Signe des rêves (le) Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 28 August 2018

On ne présente plus Naoki Urasawa, auteur à qui nous devons plus d'un excellent titre : 20th Century Boys, Monster, Pluto... Alors qu'il écrivait la fin de Billy Bat, le mangaka s'est vu proposé un projet par le Musée du Louvre. Aussi, une fois sa série fleuve achevée, l'auteur a pu mettre au point Mujirushi : Le signe des rêves, courte série se déroulant en grande partie en France, et plus précisément au Musée du Louvre. Étant donné que c'est l'établissement artistique en personne qui a contacté Naoki Urasawa pour Mujirushi, il était évident que le titre serait proposé chez nous aux éditions Futuropolis, associées au Musée.

En voulant éviter un impot, Takashi Kamoda et sa famille se retrouvent avec un redressement fiscal. A cause de ces soucis financiers, cet artisan se retrouve seul à élever sa fille, sa femme ayant déserté avec un commerçant voisin. Pourtant, Kamoda voit une bonne opportunité de se refaire en s'associant avec des partenaires rencontrés au café du coin : confectionnés des masques à l'effigie de la figure politique américaine montante (grotesque sosie assumé de Donald Trump au passage). Manque de chance : le succès n'est pas au rendez-vous à cause de la campagne ratée de la candidate, et Kamoda se retrouve toujours sans le sous, avec sa fille. Il voit une lueur d'espoir lorsque devant lui se dersse un corbeau portant à sa patte un papier représentant un signe, un indice qui le mènera lui et sa fille chez un certain Directeur de l'Institut de France. Sur place, ce dernier, exubérant, explique comment il s'est infiltré dans le Musée du Louvre...

Avec Mujirushi : Le signe des rêves, Naoki Urasawa nous propose un récit à suspense en deux volumes, soit une œuvre particulièrement courte. Une série qui a de quoi attirer par son sujet phare, le Musée du Louvre, thème qui fait saliver quand on sait que l'auteur est attaché à la France et y a fait des apparitions exceptionnelles et symboliques ces derniers temps, puisqu'il était à l'honneur lors d'une belle exposition parisienne. Pour autant, ce n'est pas forcément dès les premières pages que le récit nous fait ressentir l'aura du Louvre, l'introduction plantant le décor de la famille Kamoda en plein déclin financier.

Il faut attendre la rencontre avec « M. Le Directeur » pour voir les choses se lancer véritablement. Mais pour mieux saisir la lecture, peut-être faut-il avoir connaissance de la véritable identité du personnage, à savoir Iyami de la série Osomatsu-kun de Fujio Akatsuka, plus connu en France pour ses apparitions dans les deux saisons de l'anime Osomatsu-san (disponibles sur Crunchyroll). Haut en couleur, narcissique et opportuniste, Iyami a ici un rôle particulier, celui de conteur aux tics de langage prononcés qui mènera Kamoda et sa fille dans une curieuse aventure suite à son récit lié au Musée du Louvre. Durant toute cette séquences, le « rêve » est littéralement abordé par ce premier volume : est-on face aux élucubrations disproportionnées de celui qui se fait appeler « M. Le Directeur », ou ce dernier a-t-il réellement infiltré le Musée du Louvre ? C'est avec cette curiosité, appuyée par les récurrentes interventions de Kasumi, la petite fille de Kamoda, qu'on suite cette histoire abracadabrante, appuyée de rencontres improbables entre Iyami et des personnalités françaises telles François Mittérand, ou Sylvie Vartan.

Le récit prend une toute autre couleur vers sa fin, quand les histoires du Directeur rejoignent un semblant de réalité. Un véritable mystère se met alors en place à l'arrivée de Kamoda et sa fille en France, qui vont faire face à une énigme pour le moins intrigante qui pourrait bien leur mettre des batons dans les roues durant leur mission confiée par le Directeur.

C'est aussi à cet instant que Naoki Urasawa croque la France avec laquelle il a pu se familiariser lors de ses différents voyages. Plutôt que les grands quartiers chics, l'auteur s'intéresse davantage aux coins modestes de Paris, ceux à l'architecture plus traditionnelle sans pour autant transpirer le luxe. L'immersion se veut assez réussie, de même pour cette vision du récit di Directeur qui décortique l'envers du décor d'un Louvre qu'on découvre ici d'un tout autre œil. S'il est très difficile de voir ce que nous réserve le récit et quelles seront les résolutions à ces différents mystères, on espère que le mangaka représentera avec autant d’entrain un Paris crédible dans le prochain et, déjà, dernier volume de la série. Car c'est aussi ce second opus qui déterminera toute la qualité de Mujirushi : Le signe des rêves.

A noter que ce premier tome, proposé par les éditions Futuropolis, bénéficie d'un format plus propre à la bande-dessinée franco-belge qu'au manga. Le prix est une conséquence (20€), mais permet de bénéficier d'un grand format, d'une superbe couverture cartonnée , et d'un papier d'excellente facture incluant quatre pages couleur. Un récit de Naoki Urasawa affilié au Musée du Louvre se devait d'avoir un tel prestige, aussi le choix de l'édition est tout à fait pertinent.

Toutefois, on ne peux que conseiller aux collectionneurs et passionnés de l'auteur de patienter quelques mois de plus pour découvrir le titre. D'abord parce que celui-ci sera intégralement publié et pourra être lu d'une traite, mais aussi parce que les éditions Futuropolis réservent pour le 22 novembre un coffret collector qui accueillera, en plus des deux opus, un shikishi inédit. Question prix, ce coffret reviendra à 49€, soir 9€ de plus que les deux tomes unitaires, on espère alors que l'objet sera à la hauteur de ce supplément.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Note de la rédaction
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