est amoureuse de Toshio, alors que celui-ci n'a d'yeux que pour Creamy, soit Yu quand elle se transforme. La majorité du temps, la série propose des épisodes indépendants ou des petites histoires s'étalant sur quelques épisodes.

Après des premières pages offrant une introduction somme toute très rapide et qui pourrait alors demander un petit effort aux néophytes pour bien s'immerger, la mangaka suit, dans un premier temps, un schéma assez proche de celui du dessin, dont elle reprend volontiers différentes idées de scénario, mais en variant un petit peu les centres d'intérêt. Yûko Kitagawa semble effectivement prendre plaisir à jouer sur la part de féérie propre aux magical girls (notamment en exploitant à plusieurs reprises la fameuse formule magique "Pam puru pim puru pam poh pum" de Yu), ainsi que sur l'humour et les petits quiproquos autour du triangle (ou quatuor, si l'on compte les deux personnalités de Yu/Creamy) composé de notre héroïne, Toshio et Midori... là où, au contraire, elle s'intéresse peu à Tachibana (le directeur de Parthénon) et occulte quasiment la rivalité amenée par Megumi (ce qui reste un peu dommage). On sent que la dessinatrice a probablement dû faire des choix pour que tout se tienne correctement juste le temps d'accompagner la diffusion de l'anime (le manga s'étant achevé au Japon dès 1984, comme le dessin animé)... mais on y appréciera tout de même des décisions qui viennent enrichir un peu les relations dès ce premier volume, on pense surtout ici à toute la partie, franchement sympathique, autour de la possible perte des pouvoirs de Yu, et de la possible découverte de la vérité sur Creamy par Toshio.

Sur le plan visuel, il y a quelques différences par rapport au dessin, Kitagawa ancre son style de dessin dans un registre résolument plus shôjo, ce qui vaut surtout pour Toshio, ce dernier apparaissant un peu plus "classe" (ça dépend des fois) et beau gosse que dans l'anime (où il est plus souvent un peu balourd). Les designs de de Midori, de Poji et Nega ou du lutin sont, eux, beaucoup plus proches de l'anime, tandis que pour Yu et Creamy il y a un peu un entre-deux: leur look est très proche du dessin animé, mais leurs yeux scintillants assez prononcés s'ancrent plutôt dans tout un pan du shôjo de l'époque. Enfin, les décors sont suffisamment présents, à la fois simples et clairs. De manière générale, la copie est agréable à l'oeil et accompagne facilement le récit.

A l'arrivée, au vu de ce premier volume, Merveilleuse Creamy est avant tout, sans doute, à réserver aux fans nostalgiques qui auraient envie de replonger un peu dans l'univers de la craquante magical girl, mais il est toute à fait possible que des néophytes y trouvent eux aussi leur compte, grâce un charme assez typique de l'époque. Cette version papier est malheureusement rapide mais s'avère suffisamment soignée, si bien que l'on se plongera avec plaisir dans le tome 2 puis dans le spin-off.

Du côté de l'édition française, hormis une très légère transparence pas forcément handicapante, on a droit à un ouvrage soigné. Le papier allie blancheur, souplesse et maniabilité agréable, l'impression est très bonne, le lettrage de Mathilda Rousseau est propre y compris pour le sous-titrage des onomatopées, la traduction d'Alexandre Goy est claire et ne souffre d'aucune fausse note, et la couverture est convaincante en reprenant l'illustration de Creamy de la jaquette japonaise, mais en imaginant un fond féérique un peu moins flashy (le jaune pétant à pois verts de la couverture nippone faisait un peu mal aux yeux).
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.5 20
Note de la rédaction






MN Actus
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