Let's be a family - Actualité manga

Let's be a family

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 23 March 2018

Critique 2


Kazuma et Chiaki sont en couple depuis huit ans, mais ils ne vivent pas ensemble. En effet, de nature très indépendant, Kazuma ne veut pas se sentir enchainé et fuit donc un quelconque engagement. Mais, un jour, Tomoe leur amie d’enfance décide de leur confier son bébé pour poursuivre sa passion de photographe de guerre. Les voilà propulsés du jour au lendemain parents de la petite Ayu !


Tomo Kurahashi revient avec un nouveau titre, mais cette fois-ci aux éditions Taifu. L’auteur choisit d’aborder l’arrivée d’un enfant dans un couple homosexuel. Kazuma et Chiaki sont ensemble depuis plusieurs années, mais ils n’ont aucun projet d’avenir à deux. Pourtant à la différence de Kazuma, Chiaki aimerait plus d’engagements. Leur vie prend un tournant du jour au lendemain, quand leur meilleure amie part à l’étranger et leur confie sa fille, Ayu, encore bébé. Une fois passé, le côté surprenant de la situation, nous allons découvrir comment Kazuma et Chiaki vont réussir à surmonter les difficultés d’être parents. Car Ayu n’est pas la juste pour une nuit, mais pour un bon bout de temps. S’occuper d’un bébé, alors que l’on n’est pas du tout préparé n’est pas une chose aisée. Face aux difficultés, Kazuma et Chiaki y font face à deux et finalement leur couple s’en ressort de plus en plus soudé. Bien sûr, ils doivent faire face à d’autres déconvenues plutôt cocasses comme ne pas pouvoir faire un câlin sans être dérangés par la petite Ayu. Très vite, ils prennent à cœur leur nouveau rôle de parents. La personne qui s’éveille le plus est Kazuma. Lui qui fuyait les responsabilités et l’engagement, se transforme complètement et devient à la fois un père responsable et engagé auprès de sa fille adoptive, mais également un compagnon qui décide de s’engager plus sérieusement. C’est un véritable plaisir de voir l’évolution de cette famille originale. D’ailleurs, tout le monde a sa place et jamais la mère de Ayu n’est écartée. Ayu a donc une maman et deux papas ! 


Concernant les graphismes, l’auteur a toujours le même style en ce qui concerne les visages des personnages et joue avec des mimiques pour apporter un peu d’humour. On constatera un léger manque d’utilisation de décors et de trames. Quant à l’édition, elle est de bonne qualité.


A nouveau, l’auteur nous séduit par une œuvre originale remplie d’amour et pleine de tendresse. Voir s’épanouir une famille aussi originale est un véritable plaisir à la lecture et nous remplit d’optimisme.




Critique 1


Tomo Kurahashi n'est pas totalement inconnue en France: on lui doit déjà les one-shot Sick et Plus que des amis, ainsi que Crack Star qui vient tout juste de sortir ce mois-ci aux éditions Boy's Love. Cette fois-ci, cette mangaka arrive pour la première fois aux éditions Taifu Comics avec Let's be a family, de son nom original Kazoku ni Narouyo. Paru au Japon en 2016 dans le magazine Moment des éditions Takeshobo, ce one-shot en 5 chapitres (plus un petit bonus) possède bien sa place dans le catalogue de Taifu Comics, en abordant un sujet de société très actuel que l'éditeur a déjà mis plusieurs fois en avant...


Kazuma, Chiaki et Tomoe sont trois amis d'enfance, qui ont toujours été ensemble. Si bien que Kazuma et Chiaki sont naturellement tombés amoureux l'un de l'autre et sont en couple depuis 8 ans, même s'ils ne vivent toujours pas ensemble. Quant à Tomoe, la fille du trio, son travail de reporter la pousse à souvent partir soudainement à l'étranger et à revenir au Japon tout aussi vite. Néanmoins, tous trois ont toujours gardé le contact, Tomoe est un peu comme une soeur pour Kazuma et Chiaki, et quand celle-ci revient de l'étranger en attendant un enfant ils ne peuvent que se réjouir, même si la jeune femme, fidèle à elle-même, ne sait pas qui est le père ! Pour le bien de son bébé qu'elle nomme Ayumi, Tomoe reste quelque temps au Japon, et ses deux amis d'enfance se font plaisir de veiller sur elle et sur sa toute petite fille. Mais quand, un an plus tard, Tomoe doit repartir, elle bouleverse le quotidien des deux jeunes hommes en leur confiant Ayumi ! Elle en est persuadée, Kazuma et Chiaki ont ce qu'il faut pour bien s'occuper de la petite Ayu, en tout cas bien mieux qu'elle si elle devait l'emmener sur les routes à l'étranger dans des contrées parfois dangereuses. Et c'est alors une toute nouvelle vie de papas qui attend le jeune couple...


"Tu crois qu'on pourra devenir une famille ?"


Après Amour Sincère, Hide and Seek, Daddy, please fall in love, et Ikumen After, les éditions Taifu Comics abordent donc à nouveau la question de la famille en coupe homosexuel, et de l'homoparentalité. Toutefois, Let's be a family se démarque des autres titres sur un point: cette fois-ci, pas de famille recomposée, mais deux garçons en couple servant de papas à une adorable fillette !


Pour son sujet très moderne, Kurahashi fait un choix: celui de ne pas réellement aborder en profondeur les questions et problèmes liés à l'homoparentalité, essentiellement concernant le regard des autres. A vrai dire, sur ce point, on a juste droit à un bref moment avec des paroles d'enfant un peu dures (comme peuvent l'être des mots d'enfants, éventuellement un peu blessants et pourtant pas forcément méchants), comme quoi Ayumi n'a pas de maman et que c'est bizarre d'avoir deux papas. Mais la réaction de la petite Ayu face à ça est positive et admirable! De même, la question de la responsabilité qui incombe aux deux jeunes hommes pour élever Ayu n'est remise en cause que par la mère de l'un des deux garçons à un moment, et c'est extrêmement bref. Finalement, dans le monde de Let's be a family, tout le monde semble accueillir de belle manière, avec ouverture et sans préjugés, la situation, ce qui est un choix qui change un peu et qui permet au récit de conserver un ton léger et positif. Ah, si seulement tout pouvait être aussi beau et tolérant dans notre réalité, mais le chemin pour ça est malheureusement encore long! En tout cas, le ton adopté par la mangaka, quasiment toujours positif et bénéfique, offre un bel exemple de ce que pourrait être ce type de chose dans la réalité avec plus de tolérance.


"Même si on n'a pas le même sang, on est une vraie famille."


Au-delà des questions sociales d'homoparentalité qui sont présentées avec le plus grand naturel et acceptation, Let's be a family offre donc avant tout une histoire de jeunes adultes qui évoluent autour de la petite Ayumi, fillette instantanément attachante avec sa frimousse toute mimi et son petit caractère, assez fort, qui rappelle un peu aux deux hommes comment Tomoe était elle-même quand elle était petite. Bien sûr, Kurahashi pimente un peu son récit avec un petit zeste d'érotisme bien distillé et pas envahissant, mais elle montre surtout tous les petits efforts de Kazuma et Chiaki pour bien élever l'enfant: ils finissent par emménager ensemble pour le bien de la fillette, commencent à parler mariage, Kazuma apprend à broder et fait des bentô, Chiaki est plus maladroit, mais fait de son mieux, tous deux essaient de concilier l'éducation d'Ayu avec leur travail... Ainsi, peu à peu, l'existence de la petite fille parmi eux deux fait évoluer leur relation, leur responsabilité, leur vision de l'avenir... Et Tomoe dans tout ça ? Hé bien, à l'instar du bad boy adouci Kazuma et du gros gentil Chiaki, elle a droit à un réel travail, à un certain approfondissement, peut-être parfois rapide, amis qui existent bel et bien, ce qui est suffisant. On a l'occasion de cerner son enfance difficile, la relation qui s'est bâtie entre elle et les deux garçons (et là aussi, on a un abord très moderne de la notion de famille), ce qu'elle cache réellement quand elle dit ne pas connaître le père d'Ayu... Chacun des principaux visages a ainsi droit à ses petits développements. Et finalement, le principal regret dans tout ceci vient du manque de présence et d'intérêt des figures secondaires, pourtant plusieurs, et assez truculentes quand on les voit, mais n'ayant finalement pas vraiment de rôle majeur, ce qui constitue un petit manque qui peut frustrer légèrement.


"Je vous ai toujours considérés comme une famille."


Du côté des dessins, Tomo Kurahashi livre une copie agréable, avec des designs bien différents, un trait fin et doux, des rames claires et un découpage classique, mais très fluide.


Let's be a family est une lecture finalement un peu trop courte (on aurait clairement aimé se plonger un peu plus longtemps aux côtés de ces attachants personnages, et en découvrir encore un peu plus sur eux et sur les personnages secondaires), mais très jolie et bénéfique, en abordant avec l'ouverture la plus naturelle qui soit un important sujet d'actualité.


Taifu Comics livre une excellente édition, avec un papier bien souple et suffisamment épais, une très bonne impression effectuée chez l'imprimeur Aubin, une traduction très claire d'Isabelle Eloy.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Einah

16 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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