Kingdom Vol.8

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 14 December 2018

Fille du palais, Kou partage régulièrement le lit d'Ei Sei sans que rien ne se passe entre eux. Le roi voit en la demoiselle une source de tranquillité, et celle-ci a pu s'ouvrir à Ei Sei. Le roi en fait de même et lui raconte son histoire, lorsqu'il était otage de l’État de Zhao, et sa rencontre déterminante avec une certaine Shika, femme influente sur le marché noir...


Très discret durant ces derniers tomes, Ei Sei n'en reste pas moins l'un des personnages les plus importants de Kingdom. Charismatique, déterminé et imperturbable, il est une figure presque mystique du récit, et peu nous a été dit jusqu'ici, à son sujet. Chose que Yasuhisa Hara corrige dans les deux premiers tiers de ce volume via un flash-back qui revient sur une période clé d'Ei Sei, alors enfant, qui ne convoitait pas vraiment le trône.


Assez rapidement, on devine la finalité de cette intrigue, l'importance de Shika qui est décrite depuis la fin de tome précédent étant assez parlante. Dans la forme, c'est une histoire assez classique que délivre l'auteur qui dépeint ici la classique figure qui changea la mentalité du personnage, faisant passer un enfant traumatisé au roi que l'on connaît aujourd'hui. Et pourtant, le récit devient rapidement touchant, ce grâce à une Shika hautement charismatique et une relation avec Ei Sei qui devient rapidement sincère et poétique par l'image récurrente de la lune. Alors, si on devine l'issue de ce flash-back, difficile de ne pas être peiné lors de sa conclusion, et de ressentir la perte qui forgea Ei Sei.


Aussi, le rythme effréné de l'intrigue aide beaucoup à notre immersion. Un nouveau pan de la Chine d'époque est interprété et développé, tandis que l'omniprésence de l'action rend le tome aussi intense qu'émouvant. Yasuhisa Hara parvient à toucher son lecteur par les grands élans héroïques de personnages qui nous sont presque inconnus, chose peu évidente et qui contribue à l'émotion véhiculée par l'ensemble du tome. En somme, en plus d'être particulièrement utile pour le personnage d'Ei Sei, ce flash-back se montre trépidant d'un bout à l'autre.


Sur le dernier tiers du tome, c'est un nouvel arc qui semble s'ouvrir, et celui-ci se déroulera visiblement à la capitale de Qin. Et pour l'heure, pas de nouvelle grande campagne pour la conquête d'un Etat voisin, car c'est le pays de Qin qui est concerné. L'amorce de cette nouvelle partie se révèle particulièrement bien menée, que ce soit par la présentation de l'évolution de la carrière militaire de Shin, amplement méritée, ou la menace qui émerge progressivement autour du roi. Le tout premier arc de la série laisse encore des traces, et il semblait logique que le mangaka revienne, un jour ou l'autre, sur les opposants d'Ei Sei. La plus grande surprise vient notamment du rôle de plus en plus important d'un certain personnage et, à ce titre, on sent que l'auteur a énormément à nous raconter. Une fois encore, ceux qui ont choisi l'abonnement à la série seront privilégié sur le plan de l'expérience de lecture : la fin du tome piquant une nouvelle fois notre intérêt pour cette intrigue aux rebondissements incessants, et avoir les tomes neuf et dix à portée de main ne sera pas du luxe après lecture de ce volume intense.


Notons qu'après 8 tomes, il convient de faire un petit point sur la traduction, globalement de bonne facture, mais dont le principal défaut est l'utilisation abondante des suffixes tels que -sama. Outre le fait que l’œuvre se déroule en Chine et non au Japon, difficile de cautionner ce choix d'adaptation dans une version française professionnelle qui doit parler au grand public, et pas seulement aux adorateurs de manga qui ont connu fansubs et scantrads...


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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