Killing Stalking Vol.1 - Actualité manga

Killing Stalking Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 30 November 2020

Le webtoon s'est confirmé comme une tendance de ces derniers mois. La bande-dessinée, essentiellement coréenne, publiée en ligne attire toujours plus de lectrices et de lecteurs... Ce qui n'a pas manqué d'interpeller les éditeurs de bande-dessinée asiatique. Aussi, Taifu s'est penché sur le sujet et s'est emparé d'un titre qui a fait parlé de lui : Killing Stalking.

Titre de l'artiste Koogi, lancé en 2016 sur la plateforme Lezhin, il s'est achevé après 67 chapitres. Initialement pensé pour une parution numérique (à l'instar des autres webtoons), le titre a donc nécessité une réflexion pour son édition physique, dans doute l'un des challenges pour l'éditeur français.

Bum Yoon est un jeune étudiant, particulièrement réservé et toujours seul. Un de ses camarades a pourtant attiré son attention : Sangwoo, un garçon très populaire, contrairement à lui. Fruit du hasard, tous deux intègrent la même unité lors de leur service militaire. L'expérience marquera Bum Yoon qui fera l'objet de sévices, mais sera secouru par le garçon sur lequel il a jeté son dévolu. Chez lui naît alors une fascination malsaine toujours plus grande pour Sangwoo, au point qu'il tente de s'introduire chez lui en son absence. Lorsqu'il y parvient, il ne s'attendait pas à faire une découverte des plus morbides...

Killing Stalking est un joli succès critique, aussi son annonce au format physique a été accueillie avec un grand enthousiame par celles et ceux qui avaient déjà eu l'occasion de lire le format webtoon. Présentée comme un thriller psychologique qui ne renie pas son côté yaoi, l'histoire de Koogi avait de quoi interpeller, et la proposer en physique pour les plus réfractaires de la lecture numérique sonnait comme une excellente idée. Pourtant, c'est sûrement sur sa durée globale plus que sur ce simple premier tome que le titre méritera de juger, tant cette amorce se montre un poil trop classique, malgré quelques sursauts intéressants.

La série à suspense présente joue sur une relation malsaine, celle de Bum Yoon et Sangwoo, deux garçons diamétralement opposés, en tout point. D'un côté, le garçon fétiche voue une adoration pour son camarade qui prend des allures douteuses, tandis que le bel éphèbe cache un secret qui fait de lui un psychopathe, et qui jouera de toute la situation pour que Bum Yoon devienne un véritable sujet d'amusement pour lui. S'installant doucement, le récit a le mérite de créer peu à peu une ambiance dérangeante, ceci notamment appuyée par la présence d'un personnage tiers, l'officier Seungbae Yang, qui nous fait vite comprendre qu'il y a anguille sous roche. La suite sera une descente aux enfers pour le protagoniste, entre découvertes macabre et début d'un véritable jeu de survie, où l'évasion est un graal qui ne peut être atteint qu'en encourant des risques mettant en jeu sa vie. Dans tout ceci, la relation entre les deux protagonistes reste effleurée, marquée par quelques notes de tension sexuel, même si on se doute que c'est davantage la suite qui mettra cet aspect à profit.

Si l'atmosphère dépeinte est satisfaisante pour les amateurs du genre, il est encore dommage, à ce stade du récit, que Koogi se contente des grosses ficelles du genre pour développer sa trame. Car dans la deuxième partie du tome, une fois que Bum Yoon est détenu par son geôlier, c'est un peu toutes les étapes classiques de ce genre d'histoire qui sont narrées. Quiconque a déjà profité d'une fiction de ce genre verra donc venir les mécanismes de loin, aussi même le cliffhenger qui achève ce premier opus ne surprend pas. Certes, il reste la curiosité de découvrir la manière dont le frêle jeune homme se tirera de ce mauvais pas, mais c'est tout. Il convient néanmoins de relativiser car tout ceci n'est qu'un début, regroupant les 4 premiers chapitres sur les 67 que compte l'histoire. Autant dire que le récit comme les personnages ont le temps d'évolué, et c'est bien ce qui maintiendra notre intérêt tant la dimension psychologique présente quelques promesses, surtout en ce qui concerne Sangwoo et son passé trouble.

Mais le point qui fera sans doute le plus débat viendra sans doute de la mise sur papier d'un récit destiné à une lecture numérique. L'idée du webtoon est de faire défiler les planches plus que tourner les pages, une nuance qui a son importance dans les procédés narratifs de ce premier opus. Celle-ci est particulièrement scolaire tant elle se construit sur une succession de cases souvent espacées, ce qui donne la sensation de grands vides au format papier. Pour quelqu'un qui découvre le webtoon via ce format, s'y faire est un sacré exercice, tant la réalisation de Killing Stalking n'a sûrement pas été pensée ainsi. Cela n'empêche pas de profiter de l'histoire, mais l'expérience de lecture de bande-dessinée pure demeure assez pauvre. Il sera donc intéressant de comparer ce premier opus à une découverte au format d'origine, à savoir numérique.

Malgré ça, la version papier de Killing Stalking a le potentiel pour constituer un bon petit thriller sur le long terme. Les codes sont simples mais suffisament efficace pour donner lieu à une intrigue prenante, tandis que Koogi parvient à planter une atmosphère sombre qui fait son effet. A voir sur la longueur, donc, le plus dur étant de se détacher de la narration très (trop ?) ordonnée.

On saluer au passage le joli travail d'édition proposé par Taifu : Un format semi-grand, sans jaquette mais profitant de jolis effets de vernis sélectifs, tandis que le contenu du tome consiste en un papier couché brillant qui fait convenablement ressortir la couleur. La traduction a été assurée par le Studio Charon, et fait honneur à l'ambiance dérangeante qui subsiste dans tout ce tome d'amorce.
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

12 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






MN Actus
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