Mako - L'ange de la mort Vol.1 - Actualité manga

Mako - L'ange de la mort Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 28 July 2017

Au printemps 2016, Panini a accueilli dans son catalogue l’auteur Inusuke Matsuhashi, plus connu sous le prénom Kensuke. Le mangaka, peu prolifique, a néanmoins publié quelques œuvres au Japon. Son dernier titre est aussi le plus long, avec quatre tomes à l’heure actuelle : Mako, l’ange de la mort. C’est cette série que Panini a proposé au lectorat français, un titre qui montre un certain potentiel par son humour noir et sa vocation immorale.

L’histoire de Mako, c’est celle de Chiho, une lycéenne qui a tout perdu en un temps record. Son père a assassiné sa mère avant de se suicider, et sa sœur fut droguée et violée avant d’avoir été poussée sous les roues d’une voiture. Quand Chiho souhaite mettre fin à ses jours, elle n’y parvient pas. Au contraire, elle est témoin d’un événement macabre, un meurtre sous ses yeux ! L’assassin, Mako, choisit de ne pas éliminer Chiho et lui propose un marché : las de ses meurtres ordinaires, il tuera ceux qui ont détruit sa vie, si la lycéenne se laisse assassiner par la suite… Un binôme improbable et macabre venait de se former.

Avec Mako, l’ange de la mort, c’est une série macabre que nous propose Panini. Dès les premières pages, le ton est donné : Chiho est une héroïne qui a tenté d’en finir avec la vie et ne trouvera le bonheur que dans les meurtres de ceux qui ont détruit sa famille, tandis que Mako tue de sang froid pour le plaisir, et cherche justement de nouvelle expériences. Après cette introduction sous tension, et plutôt bien rythmée, les enjeux de la série sont fixés, et Mako tuera ceux qui ont causé le malheur de Chiho, contre la vie de la jeune fille. Voilà un pacte macabre déjà vu dans la forme, mais il est traité ici avec un certain cynisme. C’est même tout ce premier tome qui est développé sur ce registre, ceci grâce à Mako, un individu qu’on ne peut ignorer dès son apparition. Tueur sanguinaire et lycéen en même temps, le personnage déstabilise par le sourire innocent qu’il affiche en permanence. Ses agissements étant basés sur la curiosité, ce dernier montre toujours un décalage entre ses actes et sa manière d’agir, ce qui amène même quelques situations où l’humour noir domine, une manière pour Inusuke Matsuhashi de ne pas trop se prendre au sérieux et ne pas tomber dans la caricature du récit meurtrier où le héros est un psychopathe. La formule a donc son charme, sans compter le binôme Chiho et Mako qu’on est curieux de voir évoluer.

Le titre pourra toutefois déranger par son absence de tabou. Dans ce premier volet, les meurtres de Mako sont montrés. Ils sont parfois traités de manière cynique, donc amusante, tandis que d’autres événements sont décortiqués de manière plus sombre, notamment dans la deuxième partie de volume. Le mangaka n’hésite pas à parler de viol et d’agression, il le fait même de manière assez choc, afin que ces éléments servent le rythme et le suspense plutôt que le propos de la série. Dans le cas de la sœur de Chiho, le viol est un motif de vengeance, mais l’auteur reste assez sage pour ne pas tomber dans la vulgarité en ne montrant pas les séquences en question sous un angle voyeuriste. Toutefois, un remarquera une surenchère dans cette absence de tabou. Mako s’annonçant déjà comme une série assez pessimiste malgré un certain second degré, les « adversaires » de Mako présentés jusqu’ici ne bénéficient d’aucune nuance. Tous sont des pourritures, utilisent leur pouvoir pour l’argent et le sexe, ce qui peut aussi être une orientation volontaire de la part du mangaka. Effectivement, quoi de mieux que de présenter des ordures mourir de façon atroce pour susciter la satisfaction du lecteur, et rendre le binôme phare davantage attachant ?

Tranchant nettement avec la noirceur du titre, le coup de crayon d’Inusuke Matsuhashi s’avère surprenant. Plutôt léger, il aide à présenter un Mako aux airs innocents, et sied plutôt bien aux moments d’humour. On notera aussi une représentation très expressive des visages, un bon point pour ce titre aux multiples rebondissements macabres et dramatiques.

Concernant l’édition, Panini livre une copie honorable. Si on sent bien que le papier jaunira avec le temps, il se révèle assez souple et agréable. A côté, la traduction d’Arnaud Takahashi fait son office et ne présente pas de réel défaut.

Alors, Mako, l’ange de la mort nous livre un premier tome des plus sympathiques dans sa formule. Il ne faut pas attendre une œuvre particulièrement poussée ou cherchant à faire réfléchir, Inusuke Matsuhashi nous livrant avant tout un divertissement basé sur la violence et le second degré. Tout en se montrant sans tabou, l’auteur sait se limiter et, ainsi, ne se montre pas inutilement vulgaire. Notons que la formule laisse croire à de prochains tomes plus intenses, aussi on reste curieux de voir ce que la suite proposera.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

14 20
Note de la rédaction
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