Kojiro du clan Fuma Vol.2 : Critiques

Fûma no Kojiro

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 18 Décembre 2025

Quelques temps après la bataille contre le clan Yasha, sa princesse se présente en personne au clan Fûma pour implorer son aide. Les guerriers du Chaos, le groupe qui manipulait Yasha, sort de l’ombre pour s’en prendre aux nombreux clans ninjas du monde entier ! Son objectif reste inconnu, mais il pourrait être lié aux épées sacrées. Comme Kojirô détient Fûrinkazan, le sabre le plus robuste, il risque de trouver cet ennemi sur son chemin…

Plusieurs mois après le premier volume qui couvrait l’arc Yasha, les éditions naBan poursuivent avec ce deuxième tome qui prend toujours pour base l’édition Ultimate Finale japonaise. À la différence du premier volet, l’opus ne couvre pas un arc dans son entièreté. Le chapitre de la Guerre des épées sacrées est le plus long de l’œuvre originale et ne trouvera sa conclusion que dans le troisième et dernier volet qui inclura aussi l’arc de la Rébellion de Fûma. Tout un programme, donc, qui risque de laisser chez les lecteurs une certaine frustration en attendant la suite. Car aussi kitsch que soit le manga de Masami Kurumada, sa proposition demeure toujours aussi addictive que dans le précédent opus, voir plus…

Après une guerre entre Fûma et Yasha, deux clans ninjas, on quitte ce folklore pour former une nouvelle bande de protagonistes, impliquant évidemment Kojirô, mais plus éparse et dans un contexte de guerre millénaire. En termes de contexte, on se rapproche énormément de ce qui sera Saint Seiya, au point qu’on retrouve un personnage du nom de Shura. Rien ne se perd et tout se transforme chez Kurumada, aussi voir l’évolution de ses univers en direction de ce qui deviendra son manga phare, Saint Seiya, est assez intéressant.

Et plutôt que d’enchaîner les affrontements, comme ce fut le cas dans le premier opus, ce deuxième arc prend le temps de développer une trame plus dense centrée sur les épées sacrées. Ce qui n’était qu’un simple élément de la première partie de l’histoire devient son point central, un enjeu qui façonne une guerre entre Guerriers du Cosmos (on revient aux symboliques de Saint Seiya) et Guerriers du Chaos dans une trame qui évolue, qui montre progressivement son envergure et qui présente ses personnages -alliés et ennemis- au compte gouttes. Il y a donc plus d’audace dans le scénario que déploie Kurumada, même si celui-ci a vieilli et peut être vu de manière très grossière en 2025. Se remettre dans le contexte d’époque est donc important, et les planches de début de chapitres aux textes volontairement exagérés et hilarants sont là pour nous le rappeler.

Et puisqu’on est dans un style plus proche de l’aventure de Seiya, ce deuxième tome en propose les mêmes forces narratives : un sens du rythme impeccable, des rebondissements efficaces qui sentent bon la virilité vintage, un découpage toujours aussi exquis dans sa représentation de l’arc Kurumada, et un auteur qui offre une vraie patte graphique, certes rétro, mais qui prend toute son ampleur sur les pages colorées dont le charme est bien supérieur à ce qu’a proposé l’auteur avec Saint Seiya : Next Dimension au cours des deux décennies passées. En acceptant de se plonger dans le climat du début des années 80 et en sachant apprécier l’aura kitsch du récit, Kojirô du clan Fûma nous régale encore plus que son premier tome avec cette suite.

Toujours aussi daté et savoureux dans son style, poussant la théâtralité virile à son paroxysme, teinté d’un esprit chevaleresque efficace et porté par un style d’époque qui a toujours un certain sachet, le manga de Kurumada est un plaisir qu’on ne boude pas. Malgré ses défauts, encore plus évidents plus de 40 ans après, le titre reste ultra efficace dans son genre. Paradoxalement, il devient une bouffée d’air frais, preuve que les mangas de patrimoine sont trop rares dans le paysage actuel.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato
16 20
Note de la rédaction