Ma gamine, la fac et moi Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 01 September 2015

Jun Nagai, 20 ans, est un étudiant qui a toujours été frivole, passant de fille en fille pour des aventures sans lendemain depuis ses 12 ans. Beau et séducteur, il n'a jamais envisagé une relation sérieuse. Alors vous pensez bien que pour lui, avoir un enfant est inenvisageable, d'autant qu'il a toujours trouvé les bébés répugnants.
Mais sa vie est vouée à changer brusquement lorsqu'il trouve devant sa porte Sumire, une petite fille d'un an, qui, d'après le mot laissé par sa mère, serait sa fille, issue de l'une de ses nombreuses conquêtes. La maman ne pouvant plus s'en occuper, Jun est contraint de prendre en charge cette gamine, et il ne s'attendait certainement pas à ce que s'occuper d'un enfant soit si difficile... et qu'il s'attacherait tant à elle.

Ma gamine, la fac et moi démarre de façon assez rapide, en nous présentant seulement en quelques pages le jeune homme plutôt irresponsable qu'est Jun. Puis sitôt que Sumire a débarqué chez lui, on le voit petit à petit changer au contact de cette petite frimousse toute ronde, avec laquelle il va désormais devoir cohabiter. Et la chose s'annonce d'abord loin d'être aisée, tant Jun ne sait pas du tout comment s'y prendre avec un enfant ! Il lui faudra apprendre à changer les couches, faire attention à ne pas fumer de cigarette à proximité d'elle, dénicher une crèche pouvant l'accueillir pendant qu'il est à l'université, gérer les bêtises de ce petit bout de chou... Mais ce ne sont là que les premières phases, car au fil de ses autres rencontres avec ses camarades de fac, avec Kaoru la mère de la fillette, avec Gorô, avec les femmes de la crèche ou avec l'employée de celle-ci Yûko Yamauchi, tout un tas d'autres problèmes seront abordés. Des problèmes matériels comme les soucis financiers rencontrés pour subvenir aux besoins de l'enfant, ou l'importance de la carte d'assurance en cas de maladie. Des problèmes non matériels comme les nuits courtes, le manque de temps, la difficulté de trouver l'équilibre entre le temps de travail et le temps passé à s'occuper du bébé... voire des problèmes beaucoup plus graves, à commencer par la mort infantile, la possible négligence de parents ne parvenant pas à s'attacher à leur enfant, et l'abandon parental.

Bref, là où l'on attendait une comédie attendrissante comme le laissait supposer la quatrième de couverture du tome, on a globalement un récit qui s'en éloigne beaucoup, ce qui n'empêche aucunement des moments purement mignons bien sûr. Mais globalement, dans la déferlante de titres où des jeunes adultes/adolescents doivent s'occuper d'enfants, Ma gamine, la fac et moi se démarque dès son premier opus de par son abord se voulant globalement beaucoup plus réaliste que la moyenne.
Et c'est d'autant plus efficace que l'on ressent bien l'évolution de Jun au contact de Sumire et de toutes les personnes qu'il va rencontrer. Si l'on pourra s'étonner qu'il s'adapte si vite à la situation en début de tome, on reste largement plus séduit par sa volonté de bien faire malgré ses maladresses. Celui qui était si frivole, couchait avec toutes les filles qui lui passaient sous la main, doit aujourd'hui prendre ses responsabilités, et il le fait de manière de plus en plus louable au fil du volume, notamment au contact de Yûko Yamauchi, qui deviendra vite pour lui plus qu'une employée de la crèche. On le sent réellement changer, s'attacher à Sumire autant que Sumire s'attache à lui, ce qui a également pour effet de lui faire prendre conscience de la difficulté d'élever un enfant quand on est seul (ou même à deux), et de tout ce qu'ont dû faire pour lui, quand il était jeune, ses propres parents qu'il mésestimait un peu jusqu'à présent. Mais la récompense de toutes ces difficultés peut être très belle.
Malgré tout, rien ne sera facile pour Jun, car dès la deuxième partie du tome de nombreux événements et interrogations viennent enrichir le fil conducteur. Jun est-il réellement le vrai père de Sumire ? Kaoru ne le manipulerait-elle pas ? Quels sont les desseins de cette dernière ? Notre héros pourra-t-il continuer de s'occuper de la fillette ?

Ainsi ce premier tome se présente-t-il comme une très belle lecture, principalement grâce à sa vision sérieuse et à vocation réaliste du rôle parental et des soucis et responsabilités qui en découlent. Face à la richesse des axes abordés, on pardonne facilement l'introduction très rapide et certains événements trop vite passés en revue comme celui sur Himawari.

En dehors d'un papier trop transparent malgré son épaisseur, l'édition française souffre d'un certain nombre de petits couacs qui, accumulés, font beaucoup. Quelques fautes d'orthographe, quelques oublis de mots, quelques textes mal agencés dans les bulles... C'est dommage, car la traduction en elle-même est très claire et agréable.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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